Dernières chroniques | Recent reviews
publié le 01 décembre 2021  
S:Bahn
Queen Of Diamonds
 
publié le 30 novembre 2021 publié le 28 novembre 2021
John
Nocturnal Manoeuvres
Melt Downer
III
publié le 26 novembre 2021 publié le 22 novembre 2021
Modecenter
s/t
Sofa
Source Crossfire 1995-1997
publié le 20 novembre 2021 publié le 20 novembre 2021
Coilguns
Shunners/Burrows
Hoaries
Broward County
publié le 19 novembre 2021 publié le 17 novembre 2021
Kowloon Walled City
Piecework
Cherubs
Slo Blo 4 Frnz & SXY
publié le 16 novembre 2021 publié le 14 novembre 2021
Partaker
What Falls From The Lion’s Mouth
Alexis Marshall
House Of Lull. House Of When
publié le 13 novembre 2021 publié le 13 novembre 2021
À Terre
Notre Ciel Noir
Von Stroheim
The Beautiful, Not The Damned
publié le 11 novembre 2021 publié le 09 novembre 2021
X’ed Out
We All Do Wrong
Predator
Spiral Unfolds
publié le 08 novembre 2021 publié le 04 novembre 2021
Macros/Yes I’m Leaving
Brain Tattoo/Worse
The International Debt
New Optimism
publié le 03 novembre 2021 publié le 24 octobre 2021
N0V3L
Non-Fiction
The Flying Luttenbachers
Negative Infinity
publié le 22 octobre 2021 publié le 19 octobre 2021
Hey!Tonal
s/t
Milkilo
Abandon
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The Art of Self-Defense
Tongues Of Fire | Burn My Body Clean
Tongues Of Fire a publié son premier enregistrement en 2016, un album cassette en 2019 (Everyone Hate Us) mais c'est avec ce nouveau disque cinq titres, Burn My Body Clean (CDEP et cassette sur Godless America) que le groupe d'Asheville en Caroline du Nord semble prendre une dimension supérieure. Aux frontières du punk, noise, indie voir grunge et sa tête de pont Nirvana, Tongues Of Fire a l'accroche très facile, catchy à souhait, le son qui pétarade, presque trop parfois diront les mauvaises langues qui ne sont pas de feu. Mais c'est ultra efficace et faut l'avouer drôlement bien chiadé avec ce qu'il faut de baston, de rudesse, de frénésie, de mélodies piquantes et des rythmiques engendrant une dynamique irrépréssible pour rendre ce disque très attirant. Tongues Of Fire, un nom à noter pour voir ce que ça va donner.
[publié le 02 décembre 2021]

Wipes | Dumpster/You're The Boss 7''
Wipes, c'est deux membres du trio américain Tile. L'habituel guitariste Michael Morekin ayant d'autres chats à fouetter pour l'instant, le batteur Michael Dumoff et le bassiste Ray Gurz ont crée un autre groupe pour ne pas se rouiller. Et pour le recrutement, ils n'ont pas été chercher bien loin. Matt Molchany était le gars qui avait enregistré les deux derniers disques de Tile (Stendell et Come On Home, Stranger). Ça tombe bien, il fait aussi de la guitare et il sait hurler dans un micro. Wipes pouvait ainsi débuter dans la vie. Dumpster et You're The Boss, deux titres taillés dans le même moule noise-punk sludge que Tile avec un surplus de Pissed Jeans, c'est du tout bon. Seul bémol, le single publié par Limited Appeal est déjà out of stock. Sauf si vous êtes un petit malin et que vous l'aviez précommandé avant le 27 août dernier. Et je ne suis pas un petit malin.
[publié le 30 novembre 2021]

Bunsen | Antiface
L'inestimable label finlandais Kaos Kontrol mais qui se fait plus discret en terme de réalisation ces derniers temps a publié cette année Antiface, une cassette quatre titres de leurs compatriotes Bunsen. Un groupe qui avait émis en 2013 et puis plus rien jusqu'en 2021. Un retour qui s'accompagne d'un son fortement marqué par Godflesh, Head Of David ou Pitchshifter, la boite à rytmhe qui cogne le plexus autant que la basse et une ambiance encore plus sombre et poisseuse qu'à Birmingham. Ça sent l'hommage et c'est rudement bien fait. Depuis, Bunsen a publié Lazarean Section, deux nouveaux titres labourant le même terreau fertile en cauchemars et ça s'écoute par ici.
[publié le 26 novembre 2021]

Sneers | Ode To The Past
Tales For Violent Days, le quatrième album de notre très cher duo italien Sneers ne sortira que le 4 mars 2022 sur God Unknown records. Alors pour combler cette longue attente, la vidéo de Ode To The Past, premier extrait réalisé sans trucage. Le duo sera en tournée en France à la même époque.
[publié le 23 novembre 2021]

Grins | Unflattering Angles
La Finlande s'y connaît en noise-rock et le nouveau trio Grins fait honneur au pays. Unflattering Angles, un premier album publié uniquement en version numérique qui va surchauffer quelques processeurs. Si vous voulez rester avec quelques bûcherons locaux, il est possible d'imaginer un croisement entre Baxter Stockman, Hebosagil et Throat, autant dire que du tendre. Une basse centrale et monumentale qui racle et fend la banquise dans un même geste inconsidéré. De la lourdeur, de la laideur, un groove qui prend autant aux tripes qu'il les retourne, une voix qui beugle divinement comme un cerf en rut mais qui sait se faire présentable parfois pour neuf compositions férocement mordantes et sauvages plus une autre, la dernière, qui cache bien son jeu avec son titre (Sleeping Son) et dix minutes qui vont vous faire tenir éveillé toute la nuit. Comme l'ensemble de l'album. Du bien bel ouvrage.
[publié le 20 novembre 2021]

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The Art of Losing (+)
Sweep The Leg Johnny
4 9 21 30 - CD
Divot records 1997
Tomorrow Will Run Faster - CD
Southern records 1999
[publié le 27 novembre 2021]



Cet article peut commencer de la même façon que celui sur Rumah Sakit, à savoir que la récente chronique de Hey Tonal! a mis en lumière qu’il est question nulle part sur ce site de Sweep The Leg Johnny, autre groupe avec Mitch Cheney bien qu’il ne soit présent que sur le dernier des quatre albums du groupe de Chicago. Les premières traces vinyliques remontent à 1995. Un split single avec Streganona (??) et New Buffalo, un 7’’ en 1996 sur Divot records dont deux des trois titres, Insomnia Pays et In The Shade Of The House se retrouvent sur un premier album alignant une mystérieuse suite de chiffres et nombres : 4 9 21 30. Peut-être tout simplement le jour de naissance des quatre membres puisque qu’on les retrouve accolés devant chacun de leurs noms à l’intérieur du livret. Un groupe qui a toujours eu le fondement entre plusieurs assises, hybride et indéfinissable avec la présence d’un saxophone, celui que maniait à temps plein le chanteur Steve Sostak. Mais pas seulement à cause (ou grâce à lui). Punk, arty, jazzy voir jazzcore, math-rock sur les bords et un peu noise à la périphérie, vous pourrez toujours graviter autour du pot, vous ne trouverez jamais le centre. Alors laissez-vous malmener par ces salves aussi saccadées qu’entraînantes, cette magnifique batterie qui claque, des mélodies qui tournent au vinaigre et se font souffler dans les bronches et agresser, ces longues envolées qui n’hésitent pas à prendre la tangente, cette énergie hardcore ne manquant jamais d’élégance de la part d’un groupe qui a toujours su évoluer hors des sentiers battus et rebattus.

:: download 4 9 20 31 CD

info : 4 Steve Sostak saxophone, vocals. 21 Scott Anna drums. 30 Chris Daly guitar. 9 Matt Alicea bass, vocals. Produced and engineered by Kurt Ackerman at Kingsize Sound Lab, Chicago. Design/illustration by Mike Griffin.







Seulement cinq compositions viennent agrémenter Tomorrow Will Run Faster, sublime titre (tiré de Gatsby le Magnifique de Scott Fitzgerald) dont la pochette est (quasi) identique à celle du River Of Souls de Clikatat Ikatowi. Une photo à l’origine d’un certain Chris Mangulabnan. Le bassiste Matt Alicea a été remplacé par John Brady, un ex-Swing Kids et Spanakorzo (la connexion Three One G records) et d’ailleurs Skin, le dernier titre, est une reprise de Spanakorzo. Sweep The Leg Johnny reste toujours insaisissable, en profite même pour aggraver les reliefs dans des morceaux rallongeant le tir et la complexité bien que la fluidité de l’ensemble ne se démente jamais. Sweep The Leg Johnny n’a jamais été à un paradoxe près. Le point culminant se nomme Rest Stop. Un quart d’heure ébouriffant avec une montée finale majestueuse. Tomorrow Will Run Faster et Sweep The Leg Johnny ne sera jamais une perte de temps.

:: download Tomorrow Will Run Faster CD

info : Christopher guitar. John bass. Scott drums. Steven saxophone and voice. Recorded by Greg Norman at Ear , Chicago. Design by Rebecca Jane Gleason. Layout by Craig Ackerman and B. Case at 7 Lucky 7. Mastered at Abbey Road, London. Photography by Chris Mangulabnan.







 
Rumah Sakit
s/t - LP
Temporary Residence records 2000
Obscured By Clowns - CD
Temporary Residence records 2002
[publié le 12 novembre 2021]



La récente réédition de Hey!Tonal a mis en lumière le fait qu’il était question nulle part sur ce site de Rumah Sakit. Une erreur à réparer dans les plus brefs délais. Le dénominateur commun à ces deux groupes s’appelle Mitch Cheney, guitariste de son état. Nous sommes en 2000, pas loin d’être l’année ou du moins la période de l’apogée du math-rock instrumental. Don Caballero vient de sortir son quatrième album, Oxes son premier, American Heritage est en pleine bourre, Hella s’y mettra deux ans plus tard. Ainsi qu’une palanquée d’autres groupes qui sont restés à l’écart de trop de reconnaissance. Parce que ça bouchonnait grave et que tous n’avaient pas été touché par la grâce. Rumah Sakit fait cependant partie du haut du panier avec deux albums sur Temporary Residence dont ce premier self-titled évoluant sur la face plus atmosphérique du math-rock. C’est d’ailleurs le groupe de San Francisco qui le dit lui même dans les notes de pochettes : This album was recorded with an ambient philosophy. Un album qui a été enregistré avec l’acoustique naturelle du studio, selon un placement savant des micros, sans overdubs ou autres effets artificiels. Il en résulte six longues pièces où la technique des musiciens se met au service d’ambiances plus mélancoliques ou travaillées dans la finesse. La complexité n’est plus un obstacle et la dimension rock arrive même à s’estomper dans des structures pleines d’élégance, de spleen, des mélodies qui se dévoilent en douceur, une nervosité marchant sur une crête tendue et quelques accélérations foudroyantes (Careful With That Fax Machine). Un math-rock avec un feeling jazzy, des incartades free et beaucoup de doigté pour que tout coule de source.

:: download s/t LP

info : 33rpm, gatefold sleeve with poster. This album was recorded at the Music Annex in Menlo Park, CA. This album was engineered and mixed by Jay Pellicci and Ian Pellicci in Studios A and C at the Music Annex in Menlo Park, CA. This album was produced by Jeremy deVine, Scott Campbell and Rumah Sakit. This album was mastered by Don Grossinger at Europadisk, NYC. This album's artwork was created by Jeremiah Maddock. This album was recorded with an ambient philosophy, no overdubs and no "tricks". This album contains stereo phasing elements that were executed by mic placement and the room's natural dynamic. This album contains a track from a piano in the corner of the room that Mitch walked over to his guitar from without overdubbing. Kenseth-bass. Mitch-guitar. Jeff-drums. John-guitar.





En 2002, Rumah Sakit (ça signifie hôpital en indonésien) sort son second et ultime album avec Obscured By Clowns (la version vinyle est sur Sickroom records, le propre label de Cheney), un dérivé du Obscured By Clouds de Pink Floyd. Rassurez-vous, Rumah Sakit n’a pas viré psychédélique. La mouvance math-post-rock jazzy continue de crépiter tout au long des neuf compositions (dont deux enregistrées pendant un concert). Avec un peu plus de nerf, des parties fines qui filent au vent, des mélodies qui montent en boucle, plus classe que jamais, des répétitions qui ne font pas tourner chèvre mais une intensité permettant de toujours rester sur le qui-vive (No Ones Like A Grumpy Cripple) tout en conservant des accalmies tristounes. Et au beau milieu, la pièce maîtresse de dix minutes qui a donné son nom à l’album parce que Rumah Sakit maîtrisait complètement son art.
Entre les deux albums, Rumah Sakit a publié un quatre titres sous le nom de Travels In Constants Volume 11, une série initiée par Temporary Residence. Et toujours en 2002, un double live en compagnie de Sweep The Leg Johnny, autre groupe auquel a participé Cheney, a été publié ainsi qu’un autre album live, Live At The Bottom Hill, SF, CA sur Errol records. Mais avec ces deux albums, vous aurez déjà fort à faire et une bonne idée de quoi était capable Rumah Sakit dont le bassiste Kenseth Thibideau évoluera plus tard avec les grandioses Sleeping People.


:: download obscured by clowns CD

info : Jeff Shannon drums. Kenseth Thibideau bass. John Baez guitar. Mitch Cheney guitar. Mastered by Trevor Kampmann and Jeremy Devine. 1234569 recorded by Jay Pellicci, Ian Pellicci and Ron K. at Radical House, SF, CA, USA. 78 recorded by John Karr on the 4th of July 2000 at the Bottom of the Hill, SF, CA, USA. Artwork by Jeremiah Maddock.



 
Engine Kid
Astronaut - CDEP
C/Z records 1993
[publié le 24 octobre 2021]



2021 aura été une année du souvenir pour Engine Kid qui n’existe plus depuis 1997. Le groupe de Greg Anderson aura vu fleurir sur sa tombe trois compilations. C’est d’abord Southern Lord, le propre label d’Anderson, qui a publié Everything Left Inside, un volumineux coffret de six vinyles reprenant l’intégralité de la discographie du trio de Seattle. C’est à dire les deux albums Bear Catching Fish et Angel Wings, trois singles, les deux splits avec Iceburn et Silkworm et différents morceaux égarés sur des compilations. Puis ce fût le cas également pour le label japonais Daymare records sous la forme de deux coffrets double-CDs reprenant la quasi totalité de l’œuvre du Kid. The Art of Losing y va donc aussi de son rappel avec Astronaut, un EP quatre titres qui faisait le lien entre l’ancien Engine Kid, celui plus pop et posé de Bear Catching Fish et celui de la transfiguration, l’énorme Angel Wings, le disque d’Engine Kid qu’il vous faut absolument. Astronaut combinait ainsi les deux aspects mais s’il reste mémorable, c’est surtout pour un seul morceau, le dénommé Furnace, sous-titré If I Were Your Mother I’d Kill You I’m Insane. Oui, rien qu’ça. Les mauvais langues disent que c’est le meilleur morceau jamais écrit par Slint. Qu’importe, Engine Kid, qui ne s’était jamais caché de son amour pour Slint, sublime le style, magnifie la tension entre parties mélancoliques et déflagrations et une puissance qui retournent le cerveau et annonciatrices d’Angel Wings. Six minutes toujours aussi grandioses. Mais les deux titres ouvrant le CD qui existe aussi en version single (mais sans Furnace, autant dire qu’il perd énormément de son intérêt), Astronaut et Treasure Chest (The Liver Is (The Cock’s Comb)) ne sont pas dénués d’intérêt. Ils reprennent les mêmes ingrédients, l’impact est juste (beaucoup) moins fort. Et pour la route, Engine Kid se fend d’une reprise de Neil Young, The Needle, et dont le véritable titre est The Needle And The Damage Done. Un hommage à deux amis de Neil Young qui ont succombé à des overdoses et dont la profonde tristesse est électrisée par la version d’Engine Kid qui s’en sort très bien. Une reprise poignante qui fait désormais écho bien des années plus tard, en 2006, à la mort de Chris Vandebrooke, assassiné dans un campement de sans-abri à Los Angeles, lui qui fût le batteur originel du Kid sur le 7’’ Novocaine, Bear Catching Fish et Astronaut qui se termine par un long blanc suivi de vains bruitages.

:: download Astronaut CDEP

info : cd cardsleeve. Recorded at Music Source by John Goodmanson.

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