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Haraball
Fear Of The Plow – LP
Fysisk Format records 2025

Fear Of The Plow est déjà le quatrième album de Haraball. À écouter ce que le groupe norvégien a bien pu produire auparavant pour essayer de rattraper le retard, je comprends pourquoi la musique de Haraball ne s’est jamais arrêté par ici. Un hardcore-punk très classique, tchak-poum tchak-poum en deux minutes. Rien qui donne envie.
En même temps, ça fait sept ans que Haraball ne s’était pas manifesté. Depuis le troisième album Hypno qui avait déjà engendré la mue du quintet d’Oslo. Haraball a pris tout son temps, s’est écarté de ses racines hardcore sans concession tout en conservant son énergie et a peaufiné un son plus hybride. Ça claque, plus précis, sombre et dur aussi et pourtant laisse la porte ouverte à plus d’arrangements et autres bruits pas facilement identifiables comme des bouts de claviers frénétiques sur The Squatter, des triturations noise, des effets plus retors.
Haraball a surtout étoffé ses compos, rallongé le tir, n’a pas peur d’insuffler un élan mélodique et envoie tout valser avec une intensité remarquable. Parce que c’est ce qui frappe sur Fear Of The Plow. Une pulsation énorme, un rythme qui va toujours de l’avant, qui court, vole, prend d’entrée de jeu et ne lâche jamais. C’est son atout principal, sa faiblesse aussi diront les mauvaises langues tant la dynamique est un peu pas mal toujours identique, ce qui pourrait être le seul (petit) reproche de Fear Of The Plow. Mais franchement, en trente minutes et neuf morceaux, cette urgence et ce magnifique allant passe sans coup férir. Ça vous transperce, met en transe et quand en plus, Haraball trouve les réglages parfaits et le petit supplément de souffle supplémentaire ou des riffs encore plus beaux ou déglingués, ça donne des compos qui brûlent tout comme le fougueux Prison Cheese ou Clown College. Le nom de Haraball est désormais bien coché.

SKX (21/02/2026)