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Cosse
Nothing Belongs To Anything – 12’’
Grabuge/A Tant Rêver Du Roi records 2020

Rien n’appartient à rien, tout appartient à tous. Ce n’est pas un communiste qui l’a dit mais Alfred de Musset. L’histoire ne dit pas si Cosse s’est inspiré de ce poète romantique français pour nommer ainsi son premier enregistrement Nothing Belongs To Anything et appliquer cette citation à son propos mais ce jeune groupe parisien a su habilement naviguer dans différents courants musicaux, s’approprier des langages déjà usités, se balader dans un spectre d’émotions très large pour élaborer sa propre partition.
Seulement cinq titres, presque une demi-heure au final, Cosse égrène le fil de ses compos en prenant son temps, apportant avec soin de multiples détails et beaucoup de finesse à une matière de base rock et dissonante. Il serait facile (et tentant) de remplir des lignes et des lignes pour énumérer les styles et les groupes qui viennent à l’esprit pour décortiquer la musique de Cosse.
Mais ce qui fait l’intérêt et régulièrement la beauté de Nothing Belongs To Anything, c’est ce sentiment de fragilité émanant d’un remous continuel, ce truc à fleur de peau s’écorchant sur des arêtes acérées, des structures prenant des chemins sinueux pour déboucher sur une belle clairière spacieuse et lumineuse, des ambiances feutrées s’enflammant soudainement et son contraire aussi, des mélodies séduisantes naviguant sur un câble électrique sous forte tension. Au-delà des influences, Cosse trouble les pistes pour toujours surprendre. Délicat et abrasif, exalté et aérien avec le chant de la bassiste Lola Frichet se en contrepoint du chant expressif de Nils Bo. Déterminé, agité et aussi touché par de beaux moments d’abandon et de gravité, Nothing Belongs To Anything offre des morceaux au dosage adéquat, étonnant de maturité dans des constructions ne laissant jamais apparaître les traits de coupe. Du très bel ouvrage savamment mis en scène. C’est l’avenir qui appartient à Cosse.

SKX (25/08/2020)