asnakeofjune
someprodukt
vollmerindustries
araki
dayoff
masaret
coeursurtoi
pogo
gabu


A Snake Of June
Anemic – LP
Some Produkt/Vollmer Industries/Pogo/Ma Såret/Day Off/Araki/Gabu/Coeur Sur Toi records 2025

Entre Le Bucle et Anemic, dix années vous contemplent. Le serpent se fait rare du coté de Bergerac et à toutes saisons. Une très longue période d’hibernation pendant laquelle A Snake Of June a fait sa mue. Anemic peut-être mais pas amnésique. Je me rappelle bien que ce groupe évoluait avec deux basses et avait mis dès le début de son histoire la guitare au rancart. Pour ce troisième enregistrement, elle apparaît dans les mains de Maxime Boisseau qui se met au chant également en remplacement de Sylvain Roncari démissionnaire, seul chanteur sur Le Bucle. Ce qui veut dire que A Snake Of June passe de quatuor à trio avec toujours Olivier Baubau, désormais seul bassiste et Nick Tarlton à la batterie (+ chant, enregistrement et mixage), c’est à dire une formule plus classique mais la morsure de A Snake Of June va en être que plus efficace et venimeuse.
La place de la basse reste cependant principale. Une sonorité, lourdeur et gravité formant avec la batterie un socle très solide pour continuer de faire trembler le sol. Pas besoin d’être un serpent pour sentir que la menace est imminente. Vibrations intenses et grondantes. Mais A Snake Of June s’est donné les moyens de diversifier son approche, multiplier les angles de tir et élargir son horizon. À partir d’un son puissant et organique qui te tape sur l’épaule et te gratte l’échine, Anemic ne souffre pas d’insuffisance imaginative. Il racle les bas-fonds autant qu’il les embrase d’une lumière rouge-sang. Il frappe durement et sait se faire plus poignant. Sombre et rugueux. La guitare offre des possibilités d’accroches plus nombreuses et rajoute de l’abrasion. Le chant perd de son velu - et ce n’est pas pour me déplaire – tout en gardant un fond de tonnerre au fond de la gorge. Il choisit même la langue française sur Eddie et Paysan, une nouveauté qui passe sans sourciller.
Le noise-rock au sens large de A Snake Of June ondule entre fausse lenteur et coups de butoir assassins, se permet des incartades synthétiques ou comme un piano dans le fond sur Shovel. Il offre aussi des compos plus longues possédant le sens du tragique insufflant un noir envoûtement auquel le groupe ne nous avait pas habitué (Fludd ou l’instrumental final Inflection), des subtilités dans une main de fer et des paysages accidentés, voir torturés comme l’excellent Ripped Through Cold. Après une très longue pause, les planètes s’alignent pour A Snake Of June qui semble avoir trouvé la bonne formule, la tonalité adéquate et les morceaux qui marquent, en espérant que la prochaine morsure ne se fera pas autant attendre.

SKX (14/03/2026)