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infinitechug
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Im
Being Good
Shapeshitter LP
Infinite Chug records 2026
Cest lhistoire dun disque qui a mis une éternité
à sortir. Pas la version numérique qui sest pointée
quasi un an mois pour mois. Mais le vinyle qui a connu toutes les étapes
des déboires (retard, faillite, mauvais test-pressing) et qui nest
apparu que récemment. Et comme vous connaissez lamour de
cette gazette internet pour cet objet devenu signe extérieur de
richesse et naïvement précommandé sans se douter de
ce qui allait se passer, on la patiemment attendu pour en parler.
Le groupe était même tellement confus de faire poireauter
ses millions dacheteurs de Shapeshitter quil avait
envoyé gratuitement sous forme de téléchargement
des morceaux de Im Being Good écrits au fil des années
et spécialement enregistrés pour sexcuser du retard.
Ces compos sont désormais fixées sur un CD se nommant Zero
Gravity Amputations.
Mais il en faut plus pour déstabiliser Andrew Clare qui fait la
pluie et le beau temps chez Im Being Good dans les méandres
de lunderground anglais qui le conserve au chaud depuis plus de
trente ans. Shapeshitter est une nouvelle déclinaison de
ce talent singulier qui mériterait de prendre un peu plus la lumière
du jour.
Un dixième (voir plus) album
qui laisse dans un état tout bizarre, tout cotonneux. Pour linspiration,
Im Being Good parle dune scène dun film de Wim
Wenders entre Dennis Hopper et Bruno Ganz comme point de départ.
Vous pouvez vous amuser à lire le reste de lanecdote sur
le bandcamp du groupe mais au final, Im Being Good a tenté
de retranscrire lambiance angoissante de la BO de ce film (ça
doit être LAmi Américain) mais cétait
comme essayer de sauver une glace qui fond. Et ce quil en
reste, cest pas de la tarte.
Dhabitude bien ciblé pour ces accointances entre Polvo et
Trumans Water avec aussi Sweet Williams et The Conformists traînant
dans les parages, cest surtout du coté de lesprit de
US Maple quil faut chercher à se raccrocher. Quand la réalité
nest pas celle quon croit, que les guitares prennent la tangente,
semblent se désaccorder, interpréter des mélodies
atonales, que les structures se distendent et que le rock se voit tout
retourner et sans mode demploi pour le comprendre. Shapeshitter
est dans ce goût là.
Jamais un disque de Im Being Good navait sonné aussi
faussement calme, faussement détendu, sans explosion ou virulence
qui dure. Le groupe joue avec la tension ou, pour paraphraser le commentaire
de Clare sur cette fameuse BO, suggère sans cesse que quelque chose
de terrible va se produire mais que jamais un évènement
de grave arrive. Et cest perturbant. Il faut du temps (que vous
navez pas bien sûr) pour se familiariser avec cette drôle
datmosphère, se laisser envelopper par lossature caoutchouteuse,
happer par les mélodies décalées et voir apparaître
le fil conducteur.
Le début de Shapeshitter est particulièrement révélateur
de cette approche. Les six minutes de Parasol et ses jolis accords
pas si jolis que ça, le chant très doux et posé de
Clare (ça sera une constante sur lalbum), A Greener Shade
Of Teal qui donne limpression de vouloir partir et qui donc,
ne part pas. Et enfin, Red Boy avec son violon grinçant,
ses cloches, quelques touches de piano et son ambiance pour BO de film
lugubre et stressant. Il faut attendre Marsupialised pour retrouver
le Im Being Good que lon connaît. Et encore, malgré
quelques pics de tension, un semblant dénervement et des
angles plus saillants, les titres suivants continuent de jouer avec les
nerfs. Et cest même une autre facette du trio anglais qui
se découvre. Im Being Good devient plus mélodique,
voir mélancolique, presque beau sur Splainers Gonna Splain
et Have I Got Noose For You. Deux compos franchement touchantes
et réussies.
Mais on peut dire ça de lensemble de Shapeshitter
à lécriture détaillée et fine, à
la charpente flottante et ses pièces vaporeuses qui mettent dans
un état second, ses deux guitares jouant les équilibristes
et claquant des accords aussi singuliers que magnétiques. Shapeshitter
valait bien toute cette attente mais encore faut-il avoir la patience
et ceci à tout point de vue pour cet album qui se mérite.
SKX (27/05/2026)

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