crouch
heimlichmanoeuvres


Crouch
Breaking The Catatonic State – LP
Heimlich Manoeuvres records 2026

Assurément, Crouch va vous sortir d’un état catatonique. À grands coups de pied dans la tronche avec balayette assortie dans les tibias. Et une multitude de beignes retorses que t’auras pas vu venir. Breaking The Catatonic State, premier album du trio belge Crouch qui se place entre Botch, Great Falls et Knut pour donner leur propre version d’un hardcore-noise-sludge-metal abrasif, écorché et explosif.
Avec des membres de Wiegedood, Oathbreaker ou encore Amenra (jusqu’en 2020) pour le chanteur-guitariste Levy Seynaeve, Crouch libère une rage impétueuse par saccades rugueuses, entre une technique jamais démonstrative et du frontal jamais simpliste pour autant. Une agression constante prenant de multiples visages. Une agressivité par des chemins sinueux. Des riffs aussi tranchants qu’accidentés aimant changer régulièrement de directions au sein d’une même compo sans vous perdre en route. Idem pour la rythmique de plomb qui flagelle, écrase, vole. Les parties s’encastrent, s’enflamment, prennent sens peu à peu, avancent inexorablement, aussi puissantes que fertiles en rebondissement.
Car ce qui fait que ce rouleau-compresseur convulsif fonctionne, ce sont les nombreuses trouvailles qui éclairent les morceaux, les sonorités changeantes, les riffs qui accrochent (aussi brefs soient-ils) et l’agencement général de structures qui fait mouche.
J’aime beaucoup aussi le changement d’atmosphère radical au sein de Twisted Colossus avec cette touche répétitive de piano pour une fin originale qui vient casser la machinerie infernale. Et Good Seed, titre à part basé sur un dialogue samplé, s’enchaîne idéalement.
Crouch a pris ses distances par rapport à un premier EP plus classique, plus lent, plus lourd. De l’audace, de la diversité dans l’approche, une intensité augmentant votre circulation sanguine et des paroles plus directes. You can go and choke on your white supremacy éructe Seynaeve sur Yellow Eyes. Pas d’ambiguïté et c’est superbement envoyé avec conviction et un grain de voix rocailleux évitant le piège du hurlement trop gras et inaudible qui va de paire avec l’enregistrement brut et sans fioriture et sombrement dense. Un premier album plus que solide. Une bonne branlée habilement assénée dans les grandes largeurs et en profondeur.

SKX (06/10/2026)