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Crying
Loser
The Ick LP
Trapped Animal records 2026
Premier album pour Crying Loser après Oaf
Milk, un premier enregistrement six titres qui avait déjà
tout dun grand. The Ick, cest le dégoût,
le détail qui rebute dans une relation, le tue-lamour. Heureusement,
point de rejet avec Crying Loser, la séduction est toujours forte.
Né dimprovisations dans un ancien bureau de paris abandonné,
The Ick possède cette énergie punk ne se donnant
aucune limite, la liberté de faire le bordel qui passe par la caboche
de quatre Irlandais (Cork) ne se souciant pas des convenances et encore
moins des styles. Le mouvement no-wave auquel Crying Loser a été
trop rapidement associé se dilue dans des méandres plus
free, noise, jazzy, étranges, hybrides. Groove et chaos cohabitent
dans des structures incertaines, entraînantes, hypnotiques, sous
tension avec de soudaines éruptions brutales. James Chance And
The Contortions na plus quà bien se tenir. Ses rejetons
nen font quà leur tête et vont de lavant.
Crying Loser met le feu au poudre dès lintroductif Do
The Jerk. Et de secousses, de convulsions diaboliques, il va en être
beaucoup question. Mais ça ne danse pas toujours, même en
jetant vos quatre membres en ordre dispersé. Si Flesh Interface
est également une belle tranche de vie pour réchauffer les
corps, The Ick ébranle les élans les plus décidés,
disperse des éclats de verre sous les pieds et dans la cervelle,
fricote avec les dissonances et le chant sauvage qui gratte du guitariste
Arthur Pawsey, casse les hanches pour mieux les réemboiter.
Mais The Ick, cest aussi de la mélodie, de lapaisement
et de la profondeur dont la clarinette-basse de Sam Clague est la principale
pourvoyeuse. Les plans rythmiques (Michael Fitzgerald, basse et Ruarí
De Búrca, batterie) prônent laccalmie et la réserve,
la répétition sans lexplosion. Des arrangements plus
suaves avec du marimba sur Isnt It Better Than Staying In Bed
voient le jour. Des petites douceurs qui sintercalent entre deux
abrasions comme cette seconde partie plus vaporeuse et tranquillement
envoûtante de Dem Jobs me rappelant sans cesse Moonshake
ou Long Fin Killie alors que Real World est un morceau de sortie
qui semble vouloir partir et dérailler mais se fait tout en tension
retenue avec son magnifique air de clarinette-basse et ses non moins arpèges
subjuguants. Une expérimentation marrante plus tard avec Bad
Haircut et son sample sur fond de bruitages angoissants dune
interview dAvril Lavigne rejetant létiquette punk quon
lui a collé (c'est plus punk de dire qu'on n'est pas punk que
de prétendre l'être mais de toute façon elle déteste
le punk), The Ick à sa façon montre que Crying
Loser nest également pas le groupe quon imaginait.
Il ne sinterdit rien, va où bon lui semble et ouvre des perspectives
alléchantes dont cet album est un second jalon très jouissif.
SKX (31/05/2026)

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