zastava



Zastava
Buildings – LP
Forgery records 2025

Zastava vient de Detroit et construit avec Buildings un premier album qui fait grimper dans les tours de la satisfaction. Un endroit fort accueillant où le noise-rock écrit ses plus belles mélodies, où le chaos n’a jamais été aussi éclatant, où la puissance se dispute avec le déchirant. Un Buildings à plusieurs étages comme autant de lectures possibles. Au final, il faut juste retenir que Zastava met beaucoup de cœur et d’énergie pour composer huit morceaux débordant de passion et de tranchant avec deux guitares au centre des (d)ébats. Arman Bonislawski et Mateja Matic (qui chante également) rivalisent d’arpèges lumineux, d’accords vigoureux et de dissonances enfiévrées pour un dialogue trépidant et inspiré qui remue les tripes et parle au plus profond. Une onde de chaleur sur une plaie béante.
Et s’il faut ajouter un violon pour tirer encore plus sur la corde tragique, c’est chose faite avec l’invitée Indira Edwards sur 68. Mais Zastava n’a pas besoin d’artifices pour faire dans l’émouvant. C’est même mieux quand le quatuor le fait de façon plus naturelle et sauvage, fonçant dans le tas avec fougue et discernement. Les compos n’en sont que plus convaincantes et enflammées, solidement charpentées dans la tourmente par la section rythmique alors que l’organe vocal fort et charismatique de Matic souffle sur les braises. Quelques samples du bassiste Cameron Franck viennent enrichir l’atmosphère sur Station ou très discrètement au début de Out Here. Interlude n’en a que le nom du haut de ces deux minutes trente qui font croire qu’elles sont instrumentales avant l’intervention rageuse du chant à la toute fin. Et si vous voulez le tube de Buildings, il s’appelle Truth, magnifiquement imparable. Mais Running et le titre éponyme ne sont pas loin.
Un disque publié sur leur propre label Forgery records et qui mérite d’être grandement connu de la part d’un groupe dont les prochaines sorties vont être étroitement surveillées et attendues.

SKX (23/01/2026)