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The Art of Self-Defense
Predeceased / The News-Sun Reader
L'année dernière, Predeceased avait publié What Do You Do?, un premier album avec une influence de Fugazi tellement énorme que ça ne pouvait pas être vrai. Écouter le titre d'ouverture Fancy Prison et persuadez vous que ce n'est pas une reprise de Ian Mackaye et sa troupe. Heureusement, le trio de Manchester a plus d'une influence à son arc. Avec un nouveau single numérique sous le bras, Predeceased montre désormais que c'est une grosse boule de rock qui a amalgamé tout un tas de groupes qui les ont précédés sur le grand organigramme du rock'n'roll pour délivrer deux titres furieusement incendiaires, excités, notamment toute la fin de l'urgentissime et hyper intense Sun Reader et que le trio roule désormais pour sa propre bosse. L'avenir est devant eux.
[publié le 16 mai 2024]

Grizzlor / I Hate The Internet
I Hate The Internet. Nous aussi c'est pour ça que nous y sommes tous. Nouvel EP trois titres des mécréants de Grizzlor. Un bon vieux CD-r des familles, tout fait à la main, à la sueur et à la rage qui ne quitte jamais le trio de New Haven. I Complain Too Much. Le noise-rock de l'enfer est leur évangile et c'est une nouvelle et concluante affaire saignante et ultra percutante que Grizzlor balance à la face de ce pauvre monde ultra connecté. Avec samples de modem 56K intégré sur le troisième morceau I Hate The Internet, la préhistoire quand télécharger une chanson prenait une heure en espérant que ça plante pas au milieu. Et qu'il faille tout recommencer. Grizzlor est chaud bouillant pour donner une suite à Hammer Of Life.
[publié le 07 mai 2024]

Family Band / The Dog Box
Family Band vient d'une famille lointaine qui fait rêver. Auckland, Nouvelle-Zélande. Et qu'importe si ce nouveau trio se dit influencé par le Chicago noise-rock. J'ai eu un peu peur au début en entendant des réminiscences de Facs. Mais c'est un Facs qui ne serait pas d'un ennui mortel, où il se passe des choses. Une rythmique pas si répétitive que ça, une magnifique guitare qui écorche, une vraie tension à l'intérieur, qu'elle soit sous-jacente ou explosive, une basse pas frileuse et un chant n'hésitant pas à s'époumoner quand il faut. Quand en plus vous avez cinq titres très bien élaborés avec un son d'enfer, vous n'avez plus qu'à souhaiter la bienvenue à ce trio dans la grande famille noise-rock.
[publié le 03 mai 2024]

Daggers / Chaos Magic
Daggers ne tarde pas à donner une suite à leur cinquième album The Fable Of The Bees, ça s'appelle Chaos Magic et vous allez prendre cher. Ce n'est qu'un EP trois titres mais le groupe belge revient avec des intentions farouches, plus brutes et directes que leurs précédents enregistrements et c'est un vrai festin. Avec une coloration hardcore et noise plus affirmée sur ce EP, Daggers déploie une sombre puissance plus envoûtante que jamais, une lourdeur écorchée et raboteuse filant grand train à l'instar de l'excellent Rancor avec cette alchimie toujours unique et particulière maintenant Daggers dans un univers troublé et chargé en bile se déversant de façon encore plus agressive sur Chaos Magic. Comme The Fable Of The Bees, ce EP ne connaîtra que le monde digital mais ça vaut vraiment le détour pour ce groupe qui mériterait une bien plus grande exposition.
[publié le 01 mai 2024]

Dad's Apartment / Flesh And Bones Become Nothing In The Light
C'est un sacré beau bordel dans l'appartement de papa. Le rangement n'est pas fait tous les jours, ça s'entasse dans tous les coins et on ne s'y retrouve pas à tous les coups. Mais on ne s'ennuie jamais. De la vie à foison, de la folie aussi, beaucoup de folie, pas de tout repos, on n'en sort pas indemne mais la visite vaut largement le détour. Dad's Apartment, un groupe de Roswell (Nouveau Mexique) qui ne fait pas une musique non-identifiée mais ne se laissant pas approcher facilement pour autant. Flesh And Bones Become Nothing In The Light est un premier album rempli ras la gueule d'une noise au sens large, orgiaque, furieusement bruyante, chaotique, expérimentale, fulgurante, sporadiquement apaisée, explosive avec des traînées de poudre crépitant pendant de longues secondes. Un long périple plein de reliefs, de fureur et de cris, des vrais qui viennent des tréfonds d'un chanteur habité et s'étalant souvent dans des compos longues durées (jusqu'à 17 minutes pour I Will Not Scream s'ouvrant évidemment sur un très long hurlement). La démesure de Sprain, l'absurdité du monde qui brûle et tout ce qui peut servir à évacuer cette terrible tension. L'Enclos des fous de Francisco de Goya est une très judicieuse pochette pour représenter ce qui se passe à l'intérieur de Dad's Apartment.
[publié le 30 avril 2024]

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The Art of Losing (+)
Silverfish
s/t EP - 12''
Wiiija records 1989
T.F.A. EP - 12''
Wiiija records 1989
[publié le 12 mai 2024]



Autre fleuron de la scène de Camden Town (Londres) dont on vous a déjà raconté les méfaits avec Sun Carriage, Loveblobs ou Bastard Kestrel et pas les moins connus, Silverfish a débarqué dans le paysage anglais en 1989 comme des sagouins. Et ce fût un vrai bonheur. Avec Andrew 'Fuzz' Duprey, black dreadlocké et déjanté à la guitare, Chris P. Mowforth à la basse qui mettra plus tard ses talents au service de Headbutt, Stuart ‘Stu’ Watson à la batterie et la furieuse chanteuse Lesley Rankine qui savait appeler un chat un chat tout en l’étripant consciencieusement, riot grrrl avant l’heure alors que ce mouvement n’avait pas encore de nom, Silverfish a été un agitateur de première, ruant dans les brancards et la scène noisy-pop anglaise de l’époque. Enregistré en mars-avril 1989, leur premier disque est un quatre titres brutal et sans concession. Fuzz utilise son amour pour Birthday Party qu’il avait déjà eu l’occasion d’exprimer dans son précédent groupe The In-Stinks pour le tremper dans un bain plus rustre, rocailleux, chaotique, rock’n’roll diabolique, une rythmique qui tangue et te disloque (on appelait ça lurcher à l’époque dans le jargon de Camden) et une chanteuse qui crache des insultes toutes les secondes. Weird Shit ou Don’t Fuck étaient les titres qui fracassaient. Mais aussi On The Motorway et Dolly Parton qui se prend une énorme soufflante et un motherfucker comme un cri du cœur d’entrée de jeu après ce qui doit être un très court sample de la chanteuse américaine qui habitait sur une autre planète que la Rankine.

:: download s/t EP

info: 45 rpm. Les - vox. Fuzz - guitar. Chris P. - bass. Stu - drums. Recorded and mixed march / april 1989 at Von's 505 - 507 Liverpool rd London N7 8NS. Produced by Silverfish. Enigneered by Pete Peck. Cover: front - Lesley Firth. Back - Andrew Duprey.





T.F.A. pour Total Fucking Asshole. Un titre et des paroles qui n’ont pas été écrits par Lesley Rankine (Lez pour les intimes) mais par le bassiste Chris Mowforth. Ça ne change rien à l’affaire. Tout le monde en prendre pour son grade, chacun pourra se reconnaître. Enregistré en septembre et octobre 1989, ces trois titres bénéficient d’une production plus en adéquation avec la branlée que le quatuor désire infliger. La basse et la rythmique en général font encore plus mal. La guitare vrille et part régulièrement dans des bordées malsaines et bruyantes, le venin de Lez se fait divinement sentir et avec la face B composée de Die et encore plus l’aliénant Driller, c’est un maxi méchamment jouissif. Touch And Go étant toujours dans les bons coups à cette période, le label américain sort en 1990 Cockeye, une compilation de ces deux premiers maxis avec un titre supplémentaire (offert en bonus dans le téléchargement ci-dessous), One Silver Dollar. Un morceau paru sur une compilation de Pathological en 89 (avec Godflesh, God, Terminal Cheesecake, Stretchheads, Coil, Carcass, Napalm Death) qui est une reprise d’un titre joué par Marilyn Monroe dans Rivière sans retour en 1954. Autant vous dire que la version Silverfish est légèrement moins folk. Mais la meilleure description de Silverfish a été écrite par Vinz dans le n°9 du fanzine bordelais Hello Happy Taxpayers en 1991 : La pop anglaise a toujours autant de manches à balai dans le cul mais maintenant on sait qui les enfonce.

:: download T.F.A. EP + one silver dollar

info:
Lez - vox. Fuzz - guitars. Chris P. - bass. Stu - drums. Recorded and mixed sept / oct 89 at Southern Studios. Produced by Silverfish. Engineered by Harvey. Cover: Andrew Duprey.

 
Bob Tilton
The Leading Hotels Of The World - LP
Southern records 1999
...Wake Me When It's Spring Time Again - 7''
Subjugation records 1994
[publié le 28 avril 2024]



The Leading Hotels Of The World, second et ultime album de Bob Tilton. Publié alors que le groupe vient de se séparer. Le quintet anglais continue son évolution vers un hardcore de plus en plus sensible, celui qualifié de emo mais avec un ton autant sec que mélancolique, angulaire et mélodique, tirant vers le slowcore pour mieux exploser la seconde suivante, rallongeant, complexifiant certaines structures tout en possédant une aura générale très fluide. Le chant est de plus en plus posé, chanté. La caisse claire est tendu à l’extrême. Les changements de rythmes sont nombreux. Offre des passages plus jazzy et pas uniquement sur le morceau The Leading Hotels Of The World avec la trompette, des baisses de tension qui se veulent fragiles et touchantes. Bob Tilton aspire à beaucoup plus large, élargit le simple champ du hardcore-emo. Mais Bob Tilton est meilleur que jamais quand il reste intense et agité de bout en bout comme sur Nashville. The Leading Hotels Of The World ne possède pas l’impact immédiat et la qualité des compos de Crescent mais il a réussi au fil des écoutes à imposer sa petite musique personnelle et attachante.

:: download the leading hotels of the world LP

info : 33 rpm, gatefold cover, inner sleeve with lyrics. Bob Tilton : Neil Johnson, Mark Simms, Ralph Hamilton, Allan Gainey, Simon Feirn. Seth Bennett for playing trumpet on Leading Hotels. Recorded by Bob Tilton at The Electric Press, Leeds. Mastered by John Loder & Nick Webb at Abbey Rd, London. Live photos by Phil Welding.







Cinq ans plus tôt, Bob Tilton avait débuté dans la vie avec le single ...Wake Me When It’s Spring Time Again sur Subjugation records. Il est intéressant, après l’écoute de The Leading Hotels Of The World, de constater comment le groupe anglais a su aller de l’avant, se transformer. Avec les quatre titres de ce single, c’est un Bob Tilton plus brut et hardcore, un chant bien plus hurlé et hargneux et des ruades dans tous les sens. Mais on sent déjà le désir d’explorer d’autres voies, de mettre des pièges dans les morceaux, de casser les cadences, de glisser des mélodies et de ne pas crier systématiquement dans le micro. Vous rajoutez un split maxi (existant aussi en CDEP) avec les Belges de Reiziger sur Genet records en 1999 mais avec un morceau qui n’est pas inédit (The Leading Hotels Of The World) mais sans la trompette et dans une version bien plus pâlichonne (plus un remix du même titre sans intérêt sur le CD) et vous avez la totale de Bob Tilton dont les membres ensuite n’ont pas beaucoup fait parlé d’eux (Wolves! (Of Greece) pour Feirn et Johnson, ce dernier étant le plus actif avec aussi Savoy Grand et I Am Spartacus), voir totalement disparus de la circulation.

:: download 7''

info : 45 rpm, 3 inserts with lyrics. This seven inch was recorded jan, 2nd '94 at Backstage, Nottm. by Andy Sneap. Moth to flame, listen close you'll hear me breaking let me sleep this winter it may take some time just wake me up when it's spring time again... From here i can see the garden but i don't get to smell the flowers...

 
Bob Tilton
Crescent - LP
Subjugation records 1996
Songs Of Penknife And Pocket Watch - 7''
Subjugation records 1995
[publié le 21 avril 2024]



Bob Tilton était le nom d’un télévangéliste américain très controversé que cinq jeunes anglais originaires de Mansfield/Nottingham avait repris à leur compte. Leur paroisse à eux était l’emo-hardcore et Crescent, leur premier album, avait provoqué au milieu des 90’s un joli émoi dans ce milieu et un peu au-delà. Neil Johnson et Chay Lawrence (guitares), Mark Simms (basse), Allan Gainey (batterie) et Simon Feirn (chant) avaient largement transcendé le style de base, y compris leur propre début qui s’était matérialisé sous la forme de deux singles ne possédant pas encore l’ampleur de Crescent. Un groupe réputé pour son intégrité, l’intensité de ses prestations live, refusant toutes demandes d’interviews, ne faisant aucune promo, cousins éloignés de Fugazi et toute l’écurie de Dischord records mais aussi Rites Of Spring dont Bob Tilton s’inspire pour composer un album aussi sincère qu’incisif, sensible et angulaire. Le chanteur ne hurlait plus comme un damné, s’éloignant considérablement du registre screamo. Les deux guitares avaient épaissi le propos pour une belle densité noise et rivalisant de riffs ravageurs et d’arpèges mélodiques qui illuminent les morceaux. Avec cette caisse claire en avant avec un son qui claque et symptomatique d’une époque et d’un certain esthétisme sonore, Crescent regorge de morceaux tranchants, épiques, sinueux se révélant toujours aussi prenants, rejoignant ainsi au panthéon du genre un groupe comme Portraits Of Past. Un classique.

:: download Crescent LP

info : 33 rpm, 12-page booklet. Recorded by the electric press during four calendar months (easter to autumn '96).











Un an auparavant, Bob Tilton avait sorti son second single Songs Of Penknife And Pocket Watch, toujours sur Subjugation, le label anglais emblématique du genre dans les 90’s avec notamment Baby Harp Seal (avec un membre de Bob Tilton), Spy Versus Spy ou Tribute (avec Chay Lawrence). Une scène incestueuse et solidaire, largement do it yourself ne comptant donc que sur elle même pour sortir avec amour des disques fait main et maison. C’est le cas de ce single quatre titres où Bob Tilton commence à trouver ses marques avant Crescent, affiner le propos d’un hardcore bouillonnant et passionné. Mélodiquement pas aussi fort que sur le premier album mais tous les germes sont présents. Un excellent échauffement et autre intéressante publication de la courte discographie de Bob Tilton.

:: download songs of penknife and pocket watch 7''

info : 33 rpm, grey sleeve, 1 insert. Recorded September 94 at the Whitehouse, Weston.

 
The Chrome Cranks
s/t - LP
PCP Entertainment records 1994
[publié le 07 avril 2024]



La sortie toute récente de l’album de The Stabbing Jabs, le nouveau groupe de Peter Aaron et William Gilmore Weber dont on reparlera très bientôt, a donné envie de ressortir du placard le premier album de The Chrome Cranks, le groupe qui les a fait connaître. C’était trente années plus tôt, à New York City, sur PCP Entertainment, un label davantage orienté noise-rock (Unsane, Slug, Slowworm) et c’était un signe. Chrome Cranks (vous n’êtes pas obligés de mettre The devant, ça dépendait de l’humeur du groupe) avait le rock’n’roll dans le sang, avec le satané blues aussi qui coulait noir et ça ressortait tout sale, déformé, bruyant, fuzzé à mort, féroce. Peter Aaron hulule comme Jeffrey Lee Pierce (Gun Club) sur certaines intonations avec Pussy Galore qui met ses affreuses pattes pleines de cambouis dedans, The Cramps qui n’est jamais loin pour un coup tordu ou tout simplement te faire déhancher comme un zombi, The Stooges parce que ce sont les maîtres et des giclées de Unsane pour faire bonnes mesures. Suffit d’écouter la basse sur Subway Man ou l’énorme bordel jouissif sur Dark House et on jurerait que Pete Shore est dans les parages. C’était l’œuvre de Jerry Teel alors que le batteur se nommait Charles Hanson. Un gars qui n’a pas duré dans Chrome Cranks, qui n’a jamais réussi/voulu s’intégrer dans le groupe. A tel point que le jour avant la photo du groupe qui allait servir pour la pochette, il s’était rasé le crane pour s’opposer aux cheveux en pagaille des trois autres membres. C’est Bob Bert (Sonic Youth, Bewitched, Pussy Galore) qui lui succédera. C’est sous cette formation que The Chrome Cranks sera le plus connu. Et si leur discographie comporte d’autres bons enregistrements, ce premier album qui ne m’avait pas marqué à l’époque est devenu un incontournable quand Chrome Cranks s’est reformé et avait sorti le fiévreux Ain’t No Lies In Blood en 2012, permettant ainsi de redécouvrir les New-yorkais. Une succession de morceaux garage-punk-noise (dont un de plus, Party’s Over, uniquement dispo en version vinyle) à tendance swamp violent qui griffent les intestins, charcutent le cœur, Peter Aaron recrachant toute sa rage accumulée depuis sa période à Cincinnati, quand il essayait de monter ce damné groupe et que rien ne fonctionnait. Un déménagement plus tard à NY, les étoiles se sont enfin alignées dans le Lower East Side (c’était pas gagné d’avance) et cet album expulse tout le venin dans une belle gerbe incandescente qui pue le rock et que c’est éternel.

:: download s/t LP

info : 33 rpm. Recorded/Engineered/Produced/Performed By The Chrome Cranks in the Funhouse, NYC 1994 & Waterworks (NYC) 1994 (Eng. Jim Waters). Design: Aaron. Execution: Jean Farrel Miles. Cover Photo: Tim Owen. Back Cover Photo: Kit Halsted.

 
Coughs
Bent Babies - CD-r
Self-released 2004
Frigh Makes Right - CD
Load records 2005
Secret Passage - LP
Load records 2006
[publié le 24 mars 2024]



La récente parution sur les internets d’un enregistrement inédit de Coughs a donné envie de se replonger dans leur discographie. Oui, nous sommes de grands masos. Ces morceaux qui ressortent dix-sept ans après la fin du groupe sont regroupés sous le nom de The Malachi Ritscher Recordings, se téléchargent à prix libre et ne sont pas totalement inédits pour une bonne poignée mais une version live et modifiée de titres figurant sur le second et dernier album Secret Passage paru en 2006. La vie de Coughs avait débuté deux ans plus tôt avec la sortie de Bent Babies. Un Cd-r faisant figure de rareté que le groupe avait publié lui-même et qu’on vous met pour la bonne cause. Et parce qu’il est bien. Et plus abordable dans leur délire free-punk/no-wave que le premier album officiel, Fright Makes Right que Load avait réalisé en 2005 en CD et Mythologie records pour la version vinyle. Coughs, un collectif de six personnes (plus des invités) avec les noms de la chanteuse/hurleuse sans pitié Anya Davidson et la bassiste Carrie Vinarsky ressortant du lot car elles séviront juste après chez Cacaw. Deux percussionnistes (Seth Sher et Jon Ziemba), une guitariste (Kate Gronner) et un saxophoniste-claviériste (Jail Flanagan) complètent le groupe de Chicago. Il faut aimer le bruit à l’état pur, les élans sauvages incontrôlables, l’absurdité, quand ça sonne faux, que ça ressemble à n’importe quoi et que ça retombe bizarrement sur ses pattes tout en restant bancal. Et les soufflantes hirsutes, extrêmes, grinçantes ou marrantes. Dans la chronique de l’époque, il avait été question de liberté pour aborder ce disque épineux. Jusqu’à en crever.


:: download bent babies cd-r

:: download frigh makes right CD

info : Coughs : Anya Davidson - vocals. Seth Sher - percussion, vocals and banjo on ''Come Back To Me'', guitar on ''Narwahl''. Jail Flanagan - saxophone, keyboards. Kate Gronner - guitar (except "Narwahl''), accordian on "Narwahl''. Carrie Vinarsky - bass. Jon Ziemba - percussion. Also : Matt Mele - saxophone on ''Elephant''. Amy Cimini - viola on ''Narwahl'' and ''Elephant''. Recorded at Lab East rec. scenario. Engineer: Kris Poulin. Mix: Kris Poulin & Coughs. Master: Andy Panicsville. Album design: Paul Erschen.







Avec Secret Passage, Coughs est toujours libre de ses mouvements et de faire le bordel qu’il veut mais il se soigne et arrive à lui trouver un cadre ne se brisant pas à chaque minute. Toujours six personnes mais fini les d’invités. Toujours ce genre no-wave/free-punk-noise mais le propos se resserre alors que les compos se rallongent et deviennent sacrément consistante. Il est permis de comprendre le scénario dont l’histoire ressemble à un préquel de ce que Cacaw sera. Les percussions (souvent en mode tribal) mettent du plomb dans les dissonances. Les interventions du saxo ou des keyboards ne semblent plus tomber au hasard. L’intensité n’en est que plus infernale avec ce chant brutale, un cri qui sort crûment à se péter les cordes vocales, bien qu’elle arrive parfois à se reposer comme sur le splendide Colours And The Way They Make You Feel. On a mal pour elle mais c’est la touche ultime d’un disque radical, abrupt, indomptable et qui fait toujours autant de bien par où il passe.

:: download secret passage LP

info : 33 rpm, 1 insert with lyrics. Anya Davidson - vocals. Seth Sher - percussion. Vanessa Harris - guitar. Jail Flanagan - sax, keyboards. Carrie Vinarsky - bass. Jon Ziemba - percussion. Recorded at Key Club by Ruffins/Skibbe. Mix - Ruffins/Skibbe/Coughs. Master - Golden Mastering. Art - Scott Lyne.

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