there
psychicstatic


There
s/t – LP
Psychic Static records 2026


There, difficile de faire nom de groupe plus générique et anti-recherche sur les réseaux de la toile mondiale. C’est pourtant un beau poisson que Psychic Static a pris dans ses filets avec des membres dont les noms sont moins communs que le patronyme du groupe basé à Providence. A commencer par Stephen Mattos, l’ex-guitariste de Arab On Radar et tout ce qui en a découlé (Athletic Automaton, Doomsday Student) puis aussi Brent Frattini (The Cancer Conspiracy et ex-Daughters) à l’autre guitare + sound collage. Avec Patrick Crump (batterie) et Josh Kemp (chant, basse, synth), le tableau de famille est complet et There peut publier son premier disque comportant uniquement cinq titres. Mais celui occupant toute la face B s’étale sur plus de treize minutes. Et un autre justement appelé Fifty Six Seconds Of January The Fourteenth Twenty Twenty Five n’atteint même pas la minute. Vous le sentez le groupe décalé et bizarre qui ne veut rien faire comme personne ?
There n’est cependant pas un groupe spécialement étrange produisant une musique singulière. Mais son noise-rock n’est pas commun. Il coche les cases du style mais se montre aussi déviant. Il sait être carré et partir à l’oblique. S’embarquer dans les dissonances et les tonalités d’une guitare où la patte de Mattos est reconnaissable, ce son qui strie les tympans puis devenir avenant et plus harmonieux avec l’aide de la seconde guitare. Fricoter avec des simili solos de l’au-delà sans que ça parte dans un grand stress comme sur les neuf minutes de Dirtbreather. Et puis vous avez une dimension psychédélique qui n’est pas du tout à négliger. C’est surtout vrai sur The Famous Handsome Actor, le péplum de la face B mais pas seulement. Entre le chant relativement épars de Kemp qui arrive détaché comme dans un lointain écho, les effets de guitares et du synthé et la façon imprévisible d’avancer des compos, ce disque baigne dans une aura psyché-noise-tordu-hallucinatoire. There peut ainsi proposer des morceaux noise grinçants et acides du plus bel effet (Disposable Head ou le plus trépidant et expé Hello Oblivion) et s’attaquer avec ambition à ce qui constitue leur plus belle réussite, The Famous Handsome Actor. Un titre très évolutif, beau, planant, discordant, presque mélancolique, mélodique aussi quand une des deux guitares dispense à son mitan des accords séduisants pendant que les autres six cordes crissent et que mon tout avec l’aide d’une rythmique martelante et répétitive fait monter une intensité aussi bruyante que magnétique ne signifiant pas la fin d’un titre rebondissant dans des strates toujours aussi merveilleusement dissonantes et troublées. Du travail d’orfèvres de la part d’un groupe qui sait comment sculpter la matière noise pour en faire un objet subtilement personnel et attirant.

SKX (31/03/2026)