guck
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Guck
Gucked Up – LP
Three One G records 2025

Guck, un nom qui prête autant à rire qu’à la méfiance. Vous aurez les deux, le plaisir et la souffrance. Un nouveau groupe de Los Angeles avec le guitariste Chappy Hull, transfuge notamment de Pile sur une poignée d’enregistrements, qui débarque en ville et sympathise avec des anciens membres de Prized Pig dont l’unique single aura suffi à nous accrocher avant de se désagréger dans l’anonymat. Et enfin, April Gerloff, la bassiste de Sprain qui venait lui de subitement se désintégrer, relève le défi en passant pour la première fois de sa vie de musicienne au poste de chanteuse. Un quintet à l’alchimie particulière et aussi hétéroclite que le parcours de ses membres livrant avec Gucked Up un maelstrom sonore fracassant et intrépide. Ou comment se frayer un chemin vers l’originalité à travers la diversité.
Symbolisé par la voix de Gerloff capable d’être innocente et enfantine puis devenir féroce avec de terribles grondements gutturaux, la musique de Guck est aussi fun que chaotique, entraînante que sauvage et stridente. Guck marie Arab On Radar et Blood Brothers, The Locust et Butthole Surfers, défonce le noise-rock à grands coups de synthés perçants qui agissent souvent comme une seconde guitare tout en se mélangeant adroitement avec celle de Hull, décapite le synth-punk avec une rythmique qui tabasse mais qui n’empêche pas de régulièrement de vous donner envie de danser, ne refuse jamais les mélodies avec un réel sens de l’accroche alors que le sentiment de déferlante noise est omniprésent, part dans des embardées punk de l’espace bien déjantées pour se faire rattraper par une no-wave punitive. Et sans cesse cette furie de Gerloff dont le chant parfois très aigu pourra porter sur le système des plus sensibles mais offrant une performance générale bluffante comme si elles étaient plusieurs dans sa tête. Elle est pour beaucoup dans cette impression de folie qui transperce Gucked Up de part en part.
Onze titres jouissifs demandant un petit temps d’adaptation à votre cerveau pas habitué d’être trituré de la sorte pour un bonheur décuplé au final. Un disque débridé cherchant l’expérimentation tout en étant d’une précision diabolique, survolté mais regorgeant de subtilités, traversé par de brillantes fulgurances et dont chaque morceau est une bombe aussi menaçante que récréative. Une belle et grande révélation. Mettez du Guck dans votre vie.

SKX (13/01/2026)