theshits
hominidsounds


The Shits
Punishment – LP
Hominid Sounds records 2020

The Shits. Punishment. Tout un programme. Qui est respecté à la lettre. Tout aussi répugnant soit-il. Avec des types qui ont traîné leurs sales tronches dans des groupes comme No Form ou Foot Hair, il ne fallait pas s’attendre à de la grande poésie. Leeds vient d’enfanter un nouvel avorton dont les patriarches s’appelleraient Brainbombs et Kilslug avec des branleurs de cousins comme Rectal Hygienics, Drunk In Hell ou Rusted Shut. Beau tableau de famille. Chouette maison. Bon café.
Punishment parce que ça va couper, lacérer, perforer, saigner. À gros bouillons vu que l’option choisie par The Shits, c’est gros volume, densité de malade, dissonances foreuses à mèches longues, larsens qui couinent sa mère. Un épais mur de bruit avec des fissures de partout dans lesquelles s’engouffre la vermine car à ce degré de puissance là, il n’est possible que de limiter la casse. The Shits met le paquet. C’est brutalement primitif, rythmiquement forcené, c’est sale et sous des dehors minimaliste et cru, The Shits joue dans la cour des costauds en insufflant un appétit de destruction et un sens du rentre-dedans ne laissant aucune chance. Cours et ne te retourne pas. Ça fait mal à chaque frappe et comme c’est répété inlassablement, que les deux guitares fourmillent de riffs malsains et d’écorchures qui bavent comme l’acide, que la pression ne connaît que la flambée qui brûle les bords de la chair pour se consumer lentement et former un grand trou noir nihiliste et que tout espoir se perd dans un nuage toxique d’effets psychédéliquement tordu et flingué comme sur le judicieusement nommé A Slow And Aching Pain qui vous fait rôtir à petits feux, Punishment est un voyage en ligne directe avec l’enfer, c’est à dire ici bas la terre vu que tous les démons habitent au coin de la rue. Un disque exigeant, qui pousse au crime, et encore on vous fait grâce des paroles du monstrueux et psychopathe chanteur dont le pseudo est Raw Dog et qu’on a pitié, noise assurément mais rock aussi parce que c’est une question de survie et que Punishment ne serait pas un grand disque de dégénérés sans un minimum de cadrage et d’impact dans lequel ce déversement de haine peut prendre toute sa dimension et se libérer. Il est si bon de se faire punir.

SKX (28/10/2020)