The Art of Losing
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Moist
Face Pack - tape
self-released 1992

[publié le 06 septembre 2020]




Alors qu’en Angleterre au tout début des années 90, le Baggy movement tient en haleine des foules toujours prêtes à gober de la soupe avec des groupes comme Happy Mondays, The Stone Roses ou The Charlatans, Moist va ruer dans les brancards et tailler des shorts aux pantalons baggy. De la même manière que Penthouse le fera quelques années plus tard en talochant la Britpop. La référence à Penthouse n’arrive pas par hasard puisque le guitariste Jon Free à officier dans les deux groupes. Un groupe londonien comportant également Ned Langman (Planquez, bassiste), Paul Greenfield (Dethscalator, batteur) et Nick Brown (chant, The Hung Jury, jamais entendu parler mais ce simple extrait qui sonne très Moist donne envie d’en savoir beaucoup plus) et dont l’histoire aura été bien trop courte et erratique pour marquer les esprits d’une foule sous acide. Mais chaque personne qui a eu la chance de voir un des peu nombreux concerts de Moist (essentiellement à Camden avec la troupe Wiiija records ou Headbutt) ou entendu la cassette Face Pack tiré à 100 exemplaires ne s’en remettra jamais vraiment complètement. Vingt-huit ans plus tard, Face Pack me hante toujours autant. Dès le riff introductif de Face Paker, un vent de violence s’abat entre mes deux tympans. Tempête sous un crâne d’un noise-rock qui passe Jesus Lizard (époque Pure), Birthday Party et Big Black au karsher. Nick Brown bouffe le micro, l’enfonce au fond de la gorge, vomit dessus (c’est un compliment), borborygmes bestiaux saisissants. Le son est traité au napalm, méchamment sale, saturé et hyper jouissif tout en restant très percutant. La basse monstrueuse comme sur le début de Mac fait continuellement des ravages, Jon Free est touché par la grâce, écorche jusqu’au sang. S.A.P. est froidement assassin. Mais chaque titre a un impact énorme. Tranchant sous des dehors torturés. Une perfection qui ne demanderait qu’à être éditée un jour en vinyle. Face Pack for ever.

Mais l’histoire de Moist ne s’arrête pas là. Dix morceaux supplémentaires dans la foulée de Face Pack ont été enregistrés pour ce qui aurait dû constituer un album. Il aura fallu attendre plus de vingt ans pour le voir apparaître. C’est du coté de l’Australie et avec un Anglais expatrié, Dik, ex-guitariste de Bastard Kestrel, qui, sur son propre label Detonic records, publie Secreted en cassette. Et c’est à nouveau un sans-faute (bien qu’un cran légèrement en-dessous de Face Pack). Une nouvelle rasade de noise-rock vérolé, quasi indus, martial, déglingué avec des réminiscences de blues très cradingue. Un enregistrement que vous pouvez écouter sur cette page. Vous pouvez même le télécharger gratuitement (c’est à dire que vous pouvez aussi donner la somme que vous voulez pour soutenir les troubadours).






infos : small info sheet with new band's contact. Recorded 6-track, London, jan 91-mar 92