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Wren
Black Rain Falls – LP
Church Road records 2025

Cinq années se sont écoulées depuis Groundswell mais ce n’est pas synonyme de grands changements. Wren aime la stabilité. De disque en disque, on sait à quoi s’attendre avec le groupe anglais mais il parvient toujours à nous faire vibrer. Le troisième album Black Rain Falls est de la trempe de son prédécesseur, s’inscrit toujours dans un courant ballotté entre Neurosis et Kowloon Walled City, a été à nouveau enregistré par Scott Evans et c’est une nouvelle fois très bon.
Et s’il fallait absolument trouver une nuance, c’est dans la couleur que le titre laisse d’ailleurs présager. Black Rain Falls est encore plus noir. Ça vous tombe dessus comme une plaie béante. Et désespéré et rageur aussi. Pluie acide de riffs massifs, tempête de rythmes lourds, vent soufflant lentement mais qui finit par vous dévisser la tête dans des passages dévastateurs (Scorched Hinds) ou sur toute la fin des huit minutes de Toil In The Undergrowth dont la montée en intensité rapproche du soleil et brûle les ailes, voir sur l’intégralité d’un titre, Betrayal Of Guilt étant le grand moment cyclonique de Black Rain Falls. Mais c’est tout l’album qui semble avoir resserré les rangs et les boulons, des compos globalement plus courtes, directes et orageuses. Même sur les deux qui ouvrent l’album et qui sont les plus longues, Flowers Of Earth et Toil In The Undergrowth, on sent bien que tout la merde ambiante remue le quatuor londonien et que l’envie de foncer dans le tas finit toujours par se montrer la plus forte alors que ces deux titres montraient des envies de calme, de mélodies et d’atmosphères qu’on pose, d’arpèges tristes et de lenteur suffocante. Tout ça termine en implosions, en histoires virant au drame et c’est beau à entendre.
Mis à part un court interlude (Cerebral Drift), Wren aligne six morceaux (seulement) cherchant la confrontation et l’expulsion de la frustration un cran au-dessus des albums précédents en terme de violence. C’est fait avec toujours autant de classe, de retenue dans la tension que le groupe ne libère qu’à bon escient, un travail sur la dynamique et la densité qui font les structures édifiantes et magnétiques comme le trou noir. Vous avez beau connaître la chanson, Black Rain Falls fait autant de trous dans la tête qu’il prend aux tripes.

SKX (26/03/2025)