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Concrete Vehicles (Computer)
Station On The Hill – LP
Dine Alone records 2025

Tout d’abord, éclaircissons un point basique mais nécessaire sur le nom du groupe. Sur le disque, c’est marqué Computer dessus parce qu’au tout début de la vie de ce groupe canadien, Computer était son nom de baptême. Logique implacable. Toute sa communication numérique s’est faite sous le nom de Computer et c’était ainsi parti pour la vie jusqu’à ce mort s’ensuive. Et puis pour je ne sais quelle raison, Computer, qui trouvait peut-être son patronyme un poil trop générique, a opté pour Concrete Vehicles. Je vous laisse juge de la pertinence de ce changement. Il faut donc chercher désormais ce groupe sous le nom de Concrete Vehicles (vous allez voir, c’est drôlement plus efficace) qui est le titre du second morceau de Station On The Hill. La vie c’est simple.
Pas moins de sept personnes ont participé à ce premier album qui ont donc instantanément hérité du terme de collectif. Deux guitaristes dont un qui chante (Ben Lock, l’autre étant Charlie Howell). Et puis un bassiste (Jacob Pepin), un claviériste (Kenan Gray), un autre qui fait de la batterie (Ricky Sanderson) très différent de celui qui fait des percussions (Hudson Schelesny) et enfin Jackson Bell qui ne joue pas de la cloche mais du saxophone. Ça fait du monde, beaucoup d’instruments et un tas de possibilités pour écrire un album qui entrechoque les genres, les émotions et les ambiances. Mais s’il ne fallait retenir qu’une seule chose, c’est que Concrete Vehicles se montre drôlement intense à chacune des huit étapes de Station On The Hill.
Quelle que soit l’humeur de la compo, le collectif de Vancouver semble jouer sa vie à chaque fois. Beaucoup de passion, de frénésie et de nervosité, d’éclats bruyants, d’escalades épiques, une propulsion de tous les instants, des mélodies agitées, de la fébrilité et de la beauté touchante. L’intrigue est en perpétuel mouvement. Noise, (post) punk, jazzy, art-rock et autres croisements de l’impossible, chaque titre vous secoue, évolue dans des zones de turbulences captivantes avec un chanteur qui a l’urgence dans les cordes vocales et aime répéter une phrase comme un mantra. Et même quand c’est plus calme et introspectif (I’ll Follow ou The Picture), la tension est toujours là, en sous-main, prête à exploser. Aussi groovy que sinueux parfois, tranchants ou cassants avec des morceaux évolutifs et vivants, Concrete Vehicles s’est donné entièrement, semble avoir écrit des morceaux très pensés mais les exécute comme si rien n’était calculé, une puissance et une agressivité naturelles. De l’ouverture tribale de Now In A Vacuum aux neuf minutes finales de l’apothéose éponyme en passant par l’incontournable Dissolution Use, Concrete Vehicles a publié un premier album qui fait preuve d’une sacrée maîtrise et d’un talent qui ne devrait pas en rester là.

SKX (03/04/2026)