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converge
epitaph
deathwish

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Converge
Love Is Not Enough LP
Hum Of Hurt LP
Epitaph/Deathwish records 2026
Neuf années se sont écoulées depuis The
Dusk In Us. Un album qui mavait remis dans le droit chemin
de Converge après une forte lassitude survenue depuis No Heroes.
Mais le soufflet était à nouveau gravement retombé
après ce long silence. On passera par pudeur et parce quon
ne peut pas rire de tout sur lalbum de collaboration avec Chelsea
Wolfe en 2021. Alors un nouvel album de Converge, pas franchement pressé
de lécouter. Mais les premiers retours étant très
bons, la tentation a été la plus forte et effectivement,
Love Is Not Enough est une bonne claque. Concis, direct, rapide,
brutal, puissant. Trente minutes rondement ficelées, pas le temps
de sennuyer. Juste limpact. Pas moyen de léviter,
pas le choix. Comme un retour aux sources mais qui continuerait de faire
avancer la roue du quartet de Boston.
Punk, hardcore, metal, trash, noise-rock. Jamais groupe na aussi
bien fondu ces matériaux dans une aciérie qui tourne à
nouveau à plein régime. Démonstration de force dentrée
de jeu avec quatre morceaux en moins de neuf minutes broyant, hachant
et pulvérisant sans pitié dont Bad Faith et son riff
qui est une vraie boucherie démoniaque. Beyond Repair arrive
après pour calmer les ardeurs et reprendre son souffle, Converge
nous rappelant ainsi que les titres chelous portés sur les ambiances
mi-angoissantes mi-mélancoliques, cest leur truc également.
Tout comme la suite rappelle que Converge est encore plus captivant quand
il varie et tempère son propos. Cest ce qui lui a donné
ses lettres de noblesses, la tiré vers le haut et extrait
de la meute hurlante.
Love Is Not Enough nest pas quun uppercut sauvage et linéaire
qui le renvoyait à ses premiers amours. Cest aussi une musique
plus lourde, sombre, rampante, lancinante, le mental qui se torture, lémotion
qui suinte, lart dattendre avant lexplosion, la pression
qui serpente comme sur le très réussi Gilded Cage,
des compos qui se rallongent sans que la complexité sinvite
pour autant. La férocité est toujours à lordre
du jour. Ça tabasse mais sous le déluge rythmique et les
riffs saignants pointent une approche plus déchirante, des structures
et des tonalités traversant des champs musicaux suffisamment larges
pour faire de Make Me Forget You et We Were Never The Same
des compos susceptibles de toucher de nombreuses chapelles. En plus dêtre
des saletés de bons morceaux.
Et justement en parlant de multiples courants musicaux traversant la discographie
de Converge, voilà que déboule Hum Of Hurt. Un nouvel album
quatre mois après Love Is Not Enough. Une proximité de sortie
qui nest pas banale. Pas dans lair du temps. Mais Converge
avait plein didées les poches et Hum Of Hurt se veut comme
leur album noise-rock. Une annonce qui ne pouvait que fortement mallécher.
Et effaroucher les partisans dun Converge plus metal et hardcore
à qui il en faut peu pour battre en retraite
si on touche à leur sacro-saints fondements. Alors quau final,
Hum Of Hurt nest pas un album noise-rock. Comme il nest pas
un album metal, hardcore ou autres étiquettes réductrices.
Cest du Converge comme dhabitude, cest à dire
un disque qui brasse large, se nourrit dinfluences multiples pour
délivrer sa sauce personnelle savérant très
alléchante. Le témoignage dun groupe libre daller
où il veut après trente-six ans de service. Nen déplaisent
aux puristes.
Un disque qui savère plus accessible ou lisible (toutes proportions
gardées), une agressivité domptée, beaucoup moins
de plans chaotiques diaboliques mais le souffle est là et Converge
fait passer sur nos nuques un vent aussi farouche que rafraîchissant
(qui en ce sens se rapproche de la face B de Love Is Not Enough).
Avec des titres qui giclent et percutent méchamment pour une interprétation
plus directe et un son qui nen rajoute pas des couches. Une puissance
plus brute et des émotions plein la face. Des accroches de la guitare
de Kurt Ballou (enregistrant comme cest la tradition tous les albums
de son groupe) nombreuses et juteuses qui sentendent encore mieux
et mettent en valeur son jeu, sa capacité à se renouveler
et sa créativité. La rythmique de Nate Newton (basse) et
Ben Koller (percussion) fait preuve encore une fois dune vitalité
sans faille et Jacob Bannon dun éventail vocal encore mieux
mis en valeur sur Hum Of Hurt.
Un disque plus subtil, une écriture plus diversifiée, lintensité
qui ne faiblit pas même quand elle prend des chemins détournés
comme sur les six minutes de Dream Debris. Il faut vraiment faire
la fine gueule pour ne pas apprécier à sa juste valeur cette
suite ininterrompue de morceaux marquants et qui frappent juste dans toute
sa variété. Après, cest chacun son Converge
mais ça serait vraiment dommage tant ces deux albums publiés
coup sur coup sont aussi uniques que complémentaires montrant toutes
les facettes dun groupe et létendue de son talent qui
est donc loin davoir dit son dernier mot. Respect.
SKX (30/07/2026)













Hum Of
Hurt :
 


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