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Louse
Buyer’s Remorse – LP
Riot Season records 2026

De remords à l’achat, vous n’en aurez pas parce que vous savez où vous mettez les pieds et Louse ne déçoit pas. Buyer’s Remorse, deuxième album du groupe anglais continue de piétiner joyeusement son scum rock qui bavait déjà de partout sur Creep Call.
Et histoire d’en mettre encore un peu plus de partout, Louse a ajouté un troisième guitariste à sa panoplie en la personne de Uncle Brutus. On a la famille qu’on mérite. Uncle Brutus n’est cependant pas indiqué sur l’insert comme ayant participé à la fête mais uniquement sur la page bandcamp du groupe. Qu’importe, à cinq ou à six, Louse a intensifié son bordel et le poids des guitares se fait magnifiquement sentir tout comme leur pouvoir nocif qui vire parfois à un psychédélisme cauchemardesque.
Dans ce créneau musical, la simple idée d’évolution et de changement est un gros mot. Demandez donc à Brainbombs. Mais Louse arrive quand même à être plus brutal et batailleur. A remettre le couvert de Creep Call sur l’autel de la ténacité avec un aplomb grandissant.
Buyer’s Remorse montre également que le scum rock de Louse sait prendre ses distances avec les figures tutélaires du style comme Brainbombs ou Drunks With Guns. Si Louse ne s’embarrasse toujours pas de beaucoup d’accords dans ses (mono)riffs répétitifs, que la misanthropie et le nihilisme suintent comme une évidence, le groupe de Newcastle insuffle une énergie globale bien plus conséquente, rythmiquement appuyé et virulent, voir vif sur Legal Loophole, Wheel ou Meatslide. Avec la couche de crasse et de distorsions, Louse taquine régulièrement le territoire d’Unsane et autres entités noise-rock percutantes à la Rectal Hygienics (Matt Ibarra a d’ailleurs masterisé l’album) avec aussi une basse grondante qui sait se faire entendre. Pas ou si peu de ce truc lancinant et poisseux qui scotche au bitume, ce bruit neurasthénique avançant sur un faux rythme.
Louse a les crocs et torche sans s’installer dans la durée des compos qui éclatent plus qu’elles n’écrasent en moins de trois minutes, des compos qui arrivent même à être douloureuses et plombantes à crever dans toute leur déchéance et leur violence comme sur Rags And Tatters. Avec Buyer’s Remorse, Louse a su se faire un nom dans le scum rock et bien au-delà.
Et si vous avez besoin d’une dose de souffrance supplémentaire, un Cdr Live At Sunday School était fourni avec les 80 premières copies. Et téléchargeable avec le coupon glissé dans tous les autres exemplaires. Dix titres qui eux donnent le seul regret de Buyer’s Remorse, ne pas avoir encore vu Louse en concert.

SKX (14/10/2026)