brainbombs
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Brainbombs
Uncensored Exotics – LP
Riot Season records 2026

Moins d’un après la sortie de Die, Brainbombs de retour sur le pont. Plus rien n’arrêtent les Suédois. Mais ce nouveau supplice n’est pas un véritable album. Uncensored Exotics regroupe des titres inédits issus des archives sonores du groupe. Alors quand Brainbombs fait remonter à la surface ce genre de menace, il faut s’attendre à tout. Et c’est le pire qui commence. Une prise de son pendant une répétition en 1985. Soit la préhistoire du groupe. Ça s’appelle Die in N.Y.C. et c’est pas beau à entendre. Et surtout sans intérêt aucun. Tapage obscur et confus qui au mieux aurait pu servir d’interlude. Heureusement, ça s’améliore par la suite avec Hjärnbomb tiré de Second Coming (qui était le nom de la toute première session studio du groupe en 1987). Bien que ça reste du domaine de l’anecdotique, cela a le mérite de ressembler plus ou moins à un morceau. Le niveau continue d’augmenter avec It’s A Burning Hell, morceau phare du répertoire de Brainbombs sorti sur le premier album (Burning Hell) en 1992. C’est la version originale avec la trompette qui avait disparu sur la version album. Le riff entêtant qui tourne en boucle est toujours bien présent. La structure du morceau ne bouge pas d’un iota. La trompette apporte juste son air de fin du monde en plus, la touche incongrue dans un emballage plus crade et c’est parfait ainsi. Techniquement parlant, Time You Left, une reprise de Hawkwind, n’est pas un inédit. Elle apparaissait sur la compilation Assassins Of Silence – Hundred-Watt Violence publiée en 95 par Ceres records. Mais comme cette compile n’est jamais arrivée à nos oreilles, Time We Left This World qui est le nom exact du titre original est un vent nouveau magnifiquement saccagé par Brainbombs qui ramène les huit minutes initiales et psychédéliques à un raffut noise bien plus court et saignant. Ensuite, deux titres tirés de la session Genius And Brutality, deuxième album de Brainbombs en 94. Un vif et percutant Stacy qui aurait mérité de voir le jour bien plus tôt alors que Uncensored Exotics qui a donné son nom à ce disque se perd dans des expérimentations bruitistes angoissantes. No Answers termine la face. Un bond en 2008 pendant l’enregistrement de Fucking Mess, le cinquième album des Suédois. Et un putain de bordel, ce morceau en est un beau. Wah-wah débordante, des guitares qui font n’importe quoi, un vague air de trompette dans le fond, de la saleté partout, un truc que Brainbombs a fait tourner encore et encore sans jamais trouver la porte de sortie.
Face B, quatre titres tous extraits des sessions du double-album Disposal Of A Dead Body qui était lui même déjà un regroupement de compos écrites entre 2009 et 2012. Il faut croire que Brainbombs n’avaient pas tout mis. Quatre inédits qui ne vont pas révolutionner le ciel de Brainbombs qui n’a de toute façon jamais été porté par l’évolution. C’est du pur jus de Brainbombs, sans surprise. Mais de vrais morceaux avec un son qui accroche bien. Et des titres comme les excellents Replace The Flesh et Smell possèdent ce consistant qui prend corps, à force de répétitions, de riffs qui insistent, de rythmes qui s’emballent, cette hypnose sombre et nihiliste qui devient aliénante. Un disque à réserver tout de même aux indécrottables de Brainbombs. Qui devront obligatoirement se procurer un des 300 exemplaires du vinyle de Uncensored Exotics pour s’en payer une tranche. Pas de version numérique, pas de coupon de téléchargement, pas de titres en écoute traînant sur les internets. Brainbombs aime faire son malin et continue d’emmerder son monde.

SKX (02/09/2026)