snailgun
undunn


Snailgun
Glass Walls – LP
Undunn records 2026

Snailgun, un drôle de nom de groupe ne proposant pas de lutter contre la vente d’armes à feu avec un pistolet à escargot ou d’éradiquer les gastéropodes en partant à la chasse à l’escargot avec un pistolet mais un premier album qui tire à balles réelles et fait baver de bonheur.
Glass Walls monte dans les tours sous les assauts insistants d’un noisy-rock instable, d’une agitation post-punk hautement inflammable, d’escarmouches punk-noise percutantes, de longues digressions répétitives, bruyantes et dissonantes et des mélodies qui arrivent sans problème à s’insérer dans tout ce flamboyant bordel.
Snailgun, un trio de Melbourne dont je ne m’attendais pas qu’il évoque le Wolfhounds de Blown Away et Attitude avec un J Mascis des Antipodes à la guitare. Adam Osth est le nom du guitariste qui chante aussi et il est au centre des débats, mène la danse, l’incendiaire de service. Il n’en fout pas de partout non plus, loin de là, mais son jeu qui défrise, dérape, écorche, irradie avec un son personnel, l’intensité qu’il y met, l’abrasion qui se dégage des six cordes électriques, les accroches mélodiques nombreuses semées en route qui rendent tout ça plus mémorable en font le point fort de Glass Walls. Avec comme plus bel exemple les folles six minutes et quelques de It’s Called Fear. Surtout toute la seconde partie instrumentale. Un long passage pendant lequel Snailgun joue avec une intensité croissante, que quand tu crois que le guitariste a été au bout de la tension, il en rajoute encore une couche, et puis une autre encore et puis une dernière jusqu’à saigner des jointures, faire crisser les cordes dans un grand bain d’urgence aiguë sur une rythmique emballante et entraînante ne bougeant pas d’un iota et un embrasement final libérateur.
Et des morceaux qui s’étirent, la guitare qui se lance dans des tirades aussi hirsutes que mélodiques donnant l’impression d’être improvisées, des phrases musicales qui s’attardent jusqu’à l’explosion ou une envolée encore plus belle et intense avec une solide section rythmique dont un bassiste (Daniel Little, Sam Maher étant le batteur) qui sait se faire entendre, Glass Walls en comporte quelques glorieux spécimens. Ça s’appelle SD pour ouvrir les hostilités de fort belle manière, le lancinant Shadow Operator et le marquant Screamy Cat dépassant les huit minutes avec sa touche de piano en bonus.
Snailgun sait aussi faire court et incisif avec le trépidant et bien nommé Straight Ahead et la doublette Midway I en version instru enchaîné avec Midway II et un chant qui sait se montrer tour à tour aboyeur ou plus mélodique. Droit au but, le trio australien montre de la ressource et de la diversité avec des morceaux rapidement entêtants possédant chacun son aura. Jusqu’à inviter le saxophoniste David Waldie sur Labyrinth dont la présence surprend au milieu de tout ce déluge et dont l’intervention en mode glamour peut faire peur. Heureusement, les trois Snailgun continue d’assurer le raffut tout autour pour que la flamme ne s’éteigne pas. Un premier album qui apparaît dans toute sa spontanéité, l’important n’étant pas la perfection mais la fougue et le naturel se dégageant d’un groupe qui va faire de nombreuses victimes. Et pas que chez les escargots.

SKX (24/07/2026)