THE ART OF SELF-DEFENSE

Lifeguard / Crowd Can Talk
Déjà repéré par deux singles sur Chunklet Industries (et rapidement épuisés) en 2021, le trio de Chicago Lifeguard est un (très) jeune groupe puisque ces trois gamins sont encore au lycée. Le talent (et la productivité) n'attendant pas les années, Lifeguard, après Dive un premier album cassette en 2020, a publié cet été une nouvelle cassette quatre titres (Crowd Can Talk) sur Born Yesterday records assez bluffante. Ce n'est pas que ce soit spécialement singulier mais leur noisy-rock agité est pleinement maîtrisé, agencé avec ce qu'il faut de finesse, de profondeur, de relief, de mélodies dissonantes, d'idées pour évoluer dans les traces d'un Unwound bien que cette comparaison soit bien sûr réductrice. Avec un final de sept minutes (Typecast) qui montre que Lifeguard a de la ressource et peut voir loin. L'écoute de leurs deux singles est également fortement recommandable.
[publié le 09 novembre 2022]


Fucking Lovely / Catalogue Of Errors
Fucking Lovely est à la base le jouet et surtout le défouloir de Joel Harries, membre du trio 72%. Après un premier EP en 2019 avec James Bashford, un autre tout aussi numérique en 2021 avec Joshua Ryan (un camarade de 72%), Harries s'est associé avec Luc Hess, batteur de Coilguns et Thomas Lacey au chant (Cower, Yards) et c'est Human Worth, toujours à l'affût des bons coups qui sort la cassette répondant à l'étrange nom de Catalogue Of Errors parce que de faux-pas, Fucking Lovely n'en fait pas sur ces quatre titres comportant pour la première fois une voix et quelle voix. Parfaite de venin, de rugosité pour enflammer le noise-rock tendu, crochu, paranoïaque et explosif de Fucking Lovely, et de variétés aussi comme ce joli soupçon de vocalises plus lyriques sur Billy Boy ou en mode spoken-word caverneux sur Bricked. Une collaboration épatante qui en appelle d'autres tant Fucking Lovely semble avoir trouvé la formation idéale. Mais ce n'est sans doute pas le but.
[publié le 04 novembre 2022]


Dernier / EP 2
Dernier, ça sent la défaite et les week-ends moroses. Et c'est justement pour occuper leurs dimanches brumeux que ces trois brestois ont formé un groupe de vieux comme ils disent. Une bonne idée qu'ils ont eu ce jour là. Noise cinématographique et tristement élégante, dark spoken-word, Beak, une touche à la Bästard/Zëro, les six titres de ce EP2 publiés en numérique sur Offoron font sacrément une remarquable impression. Claviers, guitare, batterie et chant en anglais, c'est sombre, c'est beau, c'est douloureusement intense. Les dimanches ont de la gueule à Brest. Et le EP1 sorti en 2021 est tout aussi recommandable.
[publié le 30 octobre 2022]


Sweaty Palms / The Pursuit Of Novelty
Après Quit Now, un premier album resté trop confidentiel, les Écossais de Sweaty Palms se sont occupés pendant la pandémie pour ne pas tourner en rond en se lançant dans le projet d'un morceau par mois, moyennant un abonnement depuis leur site (certains titres étaient tout de même dispo gratuitement sur leur bandcamp). Désormais, ces douze titres ont été regroupés sur une cassette, The Pursuit Of Novelty. Sweaty Palms continue de taper dans plusieurs genres, parfois au sein d'un même morceau mais il existe une constante chez eux, c'est le talent pour écrire des morceaux très accrocheurs et sans facilité. The Pursuit Of Novelty aligne une belle brochette de six très bons morceaux post-punk de luxe, enrichis par des mélodies magnétiques, de l'intensité noise, de l'abrasion sur une vague de velours noir, un caractère sans cesse entraînant dont le point d'orgue se nommerait Convoi Exceptionnel dans un style poignant qui ne peut laisser de marbre. Après ça, les six derniers sont moins prenants. Sweaty Palms verse dans une dimension plus électro avec régulièrement des gimmicks synthétiques un poil énervant, notamment sur les trois derniers. Mais ça ne serait gâcher la superbe impression du début et confirme que ce groupe possède quelque chose de spécial.
[publié le 27 octobre 2022]


Self Improvement / Visible Damage
En direct de Long Beach, Californie, post-punk über alles ! Mais pas un post-punk d'école. Une mixture à l'américaine d'un groupe qui était parti pour faire du The Spits et se retrouve avec quelque chose de plus anguleux, sec tout en étant mélodique, mordant, légèrement tordu parfois avec le génial chant de Jett Witchalls dont le timbre de voix colle à merveille aux compos acérées de Self Improvement tout en leur conférant plus d'ampleur et de diversités. Visible Damage, dix compos dont une reprise de The Prodigy (Firestarter) fortement séduisantes et addictives pour un premier album publié uniquement en cassette sur Floating Mill records.
[publié le 23 octobre 2022]


Loobs / Word To The Wise
Melbourne un jour, Melbourne toujours. Loobs publie Word To The Wise, qui contrairement à son premier album Bubblewrap en 2018, ne bénéficie apparemment pas de sortie vinyle, juste un fanzine avec un coupon de téléchargement à l'intérieur. Qu'importe (enfin non mais bon), ce rock qui ne se justifie d'aucun qualificatif supplémentaire s'écoute avec aisance et grand plaisir. Ça coule tout seul, clair, éclatant, hyper entraînant et futé, mélodique avec de vrais tubes dedans comme l'irrésistible Hour By Hour et aussi I'm Not A Communist, finement noisy, nerveux, nonchalant parfois avec un ou deux titres plus anodins et un I Shall Remain de six minutes délicieusement répétitif et hypnotique. Le bonheur est souvent très simple.
[publié le 21 octobre 2022]


A Future Of Bad Men: A Melvins Tribute
Le label de Portland Black Donut records vient de sortir 250 exemplaires vinyles de A Future Of Bad Men en hommage à ces increvables Melvins. Ça fait longtemps que la messe est dite pour la bande de King Buzzo et que j'ai décroché de l'affaire (en gros depuis le milieu des années 90). Et ça tombe bien, les neuf titres repris sont tous des morceaux datant des débuts du groupe sauf un, Bride Of Crankenstein datant de 2014 sur l'album Hold It In. Ce tribute a surtout titillé la curiosité car quelques groupes qu'on aime beaucoup y contribuent. Grizzlor reprend Oven (Ozma, 1989) et c'est du taillé sur mesure pour eux. Trigger Cut s'intéresse à Houdini (1993) avec la reprise de Lizzy que le groupe fond parfaitement dans son moule noise-rock. Work Party s'attaque à Skin Horse (Stag, 1996) de façon très personnelle et surprenante car éloigné de leur registre habituel. Les six autres groupes me sont totalement inconnus et leurs reprises ne donnent pas envie d'en savoir plus. Un tribute pas plus pire qu'un autre.
[publié le 19 octobre 2022]


Venus Twins / Raxis
Venus Twins n'a pas été cherché loin son nom. Jake et Matt Derting sont jumeaux, des vrais, pratiquent la basse, la batterie, le chant du dragon et viennent de sortir Raxis, un second album uniquement en cassette (comme le premier, Eat Your Dog, en 2020) sur Softseed Music. C'est du lourd, du noise-rock à l'état pur et le duo de Brooklyn en connaît un rayon, la science infuse du bruit épileptique, qui fait mal, jouissif à mort, avec des bouts de mélodies qui traînent (le génial Return To Dust), des rythmiques aussi étourdissantes que frappantes, l'impression que les cordes crissantes d'une guitare figurent dans la mêlée et tout un attirail d'idées, de fritures, de saturations, de fractures, d'explosions, de diableries jamais gratuit mais au service de compos hautes en couleurs et rondement menées. Même les 10 minutes de God's Machines en paraissent moitié moins. Si tu veux des références, Lightning Bolt et Glazed Baby auraient pu enfanter un tel garnement mais Venus Twins a su très vite voler de ses propres ailes. Cet album monstrueux sortait en vinyle et c'était la perfection de l'année. Du très grand art, à s'en repaître sans modération.
[publié le 12 octobre 2022]


Exhibit A (A benefit compilation for the SPLC)
Une compilation pour la bonne cause. A l'initiative de Jeff Tirabassi, batteur de Bitter Branches et publié en cassette par Knife Hits records, Exhibit A regroupe 17 groupes et les recettes seront reversées au Southern Poverty Law Center, une organisation à but non lucratif basée en Alabama dont l'objectif est de garantir la promesse des droits civils par le biais de la défense juridique, la dénonciation des groupes haineux et la fourniture de ressources éducatives. On va pas se mentir, un certain nombre de groupes présents sont zappés allègrement. Pas notre came tout simplement. Mais vous avez aussi du lourd et des groupes qu'on adore par ici. Avec quasi à chaque fois des inédits ou des raretés comme le Sociopathetic de Exhalants qui offre encore un excellent titre (mais ont-ils déjà fait un mauvais morceau ?) ainsi que Faking, Multicult, Easy Prey, Rid Of Me qui reprend Beastie Boys (Sabotage) et bien sûr Bitter Branches. C'est toujours ça de pris.
[publié le 11 octobre 2022]


Drill For Absentee / Strand Of A Lake, Vol. 1
Drill For Absentee revient d'entre les morts. Après 23 longues années de silence, le trio américain qui avait sévit entre 1995 et 1999 avec deux disques dont on avait narré tous les bienfaits a décidé de se reformer. Avec deux membres d'origine, Mickael Nace (guitare, chant) qui se trouve à Philadelphie et Kevin Kelly (basse, chant) à Los Angeles et Ken Kuniyoshi, un nouveau batteur japonais (Okinawa) à la place de Bryan Sargent, Drill For Absentee a réussi à vaincre non seulement les barrières du temps mais aussi géographiques pour écrire quatre nouveaux titres regroupés sous le nom de Strand Of A Lake, Vol. 1. Un Vol. 2 paraîtra d'ici la fin de l'année, toujours virtuellement et mon tout sera réuni courant 2023 sur un vinyle grâce à l'action conjointe de Fonoradar records en Europe et Friend Of Mine au Japon. Et le moins que l'on puisse dire après toutes ces années, c'est que DFA n'a rien perdu de sa fougue et de son talent. Leur noise-rock à émotions dans le vague sillage d'un Shipping News, A Minor Forest ou certains groupes de Dischord a même pris du muscle et des couches de bruits supplémentaires, une tendance post-hardcore qui se mélange idéalement avec leur approche noise 90's toutjours emprunte de finesses. Superbe retour et vivement la suite.
[publié le 29 septembre 2022]


Wipes - Day Job / split tape
Le patron de Hex records avait juré craché de ne jamais sortir de cassette (je le soutenais secrètement) mais il a fini par craquer. Trois titres pour chaque groupe sur ce format qui donne un son ingrat ou comment dans ce cas là vanter les avantages du numérique (un comble). Wipes, deux membres de Tile avec un troisième larron qui avaient déjà sorti un (bon) single et qui, avant de publier imminemment sous peu un premier album sur un vrai vinyle de champion, se fendent de trois inédits. Productivité maximale pour efficacité redoutable. Noise-punk avec un petit coté Hammerhead pas dégueulasse sur Pick Me et un sens de la compo affirmée comme sur l'excellent Disappointment Sucks (ce qui n'est donc pas le cas ici) plus grésillant de gras et de lourdeur, ce qui est le cas aussi de Recognize.
Day Job piétine des plates-bandes assez similaires avec une approche plus sludge ou grunge ou métallurgique, c'est au choix. Un nouveau groupe avec deux anciens Null qui donne envie de surveiller la suite mais en attendant, ça fait parfaitement... le job.
[publié le 27 septembre 2022]


Cornice / tape
Le projet de sortir des inédits de Cornice était dans l'air depuis quelques temps. Sun in yr Head, label de Clermont Ferrand concrétise nos souhaits en publiant une cassette d'inédits live et studio enregistrés entre 1993 et 1997. On y retrouve The Stringed Instrument Maker (en version live) seul morceau qui avait bénéficié d'une sortie à l'époque et dont on vous avait narré un bout d'histoire l'année dernière. 16 autres compos sont également présentes et c'est un vrai bonheur d'entendre enfin toute l'étendue de leur poésie punk, déglinguée, étrange, unique.
[publié le 26 septembre 2022]


Muscle Vest / Hot Hot Hate
Plus rien n'arrête Muscle Vest. Moins d'un an après Live Laugh Loathe, le quintet anglais sort Hot Hot Hate. Alors c'est toujours un EP (4 titres), c'est même plus en cassette (sans oublier un split 7'' également virtuel en juillet) et c'est toujours aussi bon. Trublion noise enragé et enthousiaste, le groupe londonien se donne sans compter, virulent tout en ne se prenant franchement pas au sérieux si on en croit le clip de Solitary Life, frénétique tout en étant punitif, à deux doigts du chaos mais délicieusement rentre-dedans. Ruby (c'est le nom du chien sur la pochette) peut être content, ces maîtres font du très bon boulot.
[publié le 23 septembre 2022]


Demons / Swallow
Quatre titres aussi brutaux qu'accrocheurs, chaotiques que fulgurants, c'est Demons, groupe de Norfolk (Virginie). C'est la tradition Botch à votre porte et elle vous claque à la tronche en même pas six minutes avec ces brûlots courts, lourds, denses, limpides comme un coup de trique et ça se gobe cul sec sur Swallow, cassette éditée par Knife Hits records.
[publié le 16 septembre 2022]


Chihuahua / Crythor Du
Chihuahua sort de sa tanière pour la seconde fois après Violent Architecture. Et question architecture, le groupe anglais voit ses ambitions à la hausse tout comme pour la violence dans le sens débauche sonore. Avec l'ajout d'un saxophoniste à plein temps et quatre invités (trompette, trombone, scie musicale et chant), Chihuahua devient une infernale machine krautrock-noise-free-rock. Ça fait toujours autant de bordel façon Gnod poussé dans ses retranchements sans se dénaturer de sa force noise-rock, ses coups de butoir, ses déflagrations qui prennent juste des chemins tortueux, élargis, tumultueux, expérimentaux pour répandre toute sa nocivité qui n'est pas dénué de beauté et d'atmosphères sombrement troublées. Cinq nouveaux morceaux regroupés sous le nom ésotérique de Crythor Du et publiés en cassette par Cruel Nature records qui mériteraient également de sortir en vinyle.
[publié le 14 septembre 2022]
MAJ 12/10/2022 : Chihuuhua n'aura pas fait long feu. Le groupe a annoncé le 9 octobre dernier qu'il cessait ses activités suite à des différents personnels.


Noise For Change ERA Benefit Compilation
Learning Curve records et Caterwaul Society s'associent pour publier sur le net uniquement une compilation afin de récolter des fonds pour le Equal Rights Amendment, c'est à dire une proposition d'amendement à la Constitution des USA visant à garantir l'égalité des droits juridiques à tous les citoyens américains, quel que soit leur sexe. Quinze titres pour autant de groupes livrant généreusement des inédits, des raretés ou des versions modifiées et du lourd vous allez trouver : Chat Pile (avec la version demo de Brutal Truth, titre qui arrache tout et qui figure sur un split 7'' avec Portrayal Of Guilt), Intercourse, Bedtimemagic, Asbestos Worker, Dug, Bronson Arm, The Tunnel et d'autres trucs moins fréquentables mais c'est pour la bonne cause !
[publié le 07 septembre 2022]


Tropical Fuck Storm / Moonburn
Toujours aussi fort sur les pochettes qui posent question sur la nature profonde de l'être humain, Tropical Fuck Storm passe en mode cassette avec le quatre titres Moonburn sur Joyful Noise records. L'inédit Moonburn est donc le titre principal dans la grande tradition des compos de TFS qui prennent aux tripes et les font frémir coté pile et face. Pas aussi fort qu'un You Let My Tyres Down mais quand même. Aspirin est la version plus ou moins acoustique et simplifiée du titre qui était sorti à l'origine sur le second album Braindrops. Et les deux autres sont des reprises. Ann par The Stooges et Heaven des Talking Heads. Ces Australiens ont très bon goût et leurs versions sont étonnantes, personnelles et ma foi assez bluffantes, surtout concernant Ann pour qui on avait rien vu venir.
[publié le 01 septembre 2022]


Gloop / Television Fire
Un an à peine après son troisième album Crayon Sun, le trio de Baltimore répondant au nom de Gloop sort Television Fire, un EP quatre titres uniquement en version numérique sur Grimoire records. Rien de neuf depuis la dernière fois mais une nouvelle et saine rasade d'un punk-noise aussi incisif que pétillant. C'est tout ? Oui c'est tout.
[publié le 29 août 2022]


Polevaulter / Move
La très prolifique et multiforme scène de Leeds accouche d'un nouveau groupe (qui sévit tout de même dans le coin du nord de l'Angleterre depuis 2017), un de plus et c'est pas pour faire le nombre. Polevaulter, duo qui mélange basse caverneuse, machinerie électronique avec rythmes intégrés et spoken-word profondément vibrant et intense est une redoutable arme à faire du bruit penchant aussi bien du coté industriel que post-punk hargneux ou electro-noise grésillant et sifflant. Move est une cassette quatre titres et - c'est pas pour vous tendre la perche - mais vous devriez fortement vous intéresser au cas de Polevaulter. C'est quand ils veulent pour publier un disque en bonne et due forme.
[publié le 24 août 2022]


Sue / I Will Dance With Hell So You Can See Heaven
Nouvelle furie noise en provenance de la perfide Albion. Sue, un trio anglais qui publie un premier album uniquement numérique répondant à la douce sentence de I Will Dance With Hell So You Can See Heaven. J'ai pas tout compris mais ce qui est sûr, c'est que l'enfer et le paradis vous aurez. Diabolique bande-son qui amène à l'extase plus d'une fois, infernale fureur qui peut verser dans le poignant et chercher à étreindre autant qu'à tabasser (I Need A Cure et A Pathetic Man), le désespoir et la rage dans un même élan confus. Sue fait abondamment transpirer tout en provoquant des frissons. L'enfer à votre porte ne demandant qu'à s'ouvrir encore plus sur un avenir à surveiller.
[publié le 18 août 2022]


Muscle Vest/Struggles With Syntax | split 7''
Muscle Vest et Struggles With Syntax ont déjà eu l'occasion de figurer dans cette rubrique lors d'enregistrements cassettes l'année dernière. Les deux groupes anglais sont cette fois réunis grâce à Muzai records pour un split single virtuel. Muscle Vest montre toute sa capacité à vriller les oreilles avec God Doesn't Love You et son noise-rock débraillé, perçant et un chanteur extraverti. Et se marrie très bien avec Struggles With Syntax qui aime aussi monter dans les aigus avec Feel Love, nouvelle preuve que leur noise-rock est à multiples visages, imprévisible, chahuteur et intéressant.
[publié le 12 juillet 2022]


Facet | 44
Facet, un trio d'Oakland qui s'était fait remarquer en 2020 par Devoid, une reprise d'Unwound mais aussi la cassette Duck l'année d'avant. C'est avec 44, un nouveau morceau et un clip désopilant que Facet revient. Un pur bonheur de noise-rocker. Cliquez sur Play, vous ne regretterez pas ou alors on ne peut plus rien pour vous.
[publié le 11 juillet 2022]

Montbéliard | Satisfaits
Montbéliard, c'est pas que de la saucisse et Peugeot, c'est aussi un groupe. Qui vient de Paris. C'est surtout un pedigree avec Vincent Beysselance, batteur des cultissimes Cheval de Frise (qui a joué ensuite dans Tormenta) et Bruno Kuchalski, guitariste de POLes, groupe mort dans l'indifférence générale sans jamais avoir réellement vécu avant (et c'est bien dommage car ce groupe valait le coup). Le duo fraîchement monté qui joue ensemble depuis à peu près huit ans vient de publier Satisfaits, un enregistrement fait dans leur coin qui oeuvre dans ce que ces deux là ont toujours su maîtriser, le rock instrumental. Soit, pour faire court et facile, la rencontre de Cheval de Frise et POLes. De beaux entrelacs et envolées en perspective avec des bouts de synthés qui trainent et plein de souvenirs qui remontent.
[publié le 08 juillet 2022]


Strangelight | The World Needs Laughter
Le monde a besoin de rire et si la musique de Strangelight ne prête pas spécialement à se détendre les zygomatiques, les quatre titres du vinyle uniface The World Needs Laughter font un bien fou. Du rock qui fuse dans la lignée de Hot Snakes en plus punk, mordant, abrasif et tout aussi jouissif. Et on ne saurait trop vous recommander également Adult Themes, le premier album de ce groupe d'Oakland paru en 2020.
[publié le 02 juillet 2022]


Daddy's Boy | Great News!
C'est un premier album virtuel, les onze morceaux ont bien du mal à dépasser les deux minutes, le tout fait à peine plus d'un quart d'heure mais c'est une tornade en provenance de Chicago qu'il ne faudrait pas rater. Avec notamment Bryan Gleason à la guitare (ex-Fake Limbs) et la chanteuse Jes Skolnik, Daddy's Boy joue un hardcore-punk frénétique passé à la moulinette noise-rock made in Steve Albini qui a mis Great News! en boite et ça déboîte furieusement. Aussi dur et anguleux que trépidant et hargneux, fait pour la vitesse parce que c'est plus marrant quand on se fracasse contre un mur de béton - ce que Daddy's Boy est assurément fait pour - avec plein de chicanes au milieu de la route, c'est une musique aussi incisive que les paroles sont perspicaces. C'est papa qui va être content.
[publié le 23 juin 2022]


Imelda Marcos | Albularyo
On avait laissé Imelda Marcos à deux. Il revient en trio. Le duo de Chicago (qui comprend le guitariste Dave Cosejo à l'oeuvre également chez les fulgurants Urine Hell) revient trois ans après Tatlo avec la chanteuse Donna Diane (Djunah) qui bidouille aussi des machines et l'instrumental tendance math-rock mutant de Imelda Marcos prend une nouvelle dimension. Moins math-rock, encore plus mutant. Porté par le chant expressif de la charismatique Donna Diane, les quatre titres de Albularyo (édités en cassette par Already Dead Tapes) sont hautement percussifs, même la guitare qui s'enchevêtre dans des sonorités frénétiques, angoissantes, trafiquées, synthétiques et traversées par des effets électroniques perturbants. Les structures sont tour à tour répétitives, hypnotisantes, disloquées, sentent le soufre et la tension, abruptement lyriques par moment. Imelda Marcos est en passe de devenir une sacré bestiole étrange ne demandant plus que confirmation sur un long format.
[publié le 10 juin 2022]


Cellos | Locked In The Stocks/Death Zone
Cinq ans que que le trio canadien Cellos n'était pas réapparu dans ces pages, depuis un premier album en demi-teinte après une série de EPs épatants. Cellos avait bien ressorti un split 7'' en 2019 avec Not Of mais l'intérêt était retombé. Il se pourrait qu'il retrouve une belle vigueur avec de nouvelles compositions que Cellos compte offrir tous les mois. Cela a commencé le mois dernier avec les sept minutes de The Downward Gaze et ça continue en juin avec deux nouveaux titres. Avec Locked In The Stocks, le trio se rappelle qu'il avait débuté dans la vie en étant un groupe viscéralement noise-rock. Un titre qui les montre sous leur visage que je préfère, méchamment abrasif et hargneux avec un chant plus sous-mixé, ça s'appelle un instrumental. Avec Death Zone, c'est leur coté plus lent, lourd, un poil stoner, mélodique mais Cellos s'en tire avec les honneurs. Rendez-vous le mois prochain en espérant que tout ça soit compiler en fin de course sur un beau vinyle.
[publié le 04 juin 2022]


Gad Whip | Sky Bird EP
Après leur précédent album Fanimal Arms en 2020, Gad Whip revient avec Sky Bird, EP quatre titres qui montre le groupe anglais plus focus que jamais. C'est rock, punk ou ce que vous voulez mais qui va direct dans ta face avec toutes les subtilités requises. Quatre types remontés, acérés, ne perdant pas cette petite excentricité inexplicable dans leur approche, carrés et enlevés comme un nouveau souffle qui espérons va les porter très loin.
[publié le 31 mai 2022]


Hammerhead | Excommunications
L'annonce d'un nouvel album de Hammerhead devrait faire bondir de joie. Excommunications va vite ramener sur terre. Le trio cultissime d'Amphetamine Reptile n'avait pas donné signe de vie depuis 2015 et New Directionz. Il aurait été impossible de reconnaître le groupe de Minneapolis si ça n'avait pas été marqué dessus. Trois bidouilles de moins de trente secondes. Un très long titre d'un quart d'heure très répétitif et psychédéliquement tordu que même un Helios Creed en plein bad trip n'aurait pas voulu. Et quatre autres morceaux dans un format plus normal qui ne sont que triturations, expérimentations et vaines éjections bruitistes. Excommunications est sorti uniquement en CD à série limitée et est commandable auprès du groupe uniquement et uniquement seulement si vous êtes un habitant des glorieux États-Unis d'Amérique. Ça tombe bien, on n'avait franchement pas envie de l'acheter. Hammerhead annonce également la sortie d'un second album pour cette année. Cela permettra de savoir si Excommunications était une sale blague à la Melvins ou s'il fallait prendre au sérieux le titre de leur album de 2015, auquel cas, nous ne somme pas prêt de les suivre dans cette nouvelle direction.
[publié le 26 mai 2022]


Urine Hell | Weakling
À Chicago, ça ne rigole pas avec les noms de groupes. Urine Hell ne s'était pas que fait remarquer pour son patronyme mais surtout pour sa première démo (virtuelle) en décembre 2020. Le groupe qui comprend un membre de Imelda Marcos revient avec Weakling, cassette quatre titres sur Already Dead Tapes & Records et le jet est monstrueusement bon. Et corrosif, méchamment incisif. Pas franchement noise-rock dans la lignée historique de nombreux groupes de Chicago mais un peu quand même avec du Chat Pile ou Bruges dedans et du Dazzling Killmen aussi dans les intentions, c'est à dire une approche plus malsaine, torturée, angoissante, un chant entre le mode parlé et psychopathe pour un résultat unique qui prend aux tripes pour mieux les retourner. Diaboliquement intense et infernal à l'instar de la fin de Judas Song.
[publié le 13 mai 2022]


Row Of Ashes| Bleaching Heat
Troisième album mais cette fois-ci uniquement en cassette sur Surviving Sounds records, Bleaching Heat est une fulgurante et massive charge punitive. Si le premier album Let The Long Night Fade comportait une chanteuse, le trio londonien évolue désormais en trio, a resseré les rangs comme le propos et tape (fort) dans un registre post-hardcore/noise/metal particulièrement venimeux, rageur et convaincant, désespérément intense et urgent. Ken Mode, Neurosis, Deadguy ou Kowloon Walled City en plus sale, sombre et teigneux pour vous donner une idée (approximative) du tableau car Row Of Ashes est du genre à brûler tout ce qui se trouve sur son passage et piétine tout ce qui bouge avec une colère non feinte et des subtilités dans l'écriture qui font les morceaux qui marquent au fer rouge. Impressionnant et tragiquement beau comme un incendie la nuit.
[publié le 07 mai 2022]


On | Kentällä Tavataan
Baxter Stockman, encore et toujours. Apparemment, c'est le même ex-Baxter Stockman, Markus Leminen, qui vient juste de créer Loins qui participe également à On, nouveau projet finlandais dans une veine noise-rock mais beaucoup moins classique. Minimalist repetitive rock music qu'ils disent. C'est pas faux mais c'est aussi bien plus que ça. A écouter, Kentällä Tavataan, un titre extrait du futur 6-titres Hissunkissun à sortir sur Sideeffect records. Deux autres morceaux, Kädet et Kivipurnu sont également en écoute. On en reparle plus tard en détail quand on aura mis la main sur ce disque !
[publié le 30 avril 2022]



Loins | Mainline
Un Baxter Stockman au chant et à la guitare, deux Fun à la section rythmique, vous savez où vous mettez les pieds et aucun risque pour se les prendre dans le tapis. Mainline est le premier titre proposé par ce nouveau trio finlandais qui prépare sûrement quelque chose de plus conséquent mais vous pouvez d'ores et déjà noter le nom de Loins sur vos tablettes noise-rock, c'est du tout bon.
[publié le 30 avril 2022]


Thee Alcoholics | Seven Inch
Thee Alcoholics - c'est eux qui le disent - sont anglais (n'y voyez aucun rapport), te saoulent de coups et c'est nous qui trinquons au doux bruit d'un noise-rock à l'haleine chargé en frustration, construit pour la baston et la vitesse avec une lourdeur vénéneuse, des saturations nauséabondes et une épaisse couche de crasse. Un synthé à temps complet vient foutre son bordel, les chants sont suppliants et trafiqués, ça sent le soufre, les lendemains difficiles et c'est subtilement répétitif et terriblement accrocheur. Seven Inch est un single 4-titres publié par Wrong Speed records et dont les 100 exemplaires ont rapidement été épuisés. Tout comme leurs deux albums-cassettes précédents. C'est comme ça chez Thee Alcoholics, la descente est rapide, les stocks partent vite alors ne ratez pas la prochaine tournée, ce groupe vaut le détour.
[publié le 22 avril 2022]


Mirakler | Instant Drugs
TRVSS a décidé de changer de nom, bienvenue à Mirakler. Le groupe de Pittsburgh en a profité pour apporter quelques changements à sa formation mais on a strictement rien perdu au change. Instant Drugs est un morceau à paraître (sûrement) sur deux singles programmés plus tard dans l'année (l'album est à suivre) et il mérite amplement son nom. L'addiction est fulgurante, un noise-rock de catégorie supérieure et totalement renversant. Vivement l'album.
[publié le 15 avril 2022]


Nape Neck | Look Alive EP
Leeds, encore une fois. Mais cette fois-ci, le registre n'est pas le noise-rock pur et dur. Nape Neck fait pourtant du rock, du bruit mais la tendance est post-punk, option dissonance et acidité, c'est à dire que ça va bien au-delà ou quand The Slits rencontre Dog Faced Hemans/The Ex via Theoretical Girls. Ça fait de belles références et Nape Neck n'a pas à en rougir. Cinq titres de haute volée réunis sur une cassette, un groove à se cogner la tête de plaisir, une guitare qui ponce et écorche dans les grandes largeurs, des chants qui débarquent de partout et se répondent et des compos imaginatives, mordantes et carrément emballantes. Nape Neck, un trio (avec deux anciennes Beards) qu'il est vachement bien. Et l'écoute de leur premier album cassette en 2020 est aussi fortement conseillée.
[publié le 07 avril 2022]


Den | Beyond The Lantern Fire
Une cassette en forme d'au revoir définitif. Den, un trio de Chicago (avec notamment Dylan Piskula à la basse des frappés Bruges) qui n'aura eu que des miettes du gâteau sludge-doom-noise à la sauce cosmique et nappé d'électroniques. Ça semble indigeste dit comme ça mais leur dernier album Iron Desert avait de très beaux restes. Avec les cinq titres de Beyond The Lantern Fire, Den prouve qu'en matière de musique lourde, sale, poisseuse et étrange, il maîtrisait les principes en insufflant une belle vitalité sur Blackout et l'imposant The Anti-Prophet. Par contre, vous pouvez retirer les trois autres morceaux qui ne sont qu'interludes instrumentaux. Ça fait peu à l'arrivée mais en guise d'adieu, on prend avec plaisir.
[publié le 06 avril 2022]


Headkicker | s/t EP
Headkicker, un groupe punk de Raleigh qui sort sa première cassette six titres sur Sorry State records. Et c'est furieusement bon et vivifiant. Classique et déviant. Trépidant et sinistre. Six morceaux parfaitement au point donnant autant envie de pogoter que de hurler à tue-tête avec eux ces airs obsédants même si on n'y comprend rien, jusqu'à fondre comme du sucre sous une giboulée de printemps sur Crafty pour repartir de plus belle sous les affres intenses et jouissives de Televise ou plus tordues de The Law. Un sans-faute. Headkicker, c'est du sérieux.
[publié le 01 avril 2022]


Care Home | Assisted Living (Part 1)
La très prolifique scène de Leeds accouche d'un nouveau groupe. Care Home est son nom et les soins prodigués vont à l'encontre de toutes les déontologies admises dans les établissements de santé (excepté faite de quelques EHPAD). Les tremblements sont en augmentation, les vomissements redoublent, la sueur froide coule en abondance, les nez saignent et les tympans implorent. Assisted Living (Part 1) est une cassette quatre titres d'un noise-rock acide avec du synthé malfaisant lorgnant ainsi vers une tendance névrotique de certains groupes de 31G records. Vivement la Part 2.
[publié le 27 mars 2022]


Vendettas | Never For You
Never For You. Ce n'est qu'un titre pour l'instant mais il possède toutes les promesses d'une histoire haletante. Vendettas, nouveau trio anglais qui frappe sèchement le post-punk, regard froid et vengeur droit dans les yeux, le malmène, le secoue, à tel point que le post-punk peut aller gentiment se faire voir. Un titre extrait de Coherent Feelings, futur EP à venir à l'automne prochain. Et à vrai dire, pour avoir entendu les quatre autres morceaux, il est à espérer vivement que Cowboy à la Mode puisse également sortir une version vinyle d'un disque qui va être patiemment attendu.
[publié le 22 mars 2022]


Why Patterns | Regurgitorium
C'est une sacré cassette que Human Worth records vient de sortir et qui aurait grandement mérité de se faire tirer le portrait sur un vinyle. Why Patterns, nouveau trio anglais avec des membres de Wren (Seb Tull, guitare, basse), Warren Schoenbright (Dan McClennan, batterie) et Deleted Narrative (Doug Norton, voix), le tout orchestré par l'inévitable Wayne Adams. Regurgitorium, un album qui pourrait vous faire vomir votre dernier repas tant ça secoue là-dedans. Une douce folie qui ne ressemble pas au truc noise-rock convulsif habituel. Le groove est carnassier et meurtrier, un lourd barrage rythmique qui semble frapper au hasard alors que c'est chirurgical, synonyme surtout d'une grande liberté et force créatrice, des figures acrobatiques de haute volée et des murs qu'on se prend de plein fouet, entre saccage et virtuosité. La basse fait un bruit d'enfer avec un chant tout aussi imprévisible et désinvolte pour aller où bon lui semble quand il ne reste pas bloqué sur un mot pendant de longues minutes. Le mélange s'avère assez unique, déroutant, rugueux, anguleux, fiévreux, free, barré. Why Patterns explose les cadres et ça fait un bien dingue.
[publié le 18 mars 2022]


Day Job | Be A Friend, Make A Friend
Que c'est bon quand ça donne l'impression d'écraser des cafards sous les semelles. Day Job, nouveau trio de Birmingham dans l'Alabama, aime son noise-rock croustillant, sale, taillant dans le gras pour ne garder que le meilleur de la lourdeur, en extraire un groove intenable et des riffs s'élevant de la masse terrestre comme un bombardier venant de larguer tous ses engins de mort. Cinq titres pour se faire des amis. Ou les faire fuir (bien fait pour eux) parce que là, Day Job, ça sera du genre ami pour la vie.
[publié le 16 mars 2022]


White Suns | Dead Time
Un an à peine après The Lower Way, White Suns revient avec Dead Time, cassette quatre titres publiée par Orange Milk records. Et le trio new-yorkais ne relâche pas la pression. C'est pas le moment. Excepté l'ultime titre Melnais Balzams qui n'est que résidus et crépitements marquant la fin du monde, les trois autres compos sont violence et fragments déchiquetés. White Suns bombarde à tout va à l'instar du terrible de Nights Pour In, lumière fulgurante symbolisant un enregistrement tendu comme une nuit dans une cave. Paranoïa aiguë, stress post-traumatique et l'art retrouvé du bruit blanc de White Suns comme à ses plus belles heures.
[publié le 11 mars 2022]


Iron Linings | Pressure Valve
La route choisie par Iron Linings pour se manifester aux yeux du monde est familière pour toutes les personnes pour qui le noise-rock et le post-hardcore sont comme une seconde peau. Mais le trio de St Louis (Missouri) possède déjà tout ce qu'il faut pour vous faire vibrer. Pensez Ken Mode, Faking, tout ce qui secoue bien sans jamais perdre le nord avec son quota de riffs qui percent toutes les carapaces. Pressure Valve, quatre titres qui mettent une pression positive pour la suite.
[publié le 10 mars 2022]


Rubbing | Vocal Harmony Trio
Rubbing, c'est de l'inconnu avec du connu. Un nouveau trio anglais avec Steve Hodson (Blacklisters, USA Nails) qui retrouve son compère de Kong, Jon-Lee Martin ainsi qu'un troisième individu pas encore identifié (mais ça ne serait tarder), un certain C. Hartley. Tout ce beau petit monde vient tout juste de sortir son premier enregistrement, une cassette quatre titres, Vocal Harmony Trio, et si vous appréciez tous les groupes qui viennent d'être cités, de fortes chances existent pour que Rubbing soit votre came également (tout en étant différent). Vivement la suite !
[publié le 04 mars 2022]


Tangled Up | Silk Embroidered Light
Tangled Up, ça veut dire un truc du genre emmêler, enchevêtrer et difficile de trouver des verbes définissant mieux la musique de ce groupe de Philadelphie. Noise-rock, punk, art-rock avec un aspect mélodique pas du tout négligeable, une grande variété de chants dont l'importance est évidente dans l'apport d'une musique à tiroirs qui peut parfois paraître complexe, avec plusieurs niveaux de lecture et en même temps capable de fulgurances et de refrains très accrocheurs, Tangled Up, en cinq titres d'une cassette éditée par Knife Hits records, montre une sacré créativité et un beau potentiel. À suivre de près.
[publié le 27 février 2022]


Abandoncy | Pastel//Anguish
Second album pour Abandoncy, groupe de Kansas City, mais cette fois-ci uniquement en cassette contrairement au précédent qui avait réussi à se faire graver sur un modeste CDr joliment emballé. Le trio garde une optique noise à tout va, aussi rock que emo, screamo et punk, aussi sauvage que mélancolique, direct ou délié. Le chant est toujours aussi régulièrement limite voir faux (Magenta High Noon), pas fier pour deux sous et c'est ce qui caractérise Abandoncy, ça joue comme ça vient, ça ne calcule pas et si tout n'est pas d'équerre et convaincant, c'est extrêmement vivifiant et touchant.
[publié le 26 février 2022]


Catcher | The Fat Of A Broken Heart
C'est l'exemple type de l'enregistrement qu'il est fortement regrettable de ne pas pouvoir écouter sur un support physique (un vinyle s'entend). Le genre de disque que tu as envie de te précipiter à acheter à la fin du concert, le genre de disque qui sera appelé à disparaître des mémoires un jour si une trace ne reste pas dans le monde réel, à disparaître si Catcher vient à se saborder demain comme tant de groupes avant lui qui se sont évanouis dans la nature sans jamais rien publier et dont l'existence est totalement oubliée. Alors espérons que Catcher sorte The Fat Of A Broken Heart en vrai (ce n'est pas du tout d'actualité pour l'instant) car ce premier album est viscéralement prenant. Une entité à six têtes en provenance de Brooklyn dont deux guitaristes et un violoniste pour une interprétation pleine de fouge et d'inspiration dans le sillage de Birthday Party et surtout Nick Cave & The Bad Seeds ou Bambara avec qui Catcher ne partage pas que la ville en commun. Entre swamp rock, post-punk tendu et mélopées noires, intenses, noisy, The Fat Of A Broken Heart brise effectivement le coeur (et pas seulement parce qu'il est virtuel) mais il l'irrigue aussi, le fait battre plus vite et offre dix flèches volant au-dessus d'un terrain certes connu et atteignant cependant sans difficulté aucune sa cible.
[publié le 24 février 2022]


Big Water | Park
Big Water revient déjà, à peine neuf mois après leur premier album, sous la forme d'une cassette cinq titres dénommée Park sur The Ghost Is Clear records. Un hardcore-noise toujours aussi furieux, intriqué, à la limite du chaos pour une durée qui leur va idéalement bien au teint que le trio de Kansas City a rouge cramoisi et qui aurait fait un single parfait.
[publié le 18 février 2022]


Running | Asked You Nicely
Running n'avait plus donné de nouvelles depuis 2016 et son troisième album Wake Up Applauding. Enfin si mais c'était une mauvaise nouvelle, la mort du batteur Alejandro Morales en mars 2021. Le groupe de Chicago est tout de même revenu, on ne sait pas trop dans quelle configuration mais qu'importe. Asked You Nicely est une cassette deux titres (plus un remix du second morceau) sur Physical Medium records et Running n'entend pas céder une once de terrain à la tristesse et l'abattement. Le demander gentiment, c'est pas vraiment le genre de la maison alors Running frappe d'abord et pose les questions ensuite, encore plus sauvagement, intensément en perçant les tympans avec cette drôle de lueur dans les yeux qui fait peur. Running n'est en fait pas du genre à attendre une réponse. Un retour en très grande forme.
[publié le 17 février 2022]


Tue | Misanthropic Era
Le nom est radical. Et quand tu regroupes tes trois premiers morceaux sous le titre Misanthropic Era, faut pas s'attendre à de grandes déclarations d'amour. Un nouveau groupe de l'est de la France avec deux batteurs et deux chanteurs qui font aussi de la guitare et de la basse et que vous avez déjà pu croiser dans des groupes comme Membrane, Pauwels, Spanked, Kompost et bien d'autres plus obscurs. Ça ne rigole donc pas, l'horizon est bouché et Tue l'éclate au doux son d'un noise-hardcore cruellement éruptif, faussement complexe mais méchamment rentre-dedans, lourd et massif, deux batteries apportant une approche différente et trois grandioses compos qui en disent long sur la totale maitrise de Tue à qui on espère une longue vie pleine de tourments à infliger.
[publié le 10 février 2022]


Yrre | Luhlae x The Witch
Ce n'était à la base qu'un projet éphémère répondant au nom de Luhlae x The Witch, soit la bande-son par cinq musiciens (Alex Straubhaar, Julien Floch, Naser Ardelean, Anna Sauter-Mc Dowell et Iannis Valvini) du film d'épouvante The Witch (Robert Eggers, 2015) lors d'un ciné-concert à La Chaux-de-Fonds en Suisse. C'est désormais un groupe qui a pris le nom de Yrre et qui a adapté ce ciné-concert pour en faire un album. Six compositions à part entière s'écoutant sans problème sans les images, un déchaînement de musique forcément diabolique avec des râles de sorcière venant hanter des parties atmosphériques lugubres, magnifiquement belles et funestes mais aussi de longues montées de violence noire, de black metal déviant, de tourbillons fulgurants, noise, saturés, hypnotisants. Une réelle surprise que Hummus records a pressé en vinyle pour seulement 25 exemplaires rapidement épuisés (ça serait bien de remettre ça, ce disque le mérite) mais que vous pouvez télécharger à prix libre (c'est à dire gratuitement (comme toutes leurs réalisations d'ailleurs) si les fonds de poche sont vides) sur le site de Hummus.
[publié le 09 février 2022]


Glaas | self-titled EP
Nouveau projet avec Seth Sutton, un Américain exilé à Berlin aux multiples groupes (Useless Eaters, Clock Of Time, Idiota Civilizzato etc...) qui s'est associé avec Raquel Torre (Lacquer) et Cosey Mueller (Das Das) pour former Glaas. Une première cassette trois titres a été publiée par Static Shock pour une dose énergique de post-punk avec une forte insistance sur le versant punk. C'est dans la mouvance de Clock Of Time et Dïat, fonceur, brut, tendu avec des keyboards pour dégeler l'ambiance comme cette sirène de bagnole obsédante sur Concrete Coffin. Un album est prévu cette année sur Static Shock records et cette cassette promet de belles choses à venir.
[publié le 04 février 2022]


Slow Burning Rage | self-titled
Ryan Parrish est surtout connu et apprécié par ici pour sa présence derrière la batterie de City Of Caterpillar. Mais on ne compte plus sa participation dans de nombreux groupes dont Iron Reagan, Terminal Bliss, Suppression. Des groupes qui évoluaient tous dans la sphère punk-hardcore. Avec Slow Burning Rage, Parrish sort de sa zone de confort (j'adore cette expression). Un projet né en solitaire mais ce n'est pas un disque solo comme il tient à le préciser. Une multitude d'invités pour mettre en forme une musique aussi variée qu'inclassable. Esprit expérimental avant tout dans lequel se confrontent ambiances troubles et angoissantes, saupoudrage electronics, violence free-jazz à la 16-17 ou God (le furieux Agonal Gasp), batterie comme élément central de Slow Burning Rage pour des rythmiques de feu culminant dans l'orchestre de quatorze batteurs sur Dark Thunder, basse grondante, éclairs acides pour des paysages sonores à chaque fois (ou presque) prenants. Typiquement le genre d'album qui aurait mérité une sortie sur un vinyle. Il faudra se contenter de la publication numérique sur Pax Aeternum.
[publié le 01 février 2022]


BAE Sessions | Vol 1

Beastie Noise est une famille très incestueuse. Le label de Malakoff (Paris) comptait déjà dans ses rangs Avec Toi Dans Un Champ et Stenifer. Avec ce troisième projet au nom de groupe ne sonnant pas comme un nom de groupe, on retrouve une nouvelle fois Louima de Summer à la basse (qui jouait dans les deux précédents groupes en donnant en plus de la voix) ainsi que DJ Gügü qui est derrière la batterie chez ATDC. Avec Djohra (chant) et Rrrrrose Azerty (guitare, sax), BAE Sessions se lance dans la vie avec un court huit titres qui en appelle d'autres puisque c'est un Volume 1. C'est pas aussi virulent, abrasif et noise que ce que le label avait pu sortir mais ça fera l'affaire sans problème. La colère est toujours là, la basse gronde, le groove est plus prégnant en présentant des formes plus hybrides et variées, murmurantes (Liebeslied), sensuelles, cold, post-punk avec un brin de saxo reptilien (Casework), des trafiquants de sonorités dont la suite est donc attendue avec curiosité.
[publié le 28 janvier 2022]


Torpors | T.V. Genius
Torpors va réveiller en vous des souvenirs d'Unwound, voir de Drive Like Jehu et franchement, ya pire comme évocation du passé. Il est permis de rajouter bien d'autres noms dans le sillage de T.V. Genius, premier enregistrement diffusé uniquement dans le monde numérique, parce que ces dix titres sonnent classiquement et que pour la surprise, il faudra repasser. Mais comme Torpors sait aussi insuffler de la tension, une dose de noise (rock) accrue et un sens de l'écriture emballant, ce nouveau groupe californien a tout pour plaire et se faire une place au soleil.
[publié le 26 janvier 2022]


Rhino Body Lover | A Tribute To Shallow North Dakota
On aimerait parler de Shallow North Dakota autrement que pour mentionner le fait qu'un des leurs, le batteur Tony Jacome, est décédé mais un bel élan de solidarité de la scène musicale s'est créé autour de ce groupe dont les débuts remontent à 1994. On avait mentionné en octobre dernier un split LP entre Ken Mode, Kowloon Walled City et Shallow North Dakota. Cette fois-ci, c'est Rhino Body Lover, un double CD (dans un boîtier DVD) dont la vente est directement reversée à la femme et aux deux jeunes enfants de Tony. Et franchement, vous avez de quoi faire. Deux heures vingt de musique, 29 groupes qui reprennent un titre de Shallow North Dakota avec sur la liste quelques beaux clients très appréciés par ici comme Intercourse, Bedtimemagic dans une longue reprise hallucinée, The Grasshoper Lies Heavy qui s'est acoquiné avec Tunic, Throat, Work Party, The Great Sabatini, Cellos, Asbestos Worker qui se lâche deux fois dans des compos tournant autour du quart d'heure, Adolyne, Worse ou encore Them Teeth. À chaque fois une seule constante pour chacun des 29 groupes, connus ou inconnus : retranscrire la lourdeur légendaire de Shallow North Dakota. Mission accomplie.
[publié le 25 janvier 2022]


Less | Useless
C'est tout nouveau tout frais (merci au passage à Tom de feu le blog Rad-Yaute pour l'info), c'est Less, un trio d'Annecy qui vient de mettre en ligne ces deux premiers morceaux, Nervous Breakdown et Devil Take Care, pour se loger directement sans coup férir dans la boite crânienne à la case noise-rock, option sidérurgie. Deux basses, une batterie, du chant par là-dessus, ça ne rigole pas et c'est sacrément convaincant. On se croirait revenu aux plus belles heures de Milkmine mais c'est Less, un groupe bien trop jeune pour avoir connu ces dinosaures. Cependant, la filiation est là et Less file à toute berzingue avec acuité et une grande maîtrise de la violence pour rudoyer le noise-rock avec des rythmiques ultra abrasives et un chant brûlant. Longue vie à Less.
[publié le 20 janvier 2022]


Plot | What Happened To Your Face
What Happened To Your Face, c'est une multitude de coups variés et surprenants, c'est asséné frontalement ou de biais, à déflagration lente ou par saccade. C'est punk, noise-rock, tordu, étrange, electro, samplé, vérolé, grave ou frénétique. C'est l'oeuvre de Plot, un trio de Philadelphie qui avec une batterie, une basse et un chanteur s'occupant des claviers vient de publier un album fortement attirant à qui il ne manquerait qu'un support vinyle pour être parfait.
[publié le 19 janvier 2022]


Nowhere | E.P.
C'est un premier E.P., pas loin du statut de démo avec un enregistrement ne rendant pas totalement justice à la fougue des cinq morceaux mais cette cassette marquant les débuts de Nowhere, trio originaire du Nebraska, possède un paquet de charmes donnant tout de suite envie de les adopter. Oscillant entre un noise-rock au cordeau et sans une once de gras, du punk acéré qui laisse de la place pour les émotions et un chant intense, Nowhere a tout pour plaire et tout l'avenir devant lui.
[publié le 15 janvier 2022]


Went White | s/t
Went White, nouveau groupe en provenance de Syracuse (New York). Premier enregistrement, cassette six titres sur le prolifique The Ghost Is Clear records. Rentre dans le lard direct. Tend les muscles au maximum. Post-hardcore qu'ils disent avec du punk dedans. Rêche avec plein de chaudes vibrations à l'intérieur. Un truc à fleur de peau qui interpelle. Pensez Circus Lupus et Kiss It Goodbye, quelque chose dans ce goût là mais que du bon en tout cas.
[publié le 12 janvier 2022]


Most Efficient Women | Eating The Hawk
C'est avec un split poster entièrement numérique que Most Efficient Women avait été découvert. Et si le trio de Forth Worth (Texas) évolue toujours dans le monde virtuel avec cette nouvelle offrande se nommant Eating The Hawk, ce n'est pas une raison nécessaire pour ne pas s'occuper de leur cas. Cinq titres (dont deux, Eating The Hawk et Slow Fella qui figuraient déjà sur le split poster) d'un noise-rock particulièrement perçant, remonté, effilé et excitant dans les parages d'un Trigger Cut et toute une lignée de groupes qui montent au front sans se poser de questions.
[publié le 08 janvier 2022]


Recent Ancestors | self-titled 10''
Recent Ancestors, un nouveau duo avec que de l'ancien dedans. Matt Grande (chant, batterie), ex-Devola et I, Robot. Craig Woods (guitare baryton, basse, keyboards, chant), ex-Elder, Engines, The Combine et des tonnes d'autres obscurités. La combinaison des deux donne une violente et revigorante charge hardcore avec voix qui s'entrechoquent, rythmes, guitares et autres triturations dans une course à la mort pour six salves très courtes mais méchamment jouissives. Si vous vous dépêchez, peut-être arriverez-vous à dégoter un des cinquante exemplaires en format 10'' lathe cut publiés par Forge Again, Be Happy, Middle-Man et Protagonist Music. En attendant éventuellement un autre pressage, ce qui serait à souhaiter.
[publié le 04 janvier 2022]


Ex-Giant | Sprocketland
Ex-Giant, nouveau groupe londonien. Ils sont cinq sur la photo, six musiciens sont crédités, qu'importe, ça fait du monde pour Sprocketland, une cassette dont les cinq morceaux (plus un remix dispensable) ont été enregistrés en 2019 mais qui ne sortent qu'en décembre 2021. Ex-Giant, des ex-plein d'autres groupes, qu'importe (bis), les compteurs sont remis à zéro avec ce noise-rock qui n'en est pas vraiment. Du Birthday Party encore plus titubant que l'original, du Penthouse aussi dépravé et juteusement rock que l'original et un truc qui n'appartient qu'à eux. Le chanteur vous foudroie de sa grosse voie décadente et décapante. Ça donne envie de traîner dans la nuit noire en maintenant un équilibre précaire que seuls les Anglais sont capables de trouver. Bref c'est du tout bon.
[publié le 30 décembre 2021]


Stilts | Dimwit On The Loose
La Finlande s'y connaît vraiment en noise-rock et celui de Stilts, nouveau groupe originaire de Oulu, est particulièrement malsain et acéré. Dimwit On The Loose, cinq titres pour merveilleusement bien débuter dans la vie avec une guitare qui sent régulièrement Unsane comme sur le morceau éponyme, un chant magnifiquement dégoûtant, une musique qui sent la bave, la sueur, le vice, les dérapages, une odeur constante de soufre et de baston, bref, un véritable sens du noise-rock digne des meilleurs représentants du genre. C'est quand ils veulent pour la suite.
[publié le 22 décembre 2021]


Futurat | Incinerat
En même temps que le vinyle de Elastic Heads, le label lyonnais Echo Canyon a publié la cassette de Futurat. Un trio ramené de Russie, Saint-Petersbourg exactement avec une guitare généreusement arrosée de fuzz et une approche générale punk-garage qui n'a plus de frontières. Et qui auréole tout ça d'une bonne couche de noise cradingue, des larsens, de la reverb avec du chant dans le fond et une belle envie de tout saccager.
[publié le 18 décembre 2021]


Big Evil | We Walk On Our Dead
We Walk On Our Dead et j'irais cracher sur vos tombes. Big Evil n'y va pas par quatre chemins. Bille en tête sur ce premier enregistrement avec quatre titres furieusement noise, déjantés, saturés, alliant le meilleur des enragés de Three One G records et des sirènes hurlantes nous rappelant que la mort doit bien frapper un jour. Un groupe canadien (Toronto) qu'il est bien et qu'on va même garder un oeil dessus, au cas où.
[publié le 13 décembre 2021]


Struggles With Syntax | Petrichor
Premier album uniquement en cassette pour le groupe londonien Struggles With Syntax sur Muzai records et le moins que l'on puisse dire, c'est que Petrichor a de quoi faire perdre le nord. Petrichor, un terme savant pour parler de l'odeur de la terre après la pluie. C'est poétique, inattendu et fantasque. Et c'est ce qui transpire à la fin de l'écoute des douze compos. On part avec l'idée d'un disque noise, batailleur, alerte et un rien foutraque à la Future Of The Left. A l'arrivée, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Les approches se montrent diversifiées. C'est souvent surprenant rythmiquement ou vocalement quand le chanteur perd sa tonalité nasillarde pour partir dans des envolées plus risquées. Déviant, percutant, fuyant, goguenard, acide, original, pas toujours probant mais avec un vrai vent de fraîcheur soufflant sur un groupe qui laisse une odeur alléchante qu'on suivra dorénavant à la trace.
[publié le 10 décembre 2021]


Pomelo | Validations
Pomelo débarque sans crier gare de Rochester dans l'état de New York avec Validations, un premier album qui ne connaît (pour l'instant ?) que les affres de la version numérique. Et pour valider, on valide sans problème. Un trio pratiquant le noise-rock élégant, sur la retenue, précis, mélancolique parfois mais sachant mettre les taquets quand il faut, aiguiser les angles, faire ressortir l'intensité qui ne manque jamais et des mélodies illuminant un propos emprunt d'un grand classicisme à la Neutrino, voir certaines émotions à la Hoover ou qui a également fait la renommée d'une ville comme Chicago , notamment pour l'esthétique sonore. Et on ne s'en lasse jamais.
[publié le 07 décembre 2021]


Gloop | Crayon Sun
Les deux premiers albums de Gloop avaient eu le droit à une version CD. Crayon Sun ne verra que la couleur de la cassette. Ce n'est franchement pas celle qu'on préfère mais on ne va pas bouder pour autant. Sur les traces de The Tourist et Smiling Lines, le troisième album du trio de Baltimore est une nouvelle salve noise-punk jouissive, spontanée tout en étant encore plus fignolée, retorse, piquante, éclatée, rafraichissante et plus de longueur en bouche. Un groupe qui mériterait vraiment une attention bien plus grande.
[publié le 06 décembre 2021]


Tongues Of Fire | Burn My Body Clean
Tongues Of Fire a publié son premier enregistrement en 2016, un album cassette en 2019 (Everyone Hate Us) mais c'est avec ce nouveau disque cinq titres, Burn My Body Clean (CDEP et cassette sur Godless America) que le groupe d'Asheville en Caroline du Nord semble prendre une dimension supérieure. Aux frontières du punk, noise, indie voir grunge et sa tête de pont Nirvana, Tongues Of Fire a l'accroche très facile, catchy à souhait, le son qui pétarade, presque trop parfois diront les mauvaises langues qui ne sont pas de feu. Mais c'est ultra efficace et faut l'avouer drôlement bien chiadé avec ce qu'il faut de baston, de rudesse, de frénésie, de mélodies piquantes et des rythmiques engendrant une dynamique irrépréssible pour rendre ce disque très attirant. Tongues Of Fire, un nom à noter pour voir ce que ça va donner.
[publié le 02 décembre 2021]


Wipes | Dumpster/You're The Boss 7''
Wipes, c'est deux membres du trio américain Tile. L'habituel guitariste Michael Morekin ayant d'autres chats à fouetter pour l'instant, le batteur Michael Dumoff et le bassiste Ray Gurz ont crée un autre groupe pour ne pas se rouiller. Et pour le recrutement, ils n'ont pas été chercher bien loin. Matt Molchany était le gars qui avait enregistré les deux derniers disques de Tile (Stendell et Come On Home, Stranger). Ça tombe bien, il fait aussi de la guitare et il sait hurler dans un micro. Wipes pouvait ainsi débuter dans la vie. Dumpster et You're The Boss, deux titres taillés dans le même moule noise-punk sludge que Tile avec un surplus de Pissed Jeans, c'est du tout bon. Seul bémol, le single publié par Limited Appeal est déjà out of stock. Sauf si vous êtes un petit malin et que vous l'aviez précommandé avant le 27 août dernier. Et je ne suis pas un petit malin.
[publié le 30 novembre 2021]


Bunsen | Antiface
L'inestimable label finlandais Kaos Kontrol mais qui se fait plus discret en terme de réalisation ces derniers temps a publié cette année Antiface, une cassette quatre titres de leurs compatriotes Bunsen. Un groupe qui avait émis en 2013 et puis plus rien jusqu'en 2021. Un retour qui s'accompagne d'un son fortement marqué par Godflesh, Head Of David ou Pitchshifter, la boite à rytmhe qui cogne le plexus autant que la basse et une ambiance encore plus sombre et poisseuse qu'à Birmingham. Ça sent l'hommage et c'est rudement bien fait. Depuis, Bunsen a publié Lazarean Section, deux nouveaux titres labourant le même terreau fertile en cauchemars et ça s'écoute par ici.
[publié le 26 novembre 2021]


Sneers | Ode To The Past
Tales For Violent Days, le quatrième album de notre très cher duo italien Sneers ne sortira que le 4 mars 2022 sur God Unknown records. Alors pour combler cette longue attente, la vidéo de Ode To The Past, premier extrait réalisé sans trucage. Le duo sera en tournée en France à la même époque.
[publié le 23 novembre 2021]


Grins | Unflattering Angles
La Finlande s'y connaît en noise-rock et le nouveau trio Grins fait honneur au pays. Unflattering Angles, un premier album publié uniquement en version numérique qui va surchauffer quelques processeurs. Si vous voulez rester avec quelques bûcherons locaux, il est possible d'imaginer un croisement entre Baxter Stockman, Hebosagil et Throat, autant dire que du tendre. Une basse centrale et monumentale qui racle et fend la banquise dans un même geste inconsidéré. De la lourdeur, de la laideur, un groove qui prend autant aux tripes qu'il les retourne, une voix qui beugle divinement comme un cerf en rut mais qui sait se faire présentable parfois pour neuf compositions férocement mordantes et sauvages plus une autre, la dernière, qui cache bien son jeu avec son titre (Sleeping Son) et dix minutes qui vont vous faire tenir éveillé toute la nuit. Comme l'ensemble de l'album. Du bien bel ouvrage.
[publié le 20 novembre 2021]


Muscle Vest | Live Laugh Loathe
C'est anglais, c'est enregistré par Wayne Adams, ça a la gueule d'une bonne pioche et c'est effectivement une très bonne pioche qu'on se prend pleine poire. Live Laugh Loathe, une cassette éditée par Prank Monkey records où explosent quatre titres d'un furieux punk-noise-rock par un quintet londonien qui ne fait pas mine de monter au combat. Deux guitares qui tirent dans tous les coins, une rythmique hyperactive en béton et un chanteur déchaîné pour un groupe qui contrôle la bête en eux. Muscle Vest, c'est pas de la frime et ça distribue des pains qu'on espère se multiplier à l'infini.
[publié le 18 novembre 2021]


MTN ISL | Big Question
MTN ISL continue de publier des enregistrements dans une indifférence générale. Excepté les deux premiers ayant bénéficié d'un support vinyle pour le split avec Bodyfather puis le CDEP God Become Animal et le premier album en 2015, tout ce qui a suivi a été sorti sous le manteau en numérique ou en cassette comme ce nouvel album (le cinquième) Big Question. Et je pense que ce groupe d'Atlanta s'en tape royalement de tout ce désintérêt. Un groupe de potes, seule compte la camaraderie, se retrouver pour refaire toujours plus ou moins la même musique avec plus ou moins de bonheur et Big Question figure dans le rayon des belles réussites de MTN ISL. Au carrefour du post-hardcore, du noise-rock et d'un truc plus terreux et poignant avec la bonne grosse voix chaleureuse de Josh Lyner et la dextérité du jeu de batterie de Daniel Deckebach magnifiant le mid-tempo, Big Question est un album à chérir égoïstement dans son coin.
[publié le 10 novembre 2021]


Horror In Clay | Live From Toad Hall
Horror In Clay, c'est la suite logique de Girls Pissing On Girls Pissing, c'est le cauchemar qui continue. Les membres du groupe néo-zélandais se sont dispersés entre le Canada et l'Angleterre. C'est ainsi qu'est né Horror In Clay avec notamment Casey Latimer, son gourou illuminé. Après un premier album en 2019 n'existant que dans le monde virtuel, la troupe revient avec Live From Toad Hall (Muzai records) qui est aussi live que The Fall avec son Live At Witch Trials, soit une cassette six titres dont une version est richement agrémentée d'un artbook illustré par le groupe et à ne pas mettre entre toutes les mains. Si vous êtes familiers des affres étranges de Girls Pissing On Girls Pissing, vous ne serez pas déroutés par Horror In Clay. Vénéneuse beauté, ensorcelantes mélodies, chants d'inquiétantes sirènes capables de hurler leur désespoir sans prévenir (Last Of The Summer Whining), Horror In Clay revient aux fondamentaux, ténébreux et dur tableau d'un monde en lambeaux. Magie noire.
[publié le 08 novembre 2021]


Girls In Synthesis | Pulling Teeth
Très productif Girls In Synthesis. Après le récent Shift In State, un album l'année dernière et pléthore de singles, le trio londonien revient avec un inédit de neuf minutes trente, rien que ça. Aucune idée de ce que le groupe va faire de Pulling Teeth, s'il se retrouvera plus tard sur un album mais en attendant, il serait vraiment dommage de passer à coté d'une compo à la longueur inédite pour Girls In Synthesis, sans temps mort, sans remplissage, qui ressemble à ce que le trio fait habituellement tout en étirant le fil de leur furie qui était jusque là très condensé, leur ouvrant ainsi de nouvelles possibilités plus expérimentales pour le futur d'un groupe qu'on surveille de près.
[publié le 06 novembre 2021]


TRVSS | Instant Drugs
Des nouvelles de Trvss, trio de Pittsburgh dont l'album New Distances est encore tout frais en mémoire. Et c'est pas un misérable confinement qui va leur faire peur. Instant Drugs est un nouveau titre instantanément addictif qui vous enfume direct, une raclée noise-rock en bonne et due forme avec un final hallucinatoire, une preuve supplémentaire à leur dossier que ce groupe devient un incontournable. Vivement la suite.
[publié le 05 novembre 2021]


Bronson Arm | Tosser
Kalamazoo dans le Michigan vient de donner naissance à un nouveau groupe, Bronson Arm et c'est un duo. Guitare baryton/chant (Blake Bickel) et batterie (Garrett Yates) dont les débuts se font modestement sur une cassette cinq titres édités par Off White House records mais sur Tosser, tout est déjà bon. Une approche du noise-rock à la Vaz, c'est plein de finesses et de malices, de dissonances post-punk, anguleux juste ce qu'il faut et des idées qui sortent du lot pour donner de la personnalité à un groupe qu'il va être sacrément intéressant de suivre.
[publié le 02 novembre 2021]


Stuck | Content That Makes You Feel Good
Change Is Bad, le premier album de Stuck, avait mis tout le monde d'accord. Le groupe de Chicago revient avec cinq titres, Content That Makes You Feel Good (Exploding In Sound records) et prouve que c'était pas un coup de chance. Toujours cette qualité scandaleuse pour écrire des morceaux imparables entre post-punk et noise-rock justifiant parfaitement le nom de cette cassette. Stuck vous fait du bien, faut juste que le groupe pense à sortir son contenu sous un autre format que la cassette et le bonheur sera total.
[publié le 23 octobre 2021]


Totally Unicorn | Yeah, Coach
Se méfier des licornes, toujours, surtout si elles viennent d'Australie. Totally Unicorn donne des nouvelles, deux ans après leur premier album Sorry. Yeah, Coach est le troisième nouveau titre que le quatuor de Sydney donne en pâture en 2021. Il est agrémenté d'une vidéo. Et si j'étais coach de vie, j'éviterais de croiser la route du chanteur de Totally Unicorn. Sauf si vous aimez les voyages en brouette. Tout ça sent un nouvel album et ça s'annonce grandiose. Yeah yeah yeah, yeah yeah yeah yeah.
[publié le 21 octobre 2021]


Enola Gay | Gransha EP
Un tour à Belfast avec Enola Gay dont on ne sait pas si c'est un hommage au tube du groupe 80's Orchestral Manoeuvres In The Dark, au bombardier ou à rien de tout ça. Ce qui est sûr, c'est que Gransha est un EP quatre titres tout numérique qui mélange avec bonheur noise-rock élancé, post-punk rageur et phrasé hip-hop à la Show Me The Body avec des stridences industrielles et une basse irrésistible. Tout ce qu'il faut pour se faire un nom qui fera penser à rien d'autre qu'à eux-mêmes.
[publié le 21 octobre 2021]


The Byker Grove Fan Club
Aucune idée si l'enregistrement de ces cinq titres sortira un jour dans la vraie vie. En attendant, profitez des débuts de The Byker Grove Fan Club, nouveau trio de Bristol fracassant le noise-rock avec une belle application, des convulsions maitrisées et du doigté pour parfois rendre cette rage très émouvante. Un nouveau groupe anglais à suivre.
[publié le 16 octobre 2021]


Thought Partner | Work Cake
En direct de Boston, Thought Partner a sorti confidentiellement Work Cake, un premier album qui ne connaît que le support cassette. Et qui aurait mérité meilleur sort tant son noise-rock déviant teinté par une approche plus (post) punk, expérimentale, au cordeau avec les ondes d'un synthé se mélangeant aux fines dissonances est un début dans la vie très enthousiasmant. Retenez ce nom et reprenez une part de gâteau.
[publié le 10 octobre 2021]


Searing Arrow | Distress Signals
Le premier album Paranoid Fiction est hélas totalement passé inaperçu. Le second, Distress Signals, qui lui ne bénéficie qu'une sortie numérique contrairement à son prédécesseur pressé en vinyle à la somme astronomique de 100 exemplaires, va connaître un sort encore pire. P&F va donc y aller de son petit couplet pour attirer votre attention déjà fortement sollicitée sur ce groupe Texan avec un ex-Black Congress dans ses rangs. Parce que cette mixture de post-punk âpre, tendu et death-rock teigneux possède un beau brin de classe. Il existe bien un ou deux morceaux chelous et anachroniques mais Distress Signals est une nouvelle fois une offrande fortement délectable.
[publié le 09 octobre 2021]


Cere | Endless Days
Six titres pour débuter dans la vie, six titres qui marquent d'entrée. Cere est un trio belge (Bruxelles) et ce mélange de noise-rock passionné, d'émotions rageuses et d'un post-punk agité et chaud dans les angles ne laisse vraiment pas insensible, à l'instar des morceaux Umbrellas et Roses qui sont plus qu'un superbe bouquet final mais une belle claque en bonne et due forme (de tempête sous un crâne). Endless Days est sorti en numérique uniquement par l'intermédiaire de Black Basset records.
[publié le 06 octobre 2021]


Garbage Collector |1988
Réédition vinyle d'un groupe pionnier de la scène noise française à la fin des années 80. Si vous fréquentez régulièrement les pages de ce site, Garbage Collector n'a plus de secret pour vous. Une Oldies, un The Art of Losing (avec aussi le CDEP qui suivra cet album) et une interview. On en rajoute donc une couche par l'intermédiaire de Replica records, label de Metz, qui s'est occupé du cas du groupe de Longwy. C'était dans l'air du temps depuis un bail. Cette réédition voit enfin le jour agrémentée d'un coupon de téléchargement avec six titres de cet album appelé 1988 en version démo. Toujours aussi incontournable.
[publié le 05 octobre 2021]


Shallow North Dakota, Ken Mode, Kowloon Walled City
En début d'année, un vinyle comprenant Ken Mode, Kowloon Walled City et Shallow North Dakota a été publié. Il aurait été préférable de ne jamais le voir. Un disque pour aider Tony Jacome, le batteur de Shallow North Dakota qui venait de se faire diagnostiquer un cancer du pancréas, afin de récolter des fonds dans ce système de santé américain impitoyable. Hélas, on vient tout juste d'apprendre que Tony est décédé. Reste ce beau disque, cet élan de solidarité avec Ken Mode et Kowloon Walled City qui reprennent un morceau de Shallow North Dakota, ces derniers offrant aussi un inédit. Vous pouvez aussi faire un tour sur le bandcamp de SND et découvrir ce groupe canadien qui avait sévit dans les années 90 avant de réapparaître en 2004 avec l'album Mob Wheel. Un mélange de Helmet, Tad et d'un truc encore plus lourd. C'est du brutal, comme ce putain de cancer.
[publié le 05 octobre 2021]



Poster Split | Exhalants, Moon Pussy, Most Efficient Women, Dug
C'est un poster de Ethan A. Hahn que vous pouvez acheter. C'est surtout sept inédits de quatre groupes en vue dont vous pouvez vous gaver. Exhalants nous gratifie de Void, titre fleuve de dix minutes qui laisse pantois. Moon Pussy - dont l'album publié l'année dernière dans une indifférence un peu trop forte alors que c'était un summum de noise-rock - démontre toute sa dextérité avec Splice et Erasure délicieusement mordants et acerbes. Dug, duo avec Travis Kuhlman, le batteur de feu-Buildings, passe à la vitesse supérieure avec deux morceaux plus convaincants que l'album sorti quelques mois auparavant, notamment avec le génialement angoissant I Have The Right To Destroy Info Myself. Quant à Most Efficient Women, il est le groupe le moins connu mais pas le moins doué pour nous percer divinement les tympans d'un noise-rock affriolant. Un Poster Split numérique, format on ne peut plus étrange mais c'est pour la bonne cause et elle se nomme Lilith Fund.
[publié le 02 octobre 2021]


MoE | interview + 1st preview track from The Crone
Veil of Sound est un webzine basé en Allemagne mais de langue anglaise. Ils ont eu la très bonne idée d'interviewer les Norvégiens de MoE dont Perte & Fracas n'arrête pas de vanter les mérites à la moindre occasion. Et là, c'est coup double car en plus d'apprendre plein de choses sur eux, on peut écouter en avant-première un morceau de The Crone, le prochain album de MoE qui ne sortira qu'en 2022. 9 minutes 17 dans les gencives pour notre plus grand bonheur et qui augure du meilleur. Encore une fois avec MoE.
[publié le 02 octobre 2021]

Interview with MoE + preview track

Yellow Bulb | Data Reject
Buildings n'est plus mais le batteur Travis Kuhlman reste très actif. Outre Dug, il n'est pas resté les bras croisés pendant le confinement et a également formé Yellow Bulb avec Drew Haddon. Une première cassette du nom de Data Reject a été publié par Stickfigure records en juin. Avec la collaboration de Jake Cregger (batteur de Multicult) et Chris Besinger, impayable chanteur de Stnnng, vous pouviez envisager une bonne branlée noise-rock dans les règles. C'est un tort. L'ambiance est à l'expérimental, à l'électronique grouillante, la noise-indus, le ryhme sous toutes ses formes et souvent barré, le sample angoissant et les synthés analogiques pleins de mauvaises intentions. C'est pas simple, ça sent le cauchemar et c'est pas inintéressant.
[publié le 02 octobre 2021]


Ash Mouth | Infinity Land
Minneapolis, toujours aussi prolifique quand il s'agit de fournir sa dose de groupes noise-rock cintrés sur les bords. Les derniers nés s'appellent Ash Mouth et leur première cassette Guess We're Born ? publiée par le désormais incontournable label The Ghost Is Clear est une belle invitation à se laisser aller à des mouvements inconsidérés et des propos déplacés parce que ça sent l'huile de moteur et le cuir tanné. Un quintet qui demande déjà toute votre saine considération.



Dans le même ordre d'idée qui est de vous déboussoler et vous les faire perdre (les idées), Infinity Land se pose comme un bel exemple de noise-rock agité du bocal, velu, aussi carré que vicieux, incontrôlable, prêt pour vaincre tous les assauts et franchement bon. The Ghost Is Clear a publié cette année deux cassettes. Quatre titres en mai, Honest Comedy, et une pochette stressante. Et Under Light, split tape avec Virgin Mother et Heel Turn, deux autres groupes qui n'arrivent pas à la cheville de Infinity Land.
[publié le 02 octobre 2021]



Death Eyes
A l’écoute des trois titres de State Of Fear, Death Eyes s’apprêtait à sortir un album qui allait tout casser sur son passage. Hélas, c’est surtout la grande faucheuse qui est passée. Le chanteur Alberto Jurado est décédé en janvier 2020 pendant l’enregistrement de l’album. Ne reste plus que ces trois compos que Three One G a publié en juillet dernier uniquement en format digital. De quoi raviver encore un peu plus les regrets car ce punk-noise avec ce ton acerbe de Jurado est grandiose, bien mieux que ce que Death Eyes avait fait auparavant, c’est à dire un self-titled en 2015 et le 7’’ Si La Revancha Fuera Una Opcion en 2017. State Of Fear pour la postérité.
[publié le 02 octobre 2021]