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Tabatha Crash
We Need To Talk – LP
Araki/Atypeek Music/Bad Health/GED records 2025

Après le sympathique museau poilu et baveux de Twist, Tabatha Crash revient cinq ans plus tard avec un coq ou autres volailles belliqueuses prêtes à vous chiquer les mollets. Ça s’appelle We Need To Talk et avec ce méchant regard droit dans les yeux, la sentence paraît irrévocable. Oui, on va causer, pas de problème, tout avouer même, c’est important de parler, de tout se dire, même si ça fait mal. Et le trio parisien est expert pour vous arracher la vérité sous le joug d’un noise-rock qui a fait ses preuves et qui les remet en jeu sans coup férir.
Un groupe toujours à l’économie puisque qu’après tout ce silence, huit titres, une petite-demi heure et puis s’en va. Mais ça claque comme si ça venait des antres moites et noise de Chicago et c’est tout ce qu’on aime. Enregistré par Pierre-Antoine Parrois (batteur de Papier Tigre et La Colonie De Vacances), We Need To Talk assène un matraquage intransigeant, dur et droit dans ses bottes, une froide colère qui ne demande qu’à exploser. Et qui ne se fait pas prier pour le faire. Déflagration sur déflagration, ça s’appelle incendie généralisé. Avec l’art d’ajuster l’intensité des braises, prendre le temps de faire chauffer la marmite bruyante (September), d’asséner un groove emballant (l’impeccable Our Lands) ou tonitruant, de glisser de nombreuses subtilités et autres effets malicieux entre deux uppercuts, de se faire plus tortueux (les cinq minutes de That Place) ou de tacler les deux pieds en avant comme sur le bien nommé Bomb ou le trépidant The Note alors que le début de Moscow-Paris se fait plus grave avant que les capitales ne s’enflamment à la fin. Tabatha Crash, ce n’est jamais tête baissée dans le chaos. Le trio alterne le chaud et le froid sous une carapace fougueuse, place les riffs accrocheurs pour que les compos prennent vie et délivre un deuxième album irréprochable. Tabatha Crash, un groupe qui se fait discret mais c’est toujours un plaisir de les voir sortir de leur tanière.

SKX (29/01/26)