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Movie Star Junkies
Walk On Bones – LP
Beast records 2026

L’année dernière, Movie Star Junkies a fêté ses vingt ans d’existence avec un album live passé inaperçu, Giorno Potente Vol.3, Live al Cineteatro Il Vicoletto sur Potente records et dont l’enregistrement est impeccable. Comme tout ce que fait le groupe italien (ou presque). Walk On Bones n’est que le sixième album des Turinois depuis la création du groupe en 2005 mais il respire la classe qui suintait déjà à gros bouillons sur Shadow Of A Rose.
Cinq années séparent ces deux disques. Avec une formation largement remaniée et trois nouveaux membres qui ont eu le temps de se faire la main sur le single Boy, Life Is Chaos, Movie Star Junkies reprend les affaires courantes sans changer de lignes directives avec un Walk On Bones qui marche sur l’eau.
Sur une pochette signée par James F. Johnston (Gallon Drunk), le quintet distille son punk-garage qui puise dans le blues de quoi écrire une belle tranche de rock s’affranchissant en fait des genres et sous-genres. Des mélodies autant veloutées que fuselées dans l’acier que Movie Star Junkies débitent en de fines lames brillantes et joliment vénéneuses. Des ballades appuyées qui trimballent leur lot de fantômes (Somewhere Below ou In Circles) ou des ballades pas appuyées (Sandra) avec Laura Guglielmi invitée au chant pour seconder Stefano Isaia mais qui trimballe aussi son lot de spleen, de douceur nostalgique et de cordes acoustiques.
Mais c’est tout de même quand Movie Star Junkies cinglent les guitares électriques et frappent les peaux qu’il enflamme les sens. Avec élégance toujours mais une acuité qui transperce. Surtout sur la deuxième partie de Walk On Bones avec l’enchaînement imparable et jouissif de Behind The Hills qui donne envie d’étreindre la lune, When The Night Comes qui explose sa face noire et de loin le morceau le plus virulent de l’album et le magique Far As Heaven en point d’orgue, ses arpèges nerveux et hypnotisants et sa mélodie qui la décroche (la lune). Movie Star Junkies a beau avoir atténué la fougue de sa jeunesse, elle est toujours là, planquée dans l’ombre, l’urgence au bout des deux guitares et d’une rythmique frémissante et prête à ruer, plus d’une fois trépidante et entraînante, l’intensité derrière la sobre beauté. Ce que confirment des titres comme le titre éponyme et Hard To Beat montrant un groupe sachant aller à l’essentiel, offensif, prêt de l’os et pourtant travaillant finement son rock’n’roll prenant des allures de classique intemporel.

SKX (29/05/2026)