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37500 Yens
Astero – LP
Bruit Sourd/Eye Of Storm/Garden Seat records 2026

Quasi vingt ans plus tard, le seul album de 37500 Yens va être publié en vinyle. Sorti uniquement en CD en 2007 par Distille records, Astero bénéficie de l’aide de trois labels pour se rappeler à notre bon souvenir. Dont un Australien (Garden Seat). A croire que le duo rémois, durant sa très courte vie, avait eu le temps de faire parvenir l’écho de sa musique à l’autre bout du monde.
Et il est vrai que cet album avait fortement marqué les esprits. Un noise-rock racé qui allait explorer bien au-delà de ce que cette étiquette laisse entendre d’habitude. Idem pour l’appellation math-rock dont le duo était trop vite affublé et franchement trop restrictive et inadéquate.
A l’instar de Cheval De Frise ou Bästard, 37500 Yens développait son propre langage à partir d’éléments connus, sa propre magie sans pourtant rien révolutionner. Leurs compos étaient tout simplement belles et puissantes, une petite musique interne qui les rendait magnétiques. Et vingt ans plus tard, ces morceaux n’ont pas pris une ride. Si c’est pas un signe ça.
Frank (batterie) et Jud (guitare) avaient l’art d’échafauder des structures aussi fines que perçantes, lumineuses que mystérieuses, distiller des ambiances tour à tour trépidantes, faussement complexes et toujours enlevées, mélodiques avec des accords cinglants et inspirés, faire des détours vers des atmosphères plus jazzy sur Microphonie ou Canard Boiteux avec l’intervention au sax du père du guitariste, revenir inlassablement à un axe rock avec une rythmique vive, explosive, inventive jusqu’à devenir menaçant avec la présence de la voix granuleuse et grondante d’un certain J.C. sur The Sullivan’s Quartet.
Huit compos sans cesse en mouvement, variant les dynamiques, soupesant les volumes, créant autant de frénésie que de profondeur. C’est reparti pour vingt ans.
Mais ça ne s’arrête pas là. Si en 2007, 37500 Yens avait également publié un split 10’’, il avait surtout été question d’un second album. Qui n’a jamais vu le jour. Les morceaux sont bons, notamment un titre avec Sascha Andres d'Heliogabale, mais le son leur échappe. Les essais s'enchaînent, la vie avance, le perfectionnisme s'installe. Le disque reste inachevé dixit la fiche promo du label Bruit Sourd.
De cet album jamais réellement mené à son terme, trois titres sont finalement validés et sont téléchargeables avec le coupon glissé à l’intérieur d’Astero prenant ainsi une belle plus-value. Et qui procure autant de joie qu’il avive les regrets de ne pas avoir pu profiter en entier de ce deuxième album qui s’annonçait également excellent à l’écoute de ces trois compos ressuscitées. Pas de titres, que des chiffres (4, 5 et 6) et toujours cette même vista pour écrire des morceaux haletants avec du chant sur 4, de multiples décrochages et de reliefs s’enfilant en toute fluidité, de véhémence sous contrôle, de rafales de batterie pour introduire les cinq minutes de 6 s’étalant de toute sa splendeur entre mélancolie et haute intensité.
Astero
, l’album qu’il vous faut et 37500 Yens, un groupe météorité qui aura eu le temps de marquer les esprits.

SKX (19/10/2026)