Dernières chroniques | Last reviews
publié le 20 septembre 2023  
Xiu Xiu
Ignore Grief
 
publié le 18 septembre 2023 publié le 17 septembre 2023
The Poison Arrows
Crime And Soda
Aversions
You Wanted The Bike
publié le 16 septembre 2023 publié le 14 septembre 2023
Bau
Indifferentemente
Nothingheads
Sunlit Uplands
publié le 14 septembre 2023 publié le 11 septembre 2023
Ronker
Self Loathing Self Help
Alpha Strategy
Staple My Hand To Yours
publié le 08 septembre 2023 publié le 07 septembre 2023
The Shits & Louse
The Red Room Collection Volume 1
The Shits
You’re A Mess
publié le 06 septembre 2023 publié le 05 septembre 2023
Glittering Insects
s/t
Terms
All Becomes Indistinct
publié le 03 septembre 2023 publié le 03 septembre 2023
Big Clown
Beatdown 7’’
Science Man
Mince’s Cane 7’’
publié le 02 septembre 2023 publié le 02 septembre 2023
Thank
Torture Cube 7’’
Beige Palace + Cassels
Waterloo Sublet + About Not Writing 7’’
publié le 01 septembre 2023 publié le 29 août 2023
Drag Pattern
Demo 7’’
Jeromes Dream
The Gray In Between
publié le 26 août 2023 publié le 26 août 2023
NETN
s/t
Ape Unit
Filth
publié le 24 août 2023 publié le 21 août 2023
Trombe
Cheval Rodeo
The Pleasure Majenta
Looming, The Spindle
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The Art of Self-Defense
Mclusky / Unpopular Parts Of A Pig
Mclusky revient parmi les siens. 18 ans plus tard. Le nouvel album est pour l'année prochaine. Mais enregistrer, ça coûte des sous. Alors Mclusky aimerait une avance. Du coup, le groupe anglais a mis quatre titres en ligne du futur album car la moitié a déjà été mis en boite. Et que l'autre moitié devrait suivre rapidement. Parce que Mclusky n'a pas perdu la main et ces quatre nouveaux morceaux le prouvent. Faut dire que Andy Falkous n'avait pas perdu son temps et gardé la forme avec Future Of The Left et Christian Fitness. Au fait, tout est bon dans le cochon.
[publié le 14 septembre 2023]

Cere / Healing Fires
Deuxième sortie pour le trio belge Cere, Healing Fires confirme tous les bienfaits que ce noise-rock fulminant peut procurer après Endless Days en 2021. Avec de nombreuses déclinaisons. Comme le titre d'ouverture Wheels qui commence avec un faux air de Hot Snakes particulièrement urgent puis prend une tournure plus noise, dure et s'embrase dans des sonorités plus post-punk avec toujours une furieuse intensité en fil rouge. Quatre titres marqués par la vélocité, à la limite de la transe parfois, la soif d'en découdre, la course poursuite. Ce qui n'excluent pas les mélodies, les répétitions qui se déchirent dans de belles envolées intensément poignantes. Et pour conclure, les presque huit minutes d'un Croupier éclaté qui en font voir de toutes les couleurs et montrent que Cere a plus d'un tour dans son sac en matière de bruit à toutes les sauces qu'il maîtrise parfaitement. Cere s'est fendu d'un CD (digisleeve) alors n'hésitez pas, c'est du très bon.
[publié le 09 septembre 2023]

Bastard Salt / Secret Moon
Bastard Salt, joli nom épicé en provenance de Portland. Un noise-rock des plus costaud, solidement charpenté et alimenté en puissance qui fait suite à Bad Magic, un premier album (virtuel) en 2019, ne présentant pas la même consistance. Bastard Salt a relevé tous les curseurs, du volume et de l'intensité. Ça tape plus durement, ça se lâche, ça gonfle les pectoraux sans esbroufe pour quatre titres formant un Secret Moon étincelant.
[publié le 08 septembre 2023]

The Hand / Vol. 5
The Hand revient dans le jeu. Cinq ans après When All Of The Shit Hits All Of The Fans, le trio basé à Minneapolis avec Zak Sally (Low), Dale Flattum (Steel Pole Bath Tube) et un nouveau batteur (Kal Tebeest) sort un Vol.5 de leurs péripéties en dilettante. Trois inédits qui les montrent toujours aussi fondants et faciles dans les mélodies, c'est finement noisy et écorché, tendu et sombre juste ce qu'il faut.
Douce magie. The Hand n'a pas perdu la main. On peut même dire qu'elle est toujours aussi verte.
[publié le 31 août 2023]

Means Of Entry/ means of entry
Means Of Entry, c'est la division sculpteur de paysages sonores noise, celle qui transforme la matière brute en une procession électrique dense, aussi tumultueuse que déchirante, traversée par une multitude d'éclairs abrasifs, de feedbacks et de remous se fracassant sans cesse contre un amas de meurtrissures. C'est beau, c'est lourd, ça rend sourd. Un nouveau groupe de Lansing (Michigan) avec le chant de la bassiste Audrey Rose qui vient régulièrement susurrer à l'oreille ou la remplir d'un trop plein de frustration pour rendre l'air encore plus insoutenable. Une rythmique puissante, deux guitares comme des vagues de ronces sachant distiller de profondes entailles mélodiques pour laisser échapper le spleen puis repartir à l'assaut dont les douze minutes de The Spectator sont un grandiose numéro de haute voltige au-dessus d'un gouffre insondable. Cinq compos pour une entrée fracassante dans le monde du noise-rock au sens très large du terme.
[publié le 30 août 2023]

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The Art of Losing (+)
Kurt
s/t - CD
X-Mist records 1996
[publié le 10 septembre 2023]



Hommage à Armin Hofmann, le grand manitou du label et mailorder allemand X-Mist décédé le quinze août dernier. Armin, c’était toute une partie de notre amour pour la musique qui lui était associée avec tous ces disques qu’il distribuait depuis si longtemps et qu’on ne trouvait nulle part ailleurs en Europe. Armin faisait partie de notre décor. Avec lui, c’est tout un pan de notre jeunesse qui disparaît. Et qui ne va pas faciliter le présent car des gars comme lui qui écrivait ses propres descriptions de disques et ne recopiait pas les bios des groupes/labels, des gars intègres et passionnés ne cherchant jamais à se mettre en avant, ça ne court plus les rues. Et si un disque se révèle fortement emblématique de X-Mist records, c’est bien le premier album de Kurt. Quand il est sorti en 1996, ce fût un véritable tsunami, une déflagration qu’on avait pas vu venir. Kurt n’avait pourtant pas inventé la poudre. Mais le trio originaire de la Forêt-Noire allemande composé de Denis Erath, Armin Nagel et Frank Otto la magnifiait mieux que personne et en jetait plein la vue. Un noise-rock hyper tendu et urgent, une rythmique intraitable et super véloce, des mélodies qui vous cueillaient sans fard, les sept titres seulement de ce premier album étaient dingues. Entendre une nouvelle fois Car Drive qui a servi de générique pendant des années à l’émission de radio Kérozène quand les studios de Canal B se trouvaient encore à Bruz après une belle mise en chauffe dans la fastcar. Se prendre les cinq minutes de Stroll Down Memory Lane et se retrouver en apnée. Se rouler par terre quand Minerals débarque. Tout concourt à ancrer ce disque dans les mémoires pour toujours.
Techniquement parlant, si c’est un vinyle que vous voyez à l’écran, c’est la version CD que propose le téléchargement. Un CD (que vous pouvez voir à l’image sur la chronique de l’époque) publié trois ans plus tard, en 1999 avec des titres bonus. Les sept premiers correspondent à l’album. Wall et Groundless sont deux inédits. Community, enregistré en même temps que l’album, figurait sur la compilation sorti par Mus-Le-Pupp en 97, Vita Dez 94 - Feb 96 In Memoriam, soient les dates de vie d’un centre culturel à Bad Säckingen et comme cette compile n’a jamais été entendu, c’est comme un inédit. Ce qui est exactement le cas de Franklin, un titre figurant sur la compilation de X-Mist For Want Of… en 1995, un double single avec aussi In-Humanity, Torches To Rome ou Christie Front Drive. Et le petit dernier pour la route, Stifling, issu du premier 45 tours de Kurt que -273° records avait publié en 1994. Et comme Kurt ne s’est jamais moqué de personne et ne sait pas faire les choses au rabais, tous ces titres supplémentaires sont d’excellente facture, d’où un CD aussi indispensable que le vinyle.


download s/t LP + bonus

info : 33 rpm, 7 inserts pics with lyrics. Kurt : Frank, Denis, Armin. Aufgenommen in Phase 4 mit Fritz am 19.-21.07.96. Abgemischt am 27.-28.07.96.

 
Mazey Fade
Secret Watchers Built The World - CD
Domino records 1994
Draco's Light - LP
Marginal Communication records 1995
Not Good Radio - 10''

Domino records 1995
[publié le 27 août 2023]



Il avait déjà été question de Mazey Fade treize ans auparavant à l’occasion de deux singles, dont un très rare puisque jamais publié. Il est donc temps de compléter et conclure l’histoire avec le reste de la discographie du groupe de Liverpool. Un trio avec Chris Lee (guitare, chant), Tony Lee (chant, claviers) et Terry Green (batterie). Et Secret Watchers Built The World, le premier album paru en 94 sur Domino records, reste leur plus beau coup. Un noise-punk fougueux et jubilatoire, autant foutraque que terriblement mordant et tapageur, une vague constante et convulsive qui vous emporte sans jamais faiblir. La comparaison avec Trumans Water à l’époque était sans doute un peu abusive mais Mazey Fade avait dans les gènes cette folie débordante et contagieuse. Avec un clavier utilisé comme une seconde guitare ou une basse et parfois produisant de vrais sons de claviers (Touchdown), Secret Watchers Built The World, produit par John Robb (The Membranes), a su garder son caractère urgent, intense et accrocheur avec un bouquet de morceaux toujours irrésistibles (Dumb Cripple Tag, Gastronomy, Anastesia et le long final Pacemakers Ballroom) après toutes ces décennies où il reste un album hélas trop méconnu. A noter que vous pouvez écouter trois titres de cet album en version Peel session (Mazey Fade a participé à trois sessions en tout) datant du 2 ami 1993 et que ces trois versions sonnent d’enfer. Et s’il vous prend l’envie d’en savoir plus, vous pouvez également cliquer ici pour regarder Mazey Fade parler de leur musique, les voir en live et jouer au billard.


download Secret Watchers Built The World CD

info : recorded at Suite 16 Rochdale. Produced by John Robb. Engineered by Baz. December 1993. Sleeve by very original concept by A+A. Aspinall.





Draco’s Light est le second et dernier album de Mazey Fade sorti en 1995, par leurs propres moyens et une production légèrement en berne. Ça sentait le sapin. L’accueil avait été mitigé. C’est le souvenir que j’en avais en tout cas. Mais à le réécouter près de trente ans plus tard, Draco’s Light est une très bonne cuvée. Un peu moins de folie, de frénésie, d’urgence et un son moins percutant mais la patte du trio est là, plus poignante que jamais avec des morceaux plus mesurés, aux rythmes ralentis mais toujours prenants comme Earthbound Angels et toujours quelques bonnes et saines secouées. Le trio y va même de sa mélopée uniquement accompagnée d’une guitare et d’une discrète basse (à moins que ce soit encore ce satané clavier) sur Tortion. Il est donc temps de réhabiliter Draco’s Light qui se révèle un compagnon idéal de Secret Watchers Built The World.

download Draco's Light LP

info : 33 rpm. Recorded at PFP in Northwich. Produced by Johnathan Barratt and Mazey Fade. Engineered by Jonathan Barratt September 1995. Front cover Alistair S Aspinall 'An Apostle of Conditioning'. Back cover & Layouts Tony Lee & Paul Nicholl.





Ultime disque de Mazey Fade, le 10’’ Not Good Radio est peut-être bien sorti avant Draco’s Light mais ça se joue en tout cas à quelques mois près. Qu’importe, le trio tire sa révérence avec cinq nouveaux titres qui penchent, niveau énergie, bouillonnement et enregistrement vers Secret Watchers Built The World. Alors forcément, cette dernière rasade fait passer un très agréable quart d’heure. Et si la basse se fait encore plus entendre, c’est parce que le groupe était passé à quatre en fin de vie avec un vrai bassiste et donc deux guitares pour encore plus de bordel, d’abrasion et de débauche sonore. Mazey Fade semblait avoir trouvé la formule parfaite à l’instar du jouissif morceau 15 On Going 14 qui fait feu de tout bois, semblait être lancé sur la voie royale. Hélas, 1995 marque la fin de Mazey Fade pour toujours.

download Not Good Radio 10''

info : 45 rpm. Cover images : "a drama with a prelude and 3 acts" by Alistair S. Aspinall.

 
Drive Like Jehu
s/t - LP
Headhunter records 1991

Drive Like Jehu
Bullet Train To Vegas - 7''
Merge records 1992

[publié le 10 juillet 2023]



On ne devrait jamais attendre le décès d’un artiste pour lui rendre hommage afin de lui dire combien on adorait ce qu’il faisait et ressortir ses disques pour cette triste occasion. Rick Froberg est décédé le 30 juin 2023 à l’âge de 55 ans. Le cœur a lâché subitement. Comme l’a écrit sa petite amie Britt, Rick est parti rapidement, il n'a pas souffert. Rapide, sauvage et sans conneries, tel qu'il l'avait imaginé dans la vie. Une vie qu’il a traversé en devenant une source d’inspiration, un exemple et même une légende pour beaucoup bien avant que la grande faucheuse le frappe brutalement. Un statut dont il se foutait éperdument. Un type qui respirait la modestie, une attitude punk fait de simplicité où seul comptait son art, musique et dessins des nombreuses pochettes et posters qu’il a conçus. Il avait déjà été question de Rick Froberg au sein de Pitchfork, son premier groupe avec John Reis, son compère de toujours. Avec les immenses Hot Snakes aussi évidemment. Pas du tout avec Obits, autre projet avec notamment Alexis Fleisig (Girls Vs. Boys, Bellini). Mais c’est avec l’emblématique Drive Like Jehu que Rick Froberg, chant et guitare, avait commencé à écrire sa belle histoire qui a touché un tellement grand nombre de personnes. C’était le tout début des années 90. Sa voix reconnaissable entre mille allait marquer durablement les esprits (pour l’éternité désormais). Un chant éraillé, farouche, semblant manquer de souffle mais qui respirait l’urgence et l’intensité. Et que tu aurais suivi n’importe où. Avec John Reis, (guitare, chant), Mark Trombino (batterie) et Mike Kennedy (basse), Drive Like Jehu avait sorti un premier album éponyme en 1991 qui s’était révélé un vrai choc. Drive Like Jehu n’inventait rien mais on n’avait jamais entendu ça. Un fatras et un fracas de deux guitares qui font et défont les morceaux, les étirent, les explosent, les illuminent, les rendent inoubliables avec un tas d’accroches obsédantes à l’instar du début de If It Kills You et sans cesse brillantes. Une rythmique incendiaire. Des compos longues, sinueuses, aventureuses mais incroyablement percutantes (les presque dix minutes de O Pencil Sharp) ou des branlées pures dans lesquelles le groupe mettait toute sa furie et sa passion (Atom Jack, Caress sur lequel tu ne tends pas l'autre joue, Spikes To You et son petit air de Fugazi en intro). Un disque tout bonnement énorme et indispensable. On le pensait déjà du vivant de Rick Froberg. C’est encore plus vrai maintenant.

download s/t LP


info : 33 rpm, 1 insert with lyrics. Bass Mike Kennedy, Drums Mark Trombino, Guitar/Vocals John Reis, Vocals/Guitar Rick Froberg. Produced by Drive Like Jehu and Donnell Cameron - Recorded at West Beach by Donnell and Joe - Mastered at K Disc by John Golden - Cover by Rick - Photo techie: Jonny Donhowe. Lyrics: Rick 'cept 'Step On C' by John.





Dans le sillage de ce premier album et avant le second et dernier album Yank Crime qui paraîtra en 1994 et qui avait fini de bâtir le mythe Drive Like Jehu, le groupe de Froberg a publié un des meilleurs singles de l’histoire du punk. Rien de moins. Parce que dessus, vous avez le meilleur morceau de Drive Like Jehu. Il s’appelle Bullet Train To Vegas. Et que la face B Hand Over Fist qui n’a de B que le nom est aussi essentielle. Bullet Train To Vegas, c’est l’essence même de Drive Like Jehu. Un titre punk qui sonne comme un classique, une urgence indescriptible, des riffs inoubliables, le chant de Froberg qui fait immanquablement qu’on hurle en même temps que lui sur le court refrain, une rythmique qui pousse au cul et au crime, un truc sur un fil raide et chaotique, l’idée très prégnante de se lancer tête baissée vers un gouffre et s’en taper royalement. Ce titre, il l’avait joué lors d’un rappel d’un concert de Hot Snakes en 2005 à Bordeaux. La seule fois où j’ai pu croiser le chemin de Froberg et sa divine bande. Je m’en rappelle comme si c’était hier alors que d’habitude je ne me rappelle de rien (et c'est pas des conneries). Le bonheur à l’état pur. Ce grandiose single a longtemps été inédit. Il a finalement été repris sur certaines rééditions CD de Yank Crime. Mais ne pas le posséder en chair et en os est incompréhensible. Merci Rick Froberg pour toutes ces merveilleuses chansons qui n’ont pas fini de nous accompagner.

download 7''


info : 45 rpm, 1 insert with lyrics, 1 insert Merge label release information June 1992. Mike Kennedy - Bass. John Reis - Guitar, vocals. Mark Trombino - Drums. Rick Farr - Vocals, guitar, lyrics. Recorded by Mark @ 2nd Generation. Sleeve by RKK.

 
Alerta
In The Land Of A Thousand Pretty Dreams - LP
Welfare Factory records 1983

Alerta/The Ex
The Red Dance Package - 12''
CNT Productions records 1983

[publié le 03 juillet 2023]



Quarante ans, ça fait un bail. In The Land Of A Thousand Pretty Dreams, premier et unique album de Alerta est sorti en 1983. Un groupe hollandais originaire de Deventer mais affilié à la scène de Wormer, celle qui a fait surtout connaître The Ex mais aussi Svätsox (groupe du futur chanteur de De Kift), Grrr et Zowiso. Alerta n’était pas aussi punk et binaire que les débuts de tous ces groupes cités. L’humeur était plus post-punk, voir new-wave sur quelques intonations mais l’ensemble était vaillamment noisy, notamment quand les stridences d’un violon invité rajoutaient une couche de dissonances à la guitare qui ne se faisait jamais prier pour mettre du bordel mais savait aussi tisser des mélodies pour un paquet de morceaux plus d’une fois enlevés et tendus. Jusqu’à devenir génialement déglingué, répétitif et limite noise sur le très prenant Rascal Jack. Possession ne figure pas loin sur cette liste des titres jouant sur la crête de l’urgence et du chaos alors que Atlanta 24, Latin Fever et une poignée de compos forcenées et proches d’une transe punk sauvage dansent dans la même cour enfiévrée que le The Ex de Dignity of Labour. Un disque qui fait un peu son âge mais qui sonne pourtant toujours incroyablement spontané, une saine et chaude secousse punk à une époque où le froid, la sécheresse et le noir étaient des climats plus porteurs pour treize morceaux qui portent en eux une germe unique et endiablée à laquelle vous feriez bien de goûter.

:: download in the land of a thousand pretty dreams LP

info : 33 rpm, insert with lyrics. Ton (bas), Paul (drum), Harry (guitar), Albert (zang). Wineke (viool), Lies (schilderij). Opgenomen in Joke's Koeienverhuurbedrijf april'83. Geproduceerd: Dolf en Alerta.





Alerta a eu la vie courte. Toujours en 1983, le groupe hollandais fournit deux inédits pour un split avec The Ex. Et on n’a plus jamais entendu parler d’eux ensuite. Park Avenue et Violet Days bénéficient d’un son plus précis et donc moins sale et bordélique mais aussi du chant de Josephine, du violon de Wineke et d’une section rythmique mise plus en avant pour mettre en valeur la subtilité que le groupe était capable d’insuffler dans deux titres ne laissant que des regrets de ne pas avoir pu profiter des bienfaits de Alerta plus longuement.
A l’époque, Crap-rap et Long Live The Aged étaient aussi deux inédits de The Ex. Si vous ne possédiez pas ce split, le seul moyen de les découvrir était d’attendre 2005 et la compilation Singles Period The Vinyl Years 1980-1990 que nos Hollandais préférés avaient publié pour tous les miséreux et retardataires de la terre. Deux titres sortis la même année que Tumult et Dignity of Labour, soit l’année où The Ex commençait sa mue et abandonnait sa binarité punk pour verser vers une approche singulière qui a fait toute sa renommée. Ces deux morceaux sont un parfait exemple.


:: download the red dance package split LP

info : 45 rpm, insert with lyrics. Insert with lyrics. Recorded by Colin, Dolf and Jon at KG Music Studios, Bridlington, Yorkshire, September 11-13, 1983. Photographs at Belle Vue House. The record is the result of the friendly co-operation between Ralbör-Releases and CNT-Productions. Dedicated to Sally's raincoat.
The Ex: Luc-bass, piano. Joke-bass. G.W. Sok-voice. Terrie-guitar. Sabien-drums. Cobie + co-starring: Dolf-heavy mental guitar on Crap-rap.
Alerta: Albert-voice. Wineke-voice, violin. Ton-bass. Harry-guitar. Paul-drums. Josephine.

 
Josef K
The Only Fun In Town - CD
LTM records 1990

[publié le 19 juin 2023]



Ce CD est une compilation. D’un groupe qui a existé entre 1979 et 1982. Dans un monde parfait où tous les enregistrements se passent à merveille, l’album The Only Fun In Town n’aurait jamais dû exister. Ou alors pas sous cette forme là. Et bien plus tard. Le véritable premier album des Écossais de Josef K devait s’appeler Sorry For Laughing. Recalé en 1981 par le groupe car jugé trop propre et clinique, avec une basse et une batterie trop en avant dans le mix. Seuls quelques test-pressings ont vu le jour. Quelques mois plus tard, Paul Haig et sa bande profitent d’une tournée en Europe pour mettre sur bandes à Bruxelles leur deuxième premier album. Il s’appelle The Only Fun In Town avec des morceaux réenregistrés de Sorry For Laughing et des nouveaux titres. Le disque sort en 1981 sur Postcard records et le groupe se sépare l’année suivante. Il faut attendre 1990 et cette compilation éditée par LTM (Les Temps Modernes) pour entendre une version officielle de Sorry For Laughing dont des copies rares et des cassettes circulaient sous le manteau à prix d’or. Ce sont les morceaux 11 à 22. De 1 à 10, l’original de The Only Fun In Town dont de nombreuses rééditions existent, notamment celles des Disques du Crépuscule en version double album avec des morceaux issus de singles et une John Peel session. Voilà pour les données brutes.
Et brut, The Only Fun In Town l’est. Josef K voulait un son plus aigu, direct, live, moins produit. Comparé à la première version, Josef K a obtenu gain de cause. Et c’est ça qu’est bon. Un post-punk où la guitare a un son de verre brisé et jouée avec rapidité, influence indéniable plus tard sur un groupe comme Wedding Present mais aussi Wolfhounds qui maniait le même amour pour les mélodies et l’acidité d’une pop âpre, aiguisée et engagée dans des sujets qui n’avaient rien de léger. La patte Gang Of Four est aussi présente chez Josef K, toujours pour la guitare mais aussi certains rythmes plus entraînants et funky, voir Joy Division dans certaines sonorités ou plans de basse, groupe dont Haig (compositeur en chef avec le guitariste Malcolm Ross qui ira faire un tour ensuite chez Orange Juice et Aztec Camera) était très fan. The Only Fun In Town, une pléthore de pépites au cordeau, instinctives, sèches et pourtant si subtiles, délicieusement piquantes et aux mélodies inspirées. Et qui sonnent donc bien mieux que la première mouture sauf si vous aimez le post-punk plus ample, plus chargé en effets, notamment sur la batterie qui sonne merdique plus d’une fois et très datée ou les rajouts de gimmicks/synthés comme sur Sense Of Guilt qui a bien fait d’être abandonné pour The Only Fun In Town, tout comme Drone qui n’a rien à voir avec Forever Drone. En tout, huit titres sur douze de Sorry For Laughing ne figurent pas sur The Only Fun In Town. On n’en voudra pas à Josef K. The Only Fun In Town, un album qui a pris le statut d’album culte et dont l’influence aurait été conséquente sur toute la scène indé anglaise. Qu’importe. Paul Haig était très loin de toutes ces considérations historiques et d’ego. Josef K se saborde en 1982, faisant écho à la déclaration de Paul Haig au NME avant même la parution de The Only Fun In Town quand il disait vouloir sortir un album, voir deux puis essayer quelque chose d’autres. Il a tenu parole.


:: download Josef K CD

info : 8-page booklet with credits and liner notes by James Neiss, Nigel Smith and Paul Morley. All songs by Paul Haig except (5) (7) (10) (14) (18) (21) (22) by Paul Haig/Malcolm Ross. Produced by (1-10) Josef K & Marc François. (11-22) Josef K & Callum Malcolm. Tracks 1 to 10 comprise the album "The Only Fun In Town". Tracks 11 to 22 comprise the unreleased debut album "Sorry For Laughing".



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