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This House
Soft Rains Will Come – LP
Pink Cotton Candy/Ramble/Red Wig records 2026

Le nom de GW Sok est un vrai attrape-mouche. Dès qu’il apparaît sur un projet, ça vous colle à la pupille et l’intérêt est tout de suite sollicité. De là à en parler à chaque fois, c’est une autre histoire. C’était le cas avec Is This A House, le premier album de This House qui d’ailleurs ne s’appelait pas encore This House. C’est sous le nom de GW Sok & Ignacio Córdoba que ce disque est paru en 2024. Une collaboration de notre hollandais préféré avec un espagnol qui vit à Copenhague, un artiste évoluant dans la sphère free-jazz, impro, électro avec des instruments qu’il invente, mêlant art sonore et expérimentations. Et ce premier album n’était pas simple à aborder. Trop free, trop abstrait, des collages sonores procurant trop rarement le frisson.
Changement de température avec Soft Rains Will Come. Córdoba opte pour un angle plus structuré et rythmique. Rock est encore un bien grand mot mais This House a réagencé les pièces et est devenu plus incisif et hospitalier. Soft Rains Will Come, un titre qui fait référence au poème There Will Come Soft Rains de l’américaine Sara Teasdale et qui a inspiré plus tard la nouvelle du même nom de Ray Bradbury. Une histoire de nature qui reprend toujours ses droits sans se soucier du sort des humains dont elle s’en moquerait bien ils venaient à disparaître, que la Terre se porte mieux sans l’action de l’homme. Écrit en 1918, bien avant le Covid et les catastrophes climatiques qui s’annoncent et ont commencé à pointer leurs torrides rayons de soleil, GW Sok s’en sert de point de départ pour parler de changement climatique et des politiques destructrices. Mais ce n’est jamais didactique. Chacun des huit morceaux est inspiré par des poèmes (Charles Bukowski, Jacques Prévert, Elisabeth Bishop ou encore Margaret Atwood) pour dire que la maison brûle et qu’on regarde ailleurs.
This House abrite bien des tempêtes et des détonations, des fragments grinçants, du résidu de ferraille et des dissonances qui frottent la peau. Avec également Søren Høi à la batterie et P.J. Fossum au synthés (remplacé par Kristian Tangvik pour les concerts) sur quatre compos alors que Córdoba s’occupe de tout ce qui est guitare, basse, programming et synthés également avec la voix et diction inimitables de Sok, Soft Rains Will Come évoque de lointains territoires cabossés de The Ex ou de This Heat. L’accent est mis sur le rythme qui n’est pas que le fruit de la batterie. Des guitares aigrelettes, bruyantes, aiguisées, des bruits de synthés tordus, de l’électronique qui se désagrège, une matière aussi physique que cérébrale constituent un enchevêtrement de structures et de sons échappant à l’abstraction pour se montrer plus tendues, tour à tour accidentées, trépidantes ou répétitives et majoritairement prenantes. This House, une architecture composite avec des contours expérimentaux qui cette fois arrive plus d’une fois à coller le frisson.

SKX (25/06/2026)