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Psychic Graveyard
A Bluebird Vacation – LP
Deathbomb Arc records 2020

Le dernier enregistrement de Psychic Graveyard s’appelait The Next World. Il est là le prochain monde, qui se tord à ta porte, celui qui doit tout changer, oh ma belle colombe et il va être pire. Comment pourrait-il en être autrement.
A Bluebird Vacation n’apporte pas de belles promesses. Il vole dans les plumes de l’angoisse et remue un squelette de plus en plus froid et clinique, option synthétique et antidépresseurs. La guitare de Paul Viera se porte pâle sur une bonne partie de ce second album. Les claviers vampirisent et bouffent la bande passante. Par contre, Psychic Graveyard gagne un batteur en chair et en os. Charles Ovett est désormais complètement intégré à Psychic Graveyard. Les morceaux, de la part d’un groupe conçu originairement comme une expérience uniquement studio, sont envisagés pour être reproduits sur scène avec un vrai son de batterie et non plus une boite à rythmes. Seth Manchester (Daughters, Big Brave, Lightning Bolt) s’est occupé de donner une enveloppe sonore à la taille de cette nouvelle configuration.
Les ondes méphitiques des synthés vrombissent d’un éclat noir et trébuchant, reléguant sans problème au second rang l’acidité habituelle de la guitare qui s’éteint de sa belle mort. Les frictions électroniques fournissent une atmosphère tendue et malsaine, un tas de gravats radioactifs donnant des sonorités flippantes mais bizarrement obsédantes et attirantes comme ce bruit de vieux klaxon rouillé sur Backyard Full Of Laughter. S’il était encore permis de se déhancher comme un robot rachitique sur Loud As Laughter, la présence d’un batteur à plein temps rend cette alternative obsolète. Sauf si vous considérez que se taper la tête contre un mur comme un demeuré est une nouvelle danse à la mode (I Wanted Anything, Is There A Hotline ?). La rythmique annonce la chute. Le chant d’Eric Paul crie sa douleur qui n’a jamais parue aussi réelle et intime. What do i wear to your funeral ?
A Bluebird Vacation
creuse le sillon d’une entité devenant plus sinistre et dur. A partir de No, dernier titre somptueusement glaçant de la face A et sur pratiquement toute la face B avec Weapon, les samples paranos de People Dislike Me, le faussement entrainant Animal I Can’t Avoid ou Never Get Clean qui ronge les terminaisons nerveuses, Psychic Graveyard ne cherche définitivement plus à faire le mariole ou vous emmener dans leur sarabande déglinguée qui pouvait s’avérer aigrement agréable. Quand Arab On Radar se met à marcher sur les pas de Suicide, ça donne Psychic Graveyard, un groupe qui s’émancipe des projets antérieurs un rien encombrant de ces membres. C’est une arme redoutable, un nouveau poison n’annonçant pas les lendemains qui chantent mais fournissant la parfaire bande-son de ce présent tourmenté.

SKX (22/06/2020)