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New Primals/Pinko
Split digital 7’’
2018
New Primals
Wraith – CDEP
Self-released 2017

Pinko enchaîne son troisième split. Après Bummer, après Exhalants, voici leur nouveau partenaire de jeu, New Primals, un groupe de Minneapolis. Death & Etc est le nom du morceau de Pinko et je crois bien que c’est leur meilleur morceau à ce jour. Pinko se bonifie à chaque sortie. Son noise-rock frappe en plein cœur avec une dose égale de tripaille rimant avec limaille et pleins de petits bouts de fer accrochant l’épiderme. Un titre plus tranchant, plus vif avec la caisse claire qui fait tourner bourrique et une guitare chaudement basique, tel un coup de fouet bien placé et qui fait particulièrement mal. C’est carré, propulsif et méchamment efficace. Pinko est définitivement sur de bons rails.
Et comptez sur New Primals pour prolonger le plaisir. Bien au-delà même. Break Fall Rot est une sacré démonstration de force et de persuasion pour vous donner l’illusion l’espace d’un instant que c’est le meilleur morceau de noise-rock que vous avez jamais entendu. Ce n’est évidemment pas vrai mais pendant les deux minutes trente que dure ce titre, vous oubliez tout le reste, tout ce qui a été fait avant eux parce que le plaisir est immédiat, spontané comme cette compo, brûlante comme jamais. Dans ce monde du noise-rock où beaucoup de choses ont édites et de baffes essentielles assénées, New Primals donne l’impression que c’est un éternel recommencement et que là, tout de suite, rien ne peut remplacer Break Fall Rot. Un titre comme le meilleur de Buildings avec le break qui tue, le riff virevoltant et ce zeste de folie carnassière en plus plaçant solidement New Primals sur la liste des groupes à suivre absolument. Le seul défaut de ce disque est de n’exister que dans le monde virtuel. Un pressage vinyle et c’était le single de l’année dernière.

Un an encore plus tôt, New Primals s’était fait les dents avec Wraith. Six titres d’une ripaille urgente qui ne dure que dix minutes et quelques mais dans le genre coupe-faim, c’est idéal. Le trio de Minneapolis (qui avait débuté dans la vie à quatre en 2016) avait déjà tout bon d’entrée de jeu et vous rassasie avec une frénésie inarrêtable, des titres qui s’enchaînent comme s’ils ne formaient qu’une seule longue traînée de poudre. Le batteur est un grand furieux. Les décrochages, breaks sont pertinents comme sur Death Hoax, apportant ce petit plus de démence qui propulse leurs morceaux dans une dimension supérieure. Rajoutez des samples, une intensité dans le chant, des riffs particulièrement affûtés et ingénieux, des morceaux qui rebondissent de partout, sur toutes les parois de la furie, et New Primals allonge sans coup férir, sans donner le temps de respirer et de se retourner, un EP qui se dévore d’une traite, les yeux injectés de sang.

SKX (06/04/2019)