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Moon Pussy
s/t – LP
The Ghost Is Clear records 2020

Si vous voulez une bonne fessée noise-rock, Moon Pussy va vous l’asséner dans les grandes largeurs. En provenance de Denver, le trio composé de Crissy Cuellar (basse, chant), Cory Hager (batterie) et Ethan A. Hahn (guitare) publie son second album et c’est du pain béni quand vous l’aimez frappé, féroce, disloqué et tourmenté. Des qualificatifs que vous pourriez donner à de nombreux groupes de cette espèce mais Moon Pussy, c’est la catégorie au-dessus. Nan, encore au-dessus.
Un groupe d’une trempe inoxydable, un cocktail sulfureux possédant une manière bien à lui pour vous mettre la tête à l’envers. Rien que le final avec les huit minutes pas franchement propices aux confidences et dont le titre est pourtant Pillow Talk montrent toute la capacité de Moon Pussy à semer le désastre. Des rafales de batterie qui partent n’importe quand, la basse qui siffle, la guitare qui siffle, les vibrations qui hululent de partout, les grincements grignotant l’espace, l’anarchie qui semble régner, le chant qui se lamente et l’extrême pouvoir de nuisance jouissive se dégageant d’un titre qui a tout fait pour se faire détester mais qui ne fait que vous achever et vous convaincre que cette noise détraquée et vicieuse est éclatante. Dans tous les sens du terme. Mais on ne commence pas une chronique en parlant de son dernier morceau, non ? C’est juste que tout ce qui précède ne peut que déboucher sur ce long ravage, ce râle ultime totalement électrisant. Une logique infernale et implacable au cours de laquelle le trio aura empilé les rythmes écrasants avec vélocité, une force jusque dans les moindres recoins d’une basse prépondérante et animale, un batteur qui se lâche plus d’une fois en mode free avant de revenir dans le droit chemin, la hargne naturelle d’une Crissy Cuellar que je verrais bien mordre dans Couch Slut, les déchirures de la guitare qui allume pétard sur pétard et ils ne sont jamais mouillés, des structures maniant à merveille l’illusion du chaos mais se révélant aussi carrées que punitives et percutantes pour un enchaînement rêvé de compos hallucinées, rudes, denses, puissantes. Moon Pussy avait publié en 2019 Band Meating, un premier album uniquement digital mais là, c’est plus que la vitesse supérieure que le trio vient de passer, c’est le mur de toutes les espérances pour un disque orgasmique à mort.

SKX (15/12/2020)