The Fitt
When The Fitt Hit the Shan - LP
Dead Finger 2010

The Fitt n'est pas le genre de groupe à faire dans la dentelle et se prendre la tête. Le vinyl est blanc épais. Il tourne en 45 tours. Ce sont les seules fantaisies que le trio de Pittsburgh s'est permis. Trio droit dans ces bottes, il nous refait le coup du Hammerhead de Ethereal Killer. Punk-rock noise où les perles rugueuses à la mélodie virile s'enchaînent comme dans un rêve. Même emprunt de nostalgie. Mais quand c'est bon, ça ne vieillit jamais. Les années passent et on ne fait rien de mieux qu'un riff killer, une rythmique qui bastonne et des voix qui sentent l'homme pour reprendre en chœur. Dans la continuité de leur dernier single en date (Hawk Eyes), The Fitt vous met sur les rotules. Avec application. En appuyant toujours sur le même bouton, avec une obstination forçant le respect. Jusqu'au-boutiste et indécrottable. The Fitt met également du Nirvana de l'époque Breach. Deux accords, trois grand maximum, joués avec une conviction inébranlable, qui font mouche à chaque fois, le terme efficacité ayant été inventé pour eux. Du bonheur à chaque sillon, en toute simplicité, à l'image des paroles de Kate, chanson d'amour aux paroles d'une puérilité désarmante. Il faut attendre la fin de chaque face avec Pig Destroyer et When The Fitt hit the shan (qui est au passage un jeu de mot intraduisible avec une expression typiquement américaine) pour des morceaux un peu plus longs et encore plus abrasifs, démontrant que The Fitt est capable de compter au-delà de trois. Mais on s'en tape, on les aime comme ça The Fitt, digne représentant d'un punk-rock canal historique. Bien sûr, tout le monde risque de passer à coté de ce disque, surtout avec une pochette aussi splendide qui donne envie, œuvre du bassiste qui a osé mettre le mot Art à coté de son nom. Alors devant ce disque distribué avec les pieds, n'hésitez pas à écrire à The Fitt (pawdt@aol.com) pour obtenir votre copie.

SKX (07/09/2010)