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medievalfoundfootage
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Medieval
Found Footage
Abagnale CD-r
self-released 2026
Medieval Found Footage est un nouveau groupe de London. Mais pas le London
anglais. Celui au Canada, dans lOntario. Et comme souvent avec les
groupes qui débutent et sortent leur premier enregistrement, Medieval
Found Footage a vidé tout ce quil avait dans son sac sur
cet album finalement publié avec ses propres moyens sous forme
de CD-R. Cest à dire quun peu de tri et couper dans
les bandes nauraient pas été un luxe. Mais vous avez
suffisamment de matière solide et engageante pour conserver lintérêt
tout au long de ces cinquante minutes pour seulement sept titres.
Les premiers titres jetés en pâture en avant-première
laissaient penser que Medieval Found Footage affrontait les terres mouvementés
du noise-rock sans peur et avec un bel aplomb. Ça sappelle
Renovation et Spoken, WA, deux morceaux aussi éclatés
que perçants, convulsifs, trépidants avec un brin de dinguerie
qui pointe et les rend imprévisibles et captivants.
Mais cest sur les neuf minutes de Diluted que Abagnale
souvre et cest un registre bien plus tordu. On sentait bien
que le chanteur avait un grain, une capacité à vivre intensément
ses paroles énigmatiques. Sur Diluted, il apparaît
totalement habité et malade, jusquà lexcès
sans doute mais la performance retient lattention et donne un drôle
de relief à un morceau aussi narratif que déglingué
où les structures partent en vrille plus dune fois mais saccompagnent
aussi de passages plus lourds, carrés ou sournois. Langoisse
est en tout cas palpable et on ne peut jurer de rien.
Lenchaînement avec les sept minutes de Greeter promet
également bien des surprises. Medieval Found Footage aime mettre
de la démence dans son noise-rock, samuser avec les règles
et les ossatures semblant raconter des histoires, souffler le chaud et
le froid, glisser de petites mélodies dissonantes et innocentes
ou les dévoiler, les éclairer (Song For A Siren)
et ruer dans les brancards avec toujours ce chanteur extraverti optant
pour de multiples personnages dans des tonalités hybrides. Et finir
comme le quatuor avait commencer. Par un morceau fleuve. Les treize minutes
de Shark / Eats / Man montre un chanteur qui ne va toujours pas
mieux mais il se débat contre ses fantômes avec bravoure
sur une musique pas aussi chaotique quon aurait pu croire. Elle
a même quelque chose dassez apaisante, mélodique et
enlevée, répétitive sans vraiment lêtre
sous le fin déluge noisy de la guitare et de la rythmique endurante.
Un disque pas de tout repos mais il vaut le détour et présage
dun groupe avec un beau potentiel.
SKX (16/07/2026)
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