partydozen
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Party Dozen
Pray For Party Dozen – LP
Grupo records 2020

Il avait été brièvement question de Party Dozen lors d’un split single avec Arse. Cette fois-ci, c’est un album en bonne et due forme, le deuxième, et on ne va pas faire que s’y attarder mais s’y vautrer allégrement.
Party Dozen, un duo australien (Sydney) avec Kirsty Tickle et Jonathan Boulet dont les instruments principaux sont respectivement saxophone et batterie mais qui manient également synthés et guitares. Avec cet attirail et une formule réduite, un tas de possibilités, de multiples sonorités explorées, une nuée de courants musicaux traversée, la seule constante étant l’esprit expérimental et improvisé de Pray For Party Dozen. Un album démarrant très fort par Word Prayer, tornade free-noise-avant-rock dans la mouvance d’un 16-17 ou Laddio Bolocko des Antipodes avec de très brèves accalmies au saxo totalement charmantes et inattendues. Ça se termine par Shit Faced, une compo bien plus suave et apaisée que le titre le laissait présager et qui a été inspirée par Warren Ellis et Dirty Three.
Entre les deux, autant de sautes d’humeur, de changements de rythmes, de tonalités que possible sans jamais perdre le fil. Malgré le caractère changeant des morceaux, Pray For Party Dozen est un disque à l’impulsion très rock, marqué par le rythme et les percussions des baguettes intraitables de Jonathan Boulet. Même sur les titres les plus lents et mélodiques, l’intensité est toujours prégnante. Autant dire que quand il se lâche véritablement, c’est une drôle d’affaire. Un matraquage multi-formes comme sur la fin de Play The Truth où son instrument est magnifiquement saccagé mais aussi sur Party Dozen ou Gun Control à la rapidité détonante. La frappe est sans cesse appuyée, lourde, fracassée, engagée. Le chaos est proche, le dynamisme constant, Party Dozen a repoussé ses limites. Tout en allant d’un extrême à l’autre à l’instar du saxophone visitant aussi une palette sonore large. Dead Friends est le passage le plus mélancolique avec un beau feeling jazzy. Auto Loser est un morceau décalé avec la grosse présence de ce synthé-basse au gimmick dansant, une rythmique motorik et un parfum années 80 kraftwerk-ien alors que l’aura de Scheiße Kunst flirte plus avec Suicide en phase descendante d’acide avec la présence des cordes vocales trafiquées de Kirsty Tickle qu’elle fait entendre également sur Gun Control sur ce disque majoritairement instrumental. Un album étonnement riche et varié sur lequel il aurait été encore possible d’ajouter une couche en parlant de la présence de la guitare plus présente qu’elle n’y paraît (The Great Ape ou en loop sur le tournoyant The PDD), généreusement percutant et inventif. Un vrai bonheur.

SKX (09/07/2020)