uraniumclub
subpop




The Uranium Club
Two Things At Once – 7’’
Sub Pop records 2019

Le Singles Club de Sub Pop a de la ressource et une belle longévité mais avec des pauses à l’intérieur. Une série commencée en novembre 1988 avec le single Love Buzz de Nirvana (si vous êtes l’heureux propriétaire d’un des 1000 exemplaires, vous pouvez le revendre entre quatre à six cent fois son prix initial) avec des arrêts entre mars 2002 et août 2008 puis entre juillet 2009 et avril 2019. Ce n’est donc que récemment que le label de Seattle a réactivé son Singles Pop toujours aussi coté. Mais sans souscrire au club, avec de la patience, un brin de perspicacité et un gros coup de bol, il est possible de dégoter des exemplaires soigneusement emballés à un prix fort raisonnable. Ça été finalement le cas avec le Dreamdecay qui a fait coup double avec un autre drôle de club, The Minneapolis Uranium Club Band exactement.
On l’avait quitté en forme quoiqu’un tantinet surprenant avec The Cosmo Cleaners. Two Things At Once, part I sur la face A et part II sur la face B (publié en novembre 2019), montre l’Uranium Club comme on l’adore. Un post-punk-garage avec des guitares aigrelettes qui coupent à vif, la rythmique trépidante, l’art d’évoluer et surtout courir sur une ossature étriquée au-dessus du vide sans jamais se casser la gueule. Alors quand en plus les deux guitares sont inspirées et partent dans un duel fertile en poursuit et qu’un cor d’harmonie (french horn pour le monde Anglo-Saxon) joué par Molly Raben vient pimenter la mélodie acérée, Two Things At Once devient un titre qui compte dans leur répertoire.
La Part II, c’est le prolongement mais en mode instrumental. Avec la tartine écrite sur la pochette et son texte comico-absurde, recto et verso, sur le jeu de points à relier, on aurait pu craindre un long monologue dans la lignée des deux morceaux très bavards de The Cosmo Cleaners. Il n’en est rien. Que ce soit sur la partie I parfaitement équilibrée et donc sur cette face B où le cor est toujours d’actualité et vient souligner la mélodie des deux guitares qui trouvent des développements très séduisants pour une ambiance générale qui décompresse peu à peu, The Uranium Club montre toute l’étendue de son talent unique. A peine entend-t-on tout à la fin pendant quelques secondes des chuchotements en boucle qui disent what happens next. Eh bien un nouvel enregistrement de Uranium Club et on sera pas mal.

SKX (24/04/2020)