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Earth Ball
Outside Over There – LP
Upset The Rhythm records 2025

Outside Over There, c’est Earth Ball, c’est le Canada, tout à l’ouest du continent américain, dans la ville de Nanaimo au large de Vancouver. Et Earth Ball n’est pas qu’à l’ouest physiquement. Un quintet barré qui se gaufre de grosses tartines de free-rock-noise psychédéliquement tordues traversées d’éclairs improvisés, de grondements ténébreux, sauvages et épiques et d’ondulations expérimentales aux formes incertaines et rêveuses. Ou cauchemardesques, c’est selon. Rien n’est acquis, rien n’est simple avec Earth Ball.
Une transe bouillonnante qui ne met pas dans le confort. Débauche de percussions, de guitares, d’effets électroniques, des cuivres (trompette, saxo tenor, clarinette), le chant d’Isabel Ford et celui plus intense et énervé de Jeremy Van Wyck (soutenu par l’invité Justin Dale Patterson sur trois titres). C’est l’esprit de God qui frappe à la porte de chez Earth Ball parce que la terre ne tourne plus rond depuis longtemps et rien ne vaut un beau bordel quand les structures éclatent pour symboliser le chaos environnant. Et c’est là toute la force et la folie de ce second album.
Les compos Helsinki, Hellfire Relations, Where I Come From et les plus de onze minutes en forme d’apothéose du furieux et homérique And Music Shall Untune The Sky, c’est de la belle tornade libre de souffler là où elle veut, quand free-jazz et no-wave se télescopent dans un grand fracas aussi shamanique que paranoïaque. La batterie très percutante et entraînante de John Brennan, les plaintes hystériques des cuivres déchaînés, l’urgence qui suinte des chants, les montées de pression qui montent dans le désordre, les envolées anarchiques qui ne retombent plus, la lourdeur soudaine, tous ces sons qui déferlent et refluent, la violence et la beauté qui se dégagent de tout ce maelstrom sonore, c’est puissant et ça calme.
Mais ce n’est pas tous le temps. Earth Ball a pitié de vous. Heureusement ou malencontreusement, c’est selon. Le titre éponyme qui dure plus de sept minutes et les deux plus brefs Seeing Doors Unlock et Behind The Mall relâchent la pression, se font plus calme mais avec une pointe d’angoisse et de mystère bien prégnante, des moments troubles qui peuvent être perçus comme des passages pour reprendre son souffle et travailler en profondeur l’atmosphère. Mais c’est vraiment quand Earth Ball attaque au corps qu’il est captivant. Outside Over There, un disque de malades et illuminé.

SKX (18/03/2026)