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Canyons
One Man’s Trash - LP
The Ghost Is Clear/Head/Learning Curve/Mishap records 2025

Plonger dans Canyons, c’est s’emplâtrer un hardcore-noise brutalement rocailleux, se râper la tronche jusqu’au sang avec l’impression qu’un rouleau-compresseur prend un malin plaisir à vous réduire à l’état de crêpe. Et comme si ça suffisait pas, c’est la deuxième fois que Canyons s’y reprend avec One Man’s Trash, histoire d’être sûr que vous ne vous en relèverez pas.
Un album enregistré en 2019 et publié dans la foulée par The Ghost Is Clear uniquement en CD et cassette. Six ans plus tard, le groupe de Kansas City décide de réenregistrer ces neuf titres avec Sean Rehmer qui est aussi le batteur de Canyons (à l’époque c’était Sam Hutchinson (Bummer) qui se tenait sur le siège qui a vu défiler de nombreux prétendants) et ressort One Man’s Trash en vinyle cette fois-ci. Impact encore plus mordant, puissance accrue, cette version avec ce nouveau vernis alors que les compos en elles-mêmes ne bougent pas ou quasi pas ne fait pas de quartier. Jamais été le style de la maison dans laquelle officie au micro Bobby Johnson, la tête pensante et agissante de The Ghost Is Clear qui aime beugler jusqu’à plus soif de sa belle grosse voix parsemée de graviers pour faire souffler un vent de panique continu. Et ne lui demander pas de varier les intonations et arrondir les angles. C’est un sale bloc monolithique qui vous éructe à la gueule et telle est la musique de Canyons. A prendre d’une seule traite dans un enchaînement de bourre-pifs qui n’arrête jamais, des saillies infernales déversant tout leur jus irascible dans une charge générale d’à peine vingt minutes, du cassage de reins et des riffs venimeux, du gros grain qui s’abat sans cesse et ne laisse pas de place à la respiration. A l’instar des neuf titres de Stay Buried qui avaient suivi en 2020, One Man’s Trash montre un groupe qui aime étouffer, piétiner, écraser sans trop faire dans le discernement et la variation bien qu’il soit toujours possible de distinguer des détails qui font mouche comme les rafales de batterie sur Hold It For Ten, l’ultime morceau Wobbly Magician et son riffage cinglant et une intensité globale âpre et sauvage belle à se prendre pleine poire.
La suite, c’est un nouvel album, Clutter, neuf nouveaux titres pour vingt minutes (c’est un concept) à sortir prochainement. Et si on devine à quoi s’attendre, c’est avec un plaisir maso que ce disque sera accueilli.

SKX (16/01/2026)