affordablerepayments
nohoper
undunn
trashcult


Affordable Repayments / No Hoper
Split – LP
Undunn/Trash Cult records 2026

Un split entre Australiens. Entre un groupe déjà connu et apprécié de nos services et qui a donc poussé à la convoitise (No Hoper) et un autre ne demandant qu’à être découvert (Affordable Repayments). Depuis son récent premier album, No Hoper a perdu son joueur de synthés mais le sextet devenu quintet continue de pratiquer un noise-rock mutant, étiquette d’ailleurs bien trop étriquée pour contenir toutes les différentes émotions que ces trois nouveaux titres véhiculent. Et si elles sont complexes ses émotions, c’est pour mieux te prendre au piège. Headlights et Luggage serpentent entre sonorités tranchantes et une certaine élégance avec les mélodies d’un saxophone qui s’époumone un peu plus sur la fin de Luggage, mélodies que la guitare et la basse six cordes aliment et tissent de la plus brillante des manières. Entre gravité de morceaux trimballant une impression d’accablement et une tension libérée avec sobriété mais qui donne tout le mordant pour deux titres sinueux toujours aussi bien rondement menés. Et que les presque neuf minutes de Black Swan viennent couronner tout en retenue. A tel point que toute la fin se déroule dans un quasi silence, c’est à dire la moitié de la compo. Ça fait beaucoup mais ce qui précède est emprunt d’une belle classe, d’un chant parlé du plus bel effet, d’une montée d’intensité qui ne grimpe pas droit et d’éclats venant à point nommé.
Avec Affordable Repayments, le saxo est aussi de sortie. Tout comme le synthé. C’est d’ailleurs la même personne, Jenny Divers, qui en joue. On entend même que lui (le synthé) dès les sept minutes introductives de Different Strokes. De quoi faire parcourir un léger frisson de crainte. Surtout qu’on l’entend très clairement tout au long de ce premier titre. Tout comme le saxo qui déboulera bien plus tard. Quand le synthé se mettra en veille. Pas tous les plaisirs en même temps, faut pas déconner. Ça l’air mal parti dit comme ça et pourtant, ce morceau et les deux suivants arrivent à faire de l’effet sur la longueur. Une rythmique motorik, guitare et basse qui ne font qu’aller de l’avant et chant féminin plus doux et aérien chez ce quartet de Portarlington à la parité parfaitement respectée. Affordable Repayments baigne dans une sorte d’aura krautrock-pop-shoegaze pas dénué de charme. Un mélange d’hypnose tendue et de mélodies au saxo qui peuvent irriter mais finissent par passer (l’instrumental Structural Dissociation), une transe un brin expérimentale qui aime l’harmonie, une approche aussi légèrement décalée qu’accessible, c’est à la fois éthéré et explosif, tranquille et dissonant avec l’ultime morceau Move Like Ghosts dont le court refrain fait à chaque fois penser au Monkey Goes To Heaven des Pixies. Sans doute involontaire mais impossible de se l’enlever de la tête. Et pour la touche finale, Jeff Mueller (June Of 44, Shipping News) a signé l’artwork et l’impression de la pochette à Dexterity Letter Press.

SKX (21/07/2026)