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Terra Flop/Snob Club
Split Demo – LP
Kollektive Halluzination records 2018

Un split entre deux groupes allemands avec un dénominateur commun, Matthias Weishoff et toute une histoire derrière, celle de Party Diktator, groupe fort injustement sous-estimé et dont les deux albums peuvent toujours se télécharger ici. Snob Club, c’est la suite de Party Diktator, avec six titres enregistrés en 1998 en mode instrumental, mastérisé 20 ans plus tard. Weishoff à la basse, Jochen Gutsch (guitare) et Gregor Hennig qui n’était pas le batteur attitré de Party Diktator mais avait joué occasionnellement de la baguette avec eux ont pris leur temps, énormément de temps pour finaliser leur affaire mais ce petit bout d’histoire est désormais en boite. Le présent, c’est Terra Flop. Et le fait que les huit titres datent de 2014 pour une mastérisation en 2018 n’est pas un problème. Matthias Weishoff au chant et à la guitare avec Ali Böll à la basse et le batteur Kai Grochowski ont toute la vie devant eux et surtout un nombre incalculable d’autres groupes à leur actif pour ne pas s’en alarmer. Un split comme un témoignage donc, fixé une fois pour toute ce qui a été fait et qui mérite d’être partagé mais qui n’a de demo que le nom.
Si certains des six morceaux de Snob Club étaient prévus à l’origine pour le répertoire de Party Diktator, c’est sans le goût d’inachevé malgré l’absence de chant. On retrouve l’approche noise-rock décomplexé, féroce et franchement incisif que Party Diktator aimait pratiquer. La section rythmique est prépondérante, l’attaque de la caisse claire est au devant du front, la basse multiplie les allées et venues sur un manche étourdi et la guitare offre de multitudes trouvailles pour embellir, triturer, perturber, s’amuser de l’agencement guerrier de la paire basse-batterie. Party Diktator avait encore de beaux jours devant lui. Snob Club propose une prolongation aussi inattendue que fort réjouissante.
Avec Terra Flop, on reste en famille. Humaine donc et musicale aussi. Le trio rajoute de chant et une dynamique d’ensemble plus enjouée à l’instar de Banana ressemblant à un vieil hymne punk, plus de germes mélodiques, d’entrain et de refrains qui chantent. Punky-noisy trépidant souvent, un son clair sec et chaleureux tout le temps, direct, spontané dans les dents, comme si Violent Femmes s’était mis à faire du noise-rock, voir leurs compatriotes de feu Eniac, des accroches comme des petits pains et qui rassasient jusqu’au bout de la nuit. Huit titres acides qui fondent dans la bouche. Et si vous voulez en entendre plus, il est fortement conseillé d’écouter le premier single de Terra Flop publié en 2010 avec une version de Sin City (présent sur Split Demo) qui arrache tout avec une basse dantesque ainsi qu’un split 10’’ avec The Undecided en 2014.

SKX (19/05/2019)