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Yellfire
Dear Gods – LP
The Ghost Is Clear records 2024

Chers Dieux, vous allez en prendre plein la tronche et c’est mérité (même si vous n’existez pas). Dear Gods, un premier album par Yellfire, un groupe de Seattle, qui fait plus que hurler au feu, il l’alimente, verse de l’huile dessus et provoque un grand brasier généralisé. Tout ce qui est post-hardcore, noise-rock, metalcore s’embrasent instantanément à la lecture des onze compos infernales de Dear Gods.
Alors voir les noms de Demian Johnston (Great Falls), Ben Verellen (Helms Alee) ou John Pettitbone (Heiress, Himsa) sur la liste des invités pour pousser la chansonnette n’est pas une surprise parce que tous les univers de ces groupes se télescopent dans un grand feu de joie. Spécialement la sphère Demian Johnston et tous ses groupes qui ont fait sa réputation, Kiss It Goodbye et Playing Enemy. Botch n’est également pas loin.
Yellfire est évidemment loin d’être une vile copie. Une libre inspiration pour concasser et incendier le hardcore avec une ferveur identique, mettre des taquets mémorables et continuer à porter haut la flamme d’un style qui n’a pas fini de faire baver et rendre dingue. Et Yellfire en connaît un rayon pour balancer des parpaings avec ses deux guitares, pour mouliner et jamais dans le vide des riffs qui dépiautent, jouer la hargne au corps, frapper fort, lourdement et précisément, faire souffler un vent mauvais pour que l’intensité devienne un mot faible devant tant d’acharnement comme sur Anti Inverted. Yellfire enchaîne les morceaux qui rentrent dans le lard avec toujours suffisamment de finesse et d’éclats dans les guitares pour que ça ne bourrine jamais gratuitement. C’est même tout le contraire sur Wabi Sabi ou Carbon qui laminent tout en laissant une chance de survie.
Dear Gods
, ce sont aussi des compos plus évolutives où la violence est soupesée avec des ébauches d’accroches mélodiques et d’accents plus poignants comme sur le très bon Fuji ou Cynics Revisions avec Nouela Johnston, la toute première bassiste de Yellfire en 2018, qui apporte des chœurs célestes qui font toute le charme et l’allant de ce superbe titre. C’est le cas aussi des six minutes de Symmetry montrant un groupe qui réfléchit avant de taper, fait preuve de sensibilité et construit des morceaux plus complexes et tout aussi marquants à l’instar du final quasi aussi long, le passionnant Red Sky. Yellfire fait plus qu’appliquer à la lettre des éléments connus de tout le monde en maîtrisant simplement son sujet, il lui apporte une magnifique contribution très avisée et sort un premier album épatant.

SKX (31/03/2025)