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charmschool
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Charm
School
Debt Forever LP
Surprise Mind records 2025
Charm School possède effectivement beaucoup de charme mais est
surtout très étonnant. Un groupe basé à Los
Angeles qui est avant tout un projet individuel mené par Andrew
Charm plus connu sous le nom de Andrew
Rinehart ou de son vrai nom Andrew Sellers. Un activiste de la scène
de Louisville qui a commencé par fréquenter la scène
emo-hardcore avec Flight Nineteen fin 90s puis damorcer un
gros virage vers des territoires plus folk, country alternative, indé
ou expérimentaux, se réinventant régulièrement.
Et cest à nouveau le cas avec Charm School. Avec Drew English
(guitare), Jason Bernis Lawrence (batterie) et Matt Filip (basse), des
collaborateurs de longue date, Debt Forever est un premier album
explorant des sonorités et des sensations qui nous sont plus familières.
Noise, punk, indie dissonante, ambiances tendues, urgentes et saccadées,
les sept premiers morceaux sont un défilé de pépites
foutrement accrocheuses senchaînant avec limpidité
tout en faisant preuve de personnalité. Deux guitares piquantes
et inventives, des lignes de chant au diapason qui se fendent de français
sur Je Taime (A Quoi Bon), hommage à Godard et Pierrot
Le Fou (une photo de Anna Karina orne le livret dans lequel se trouve
un billet de $1. Je nai hélas pas eu la chance de tomber
sur le seul exemplaire dans lequel Charm School a glissé un vrai
billet de $100. Lheureux gagnant ne sétant toujours
pas manifesté, vous pouvez tenter votre chance). Les mélodies
ne sont également pas mises au rebut. On touche même le gros
lot sur lintrépide Breaking The Waves dont le refrain
donne envie dembrasser tendrement un accoudoir. De velours laccoudoir.
Et qui fait suite à limplacable Cherry Red alors que
Boycott Everything Everywhere est une minute incendiaire qui appelle
à lémeute.
Et puis ensuite, cest schizophrénie. Les quatre derniers
titres pourraient être luvre dun autre groupe
que ça ne surprendrait personne. Andrew Charm le caméléon
prend la tangente et puise dans ses expériences dun passé
pas du tout lointain. Quand déboule Without A Doubt, il
est permis den avoir un et un gros. Une guimauve mélancolique
et introspective, très mélodique et sophistiquée
où Charm School fréquente la filière Interpol ou
un truc dans le genre (javoue, je ne suis pas spécialiste).
Le pire, cest que je trouve ça bien. Avec Youthquaker,
Charm School change encore de classe en retrouvant un allant plus énervé
tout en restant très accessible, comme une reprise dun tube
des années 80 remis au goût du jour alors que Figure 8
se promène nonchalamment dans des sphères consensuelles
avec une touche de western dans la mélodie. Le pire (bis), cest
que jaimerais tailler ça en pièces mais cest
tellement bien fait que cest impossible. Et pour finir, Happiness
Is A Warm Sun, clin dil appuyé au Happiness
Is A Warm Gun des Beatles mais qui part pendant quasi huit minutes
dans une transe krautrock à la Charm School, cest à
dire étrange et qui doit plus au Velvet Underground quà
la bande de Liverpool. Debt Forever, un disque dichotomique mais avec
des qualités indéniables à chaque étape de
sa conception, quon y soit sensible ou un peu moins, de la part
dun compositeur hors-pair. Venez fréquenter cette charmante
école, vous vous coucherez moins bêtes ce soir.
SKX (18/02/2026)

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