landowner
explodinginsound


Landowner
Assumption – LP
Exploding In Sound records 2026

Les mauvaises langues vont dire que c’est toujours un peu beaucoup la même chose avec Landowner. Assumption est le cinquième album du groupe de Holyoke (Massachusetts) et il est vrai que le terme évolution et tout ce qui s’en rapproche est absent de leur vocabulaire. Et je m’en tape royalement. Certains groupes ont des passe-droits, faut pas chercher à comprendre. Tombé dans la marmite Landowner tout petit, le quintet mené par le chanteur Dan Shaw qui continue d’écrire tous les morceaux (et d’élaborer la pochette) me charme toujours comme au premier jour. Pas surpris mais toujours étonné.
Landowner a au moins le mérite de ne jamais faiblir, ne jamais proposer une copie inférieure à la précédente. Cinq albums que ça dure, cinq albums à la matrice identique pour autant de disques parfaits d’une vitalité exemplaire. C’est donc reparti pour un tour de punk minimaliste. Une nervosité sur la corde raide, une pulsion primaire et sophistiquée en même temps, à l’apparence simple et directe mais où tout se fait dans la finesse et de menus détails, l’art de répéter les mesures tout en les faisant évoluer, l’art de faire monter la tension avec un minimum de moyens et de tenir en haleine. Landowner file droit mais jamais le paysage est monotone, il change constamment.
Parce que Landowner sait également insuffler un vent frais et mélodique, modifier l’humeur d’une compo à une autre par le simple fait d’accords plus mélancoliques et sombres (Expensive Rent, Uninhabitable ou le beau et un brin angoissant Unboxing), deux guitares qui n’ont pas besoin de beaucoup de cordes et de notes pour mettre en transe, pour exciter les neurones avec une qui aime répéter un riff pendant que l’autre distille des arpèges à toute berzingue ou des mélodies tendues, qui piquent et qui enchantent comme sur le splendide Parapet Wall, merveille de subtilités, d’écriture racée, de trépidations contenues avec une mélodie entêtante que ça en devient hypnotisant. Mais on pourrait dire ça de chaque titre. Jusqu’au final Normal Returns To Normal, titre le plus long et de loin. Six minutes et quelques d’une ultime course poursuite infatigable, répétitive, pleine d’entrain et qui finit par s’envoler en toute sobriété. Une justesse rigoureuse mais avec du cœur. Minimaliste mais tellement riche.
Au milieu de cette tension, Dan Shaw harangue les foules, s’inquiète pour l’environnement lui l’architecte paysagiste, pour ses enfants, revendique, envoie des bordées de colère sur toutes les aberrations du monde capitaliste d’une voix de plus en plus rêche mais toujours porteuse d’espoir. Assumption, ce n’est pas un miracle, juste le fruit d’un travail normal et obstiné d’un groupe unique. Landowner, toujours pareil mais sans cesse un renouvellement. Et un émerveillement.

SKX (19/04/2026)