Comme dans un mauvais rêve, on reprend la même route qu'hier qu'on avait déjà prise le jour d'avant jusqu'à la frontière. Le paysage et les demoiselles nous sont très familiers. Le douanier autrichien mondialement connu pour son zèle ne nous dit toujours rien malgré notre troisième passage en deux jours. Le douanier allemand devrait en prendre de la graine….

Mais tels des rois, on arrive pilepoil à l'heure à Innsbruck en traversant le Tyrol à toute berzingue. On aurait presque pu arriver plus tôt si deux douaniers allemands (l'autoroute entre Linz et Innsbruck fait un maudit détour par la Bavière) ne nous avaient arrêtes sur l'autoroute. Folgen sie bitten. Petite fouille sympathique entre gens bien élevés. Rien à signaler. Aufwiederzen.

Le PMK se situe sous le métro, callé dans l'arche d'un port. La scène est directement sur la gauche en rentrant, faisant dos à la rue (de laquelle on entend super bien la musique). Mais la salle est dans le quartier remuant de Innsbruck. De multiples bars, des jeunes qui sortent et qui tuent le temps dans un Innsbruck où il n'y a rien à faire apprend-t-on d'où une présence de drogues de toutes sortes assez importantes. Le jeune d'Innsbruck déchante. Ca explique sans doute la présence de nombreux douaniers dans la région mais ça on le saura surtout le lendemain.

Richie a fait le déplacement. Faut dire que c'est sa soirée. Il fête la sortie de son nouveau disque sur Interstellar (Bug / 27). Au programme 2 groupes autrichiens : Reflector et Bug plus DJ Richie aux platines ! En plus, Richie a retrouvé la pédale de grosse caisse de Fred. Zher gut! L'accueil est royal. Notamment de la part d'un vieux qui traîne dans le coin et que je prend au début pour un clodo qui a profité de la porte ouverte pour s'infiltrer ! Mais le type se sert à boire, tout le monde discute avec lui (ou plutôt il essaye de discuter avec tout le monde), nous nettoie le pare-brise du van sans qu'on lui demande rien (heu merci quand même !) et même Richie ne sait pas qui c'est ce type. On apprendra plus tard qu'il a gagné un concours de Air Guitar Contest organisé au PMK, devenant en quelque sorte la mascotte du lieu ! Ses nombreuses chorégraphies de haute voltige - pendant les balances et pendant les concerts - le prouveront à juste titre.
Pour ma part, ma chorégraphie du moment se résume à une tentative de position allongée sur le canapé backstage mais avec le métro qui passe au-dessus et qui fait trembler tous les murs à intervalles réguliers, ça s'annonce périlleux. En plus les Autrichiens ont entamé les balances…. Les tympans vont saignés ! Moller-Plesset fait son OTK ce soir et est prévu de passer en premier vu la puissance lourdingue des Autrichiens. Le début du concert s'annonce comme à Linz avec un public nombreux mais assez froid. Gilles descend de la scène et l'ambiance, contre toute attente, se déride et voilà que le jeune d'Innsbruck se déchaîne !! Très bon concert, ce que Richie me confirmera, vu que moi à la fin, je sais plus trop pour les avoir vu si souvent !!

Reflector, c'est un duo batterie-guitare. Deux types qui jouent trois fois l'an. C'est immensément lourd et lent avec quelques cris et accélérations qui laissent surplace. Genre Melvins et Godflesh en pleine descente de trip. Je fais un tour juste devant la scène pour m'en prendre plein la tronche. Je dois avouer que j'aime pas mal. Ca doit être la fatigue !
Bug est de Innsbruck. La moitié de la salle semble être potes avec eux. Le chanteur aborde une magnifique moustache et un air bien cinglé. Ce que Richie et sa prestation me confirmeront… Avec le batteur, il est le seul membre d'origine. Plus de 10 ans d'existence et Marcus (c'est le prénom du chanteur) est toujours fixé sur le même son. Le son d'une noise bien violente et torturée. Ca nous renvoie en plein milieu des années 90 et l'époque d'Amphetamine Reptile. Sur scène, tout ça sonne plus hardcore, c'est un peu dommage mais je n'ai d'yeux que pour la prestation du très charismatique chanteur. Des chorégraphies de débile, le sourire fou et les yeux allumés. Il rentre dans la foule, danse comme un con avec elle, remonte sur scène, repart dans la foule, plaisante avec elle. La scène, c'est son défouloir et ne ratez pas l'occasion de les voir si ça se présente ! Tout ça n'est pas dit innocemment puisque sitôt le concert terminé, je pars causer avec le chanteur qui s'avère extrêmement sympa et posé. Il cherche justement pour Bug des dates en France en mars prochain avant une série de concerts en Angleterre. Ca tombe bien coco, je suis ton homme. Rendez-vous est pris, je vous en recause bientôt sur ce site !

Cette nuit, ce sera sans matelas une nouvelle fois. Et pour cause, on repart aussitôt sur le chemin de la Bretagne. Il est dans les 2, 3 heures du mat. 1300 kilomètres se profilent devant nous. La bise à Richie. La bise aussi à un couple de Normand(e)s exilés en Bavière qui ont fait le déplacement pour vois les Moller-Plesset et dont vous pouvez retrouver deux vidéos dans la pénombre du concert d'Innsbruck sur leur site Whosbrain records. La bise à tout le monde.

La suite aurait pu être une banale et ennuyeuse série de bornes kilométriques, panneaux de signalisation mal éclairés, pause-café fadasse, sandwichs infects et stations-service cradingues si au petit matin, je n'avais pas eu la mauvaise idée de m'arrêter dans celle qui ne fallait pas à la sortie de Karlsruhe. Un putain de contrôle de douane. Encore un mais celui-ci est d'envergure. Vraiment pas ma vaine ! Papiers, tout le monde descend. On vident nos pochent. Les douaniers regardent jusqu'en dans nos caleçons pour voir si à part notre bite et nos deux testicules, on n'aurait rien d'autres à déclarer ! Ils fouillent les sacs pleins de chaussettes sales, sortent une partie du matos, le berger forcément allemand vient renifler tout partout et pendant ce temps là, je pars faire un tour aux toilettes pisser dans un flacon pour savoir si je fume pas des petits joints pour me tenir en forme. Mais désolé, le robinet est fermé alors du coup je fais connaissance avec mon douanier un peu plus sympa que ses collègues en attendant que ça vienne. Et pour la fumette, faudra repasser. Histoire de faire chier et de ne pas repartir bredouille, ils filent quand même une amende à Tom, Gilles et Fred pour avoir acheté une cartouche de cigarettes en trop en Tchéquie. Dans l'union européenne, c'est deux mais la Tchéquie, mon pote, c'est un, c'est de l'Europe mais ça l'est pas, t'es de la baise, discutes pas, t'as tort de toute façon. 100 euros par tête de pipes. Cigarettes amères. 2 heures dans la vue. Et dire qu'on était passé par là pour éviter les douaniers suisses à la réputation sulfureuse et leur vignette hyper chère…

Retour en France. Les sales blagues sur les allemands fusent… Et comme on dit, jamais deux sans trois. Péage à Metz. La marée chaussée veille. On prend même pas les paris dans le van. A tous les coups, ça va être pour notre pomme. Bingo. Recontrôle. Mais juste d'identité. Ya pas à dire, le képi allemand ne vaut pas le képi français hahaha !

Détour par Maisons-Alfort (un classique, merci Fred) et cap sur la Bretagne. Un passage rapide par la maison pour laissez les vieilles odeurs dans les tuyaux de canalisation et c'est reparti. Quitte à aller jusqu'au bout du rouleau... Melt-Banana est à l'affiche au Jardin Moderne. Rien de tel pour s'achever.

La salle est comble. Je me sens comme légèrement déphasé. Pas de première partie. Un petit coup d'œil sur le stand des Japonais. Les prix doivent toujours être en yen. Melt-Banana sans tour de chauffe. Premier constat, le batteur a changé. Après le grand blond américain qui avait déjà remplacé le japonais original, retour à du 100% japonais. Pour le reste, c'est immuable. Le guitariste porte toujours son masque de chirurgien sur la bouche. La bassiste n'a pas grandie et Yasuko au micro fait du Yasuko. Liane statique dont les légers déhanchements sont toujours aussi plaisant à regarder mais tout ce concert sonne comme du déjà vu. En plein milieu du set, ils (re)font le coup des morceaux ultracourts enchaînés comme si ils avaient un train à prendre. Ca me rappelle leur concert de la dernière fois qui me rappelait déjà celui d'avant. Bon ça reste du Melt-Banana, c'est déjà ça de pris mais leur prestation sent furieusement la routine. Les 4 heures de sommeil sur les dernières 48 heures ne sont peut-être pas étrangers à ce manque d'intérêt mais je ne suis apparemment le seul à méditer là-dessus. Le public a beau les rappeler, Yasuko précise bien que cette fois-ci, c'est la very last one. On sent bien que le cœur n'y est pas. Quelques bières plus loin (faut pas se désaccoutumer trop vite), je me sens à nouveau en pleine forme mais la voie de la sagesse me conseille de rentrer. Je m'endors avant de toucher l'oreiller.

Une tournée comme on les aime. Pleine de kilomètres, d'heures de van, de bonne humeur et de conneries, de fatigue et de vodka, de décibels apaisantes et de rencontres d'un autre monde. Et de douaniers moustachus.

The End. Si vous êtes arrivez jusqu'au bout de ce compte-rendu dont la puissance évocatrice le disputait à l'intérêt général, c'est que vous n'avez vraiment rien d'autres à faire (pas autant que celui qui l'a écrit répondit l'écho) et c'est bien courageux de votre part.
Un énorme merci à Adam, Richie et Aïna, Mitch et aux petits gars de Moller.

SKX (17/11/2005)

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