roughskiesrecords

Community 4
A Compilation Of Hobart Music – CD
Rough Skies records 2016

La compilation, c'est pas la panacée. Ça donne rarement des disques que vous chérissez toute votre vie. La tendance serait même à les oublier rapidement. En plus, c'est défendu par mon médecin. Trop de groupes, trop de musique à écouter, trop de découvertes en perspective, la boulimie c'est pas bon pour votre santé, Monsieur. Mais là, c'est Hobart tout de même, docteur. Une ville fantasmée sur son rocher au sud de l'Australie, la ville principale de la Tasmanie qui a donné vie à quelques groupes pas connus mais qui font frissonner plus que de raison comme Sea Scouts, The Stickmen ou Treehouse. Et une poignée d'autres entendus subrepticement dans le monde virtuel, un morceau qui passait dans l'air et qui semblait confirmer le microclimat musical de ce bout du monde.
Comme le chiffre l'indique, c'est le quatrième volume des compilations Community (la première date de 2010) avec cette particularité que tous les morceaux ont été écrits et enregistrés au Hobart Underground Community Center, contrairement aux précédents épisodes. Ça fait quand même la bagatelle de 17 groupes à gérer. Et quand on sait que tous les groupes c'est des branleurs, c'est un bel exploit. Parmi ces groupes, certaines têtes connues comme Treehouse avec un titre qui figurait déjà sur leur dernier enregistrement Centre Of Their World bien que l'excellent Stop The Ocean ait été enregistré pour l'occasion dans des conditions live. The Native Cats, présent sur les trois autres volumes, se fend d'un inédit (jusqu'à preuve du contraire) avec Singsang et leur pop bidouillé et mélancoliquement supérieure. Mount Trout commence aussi à se faire un petit nom dans le microcosme local et le morceau Boxing confirme tout le bien qu'on pense de leur pop tendue, sèche, fragilement envoûtante et typique du son de la ville. Un son qui renvoie à la Nouvelle-Zélande, à la scène de Dunedin, à certains groupes de chez Flying Nun records. On ne va pas passer en détail tous les groupes de cette compilation mais plusieurs groupes s'inscrivent dans ce courant, chacun avec leurs modestes caractéristiques comme Drunk Elk, All The Weathers, The Pits, Heart Beach, Foxy Morons ou encore Peak Body avec une touche plus années 80.
Mais forcément, certains groupes ne jouent pas le jeu. Il faut qu'ils fassent plus de bordel que les petits camarades. Les chefs en la matière sont Machines Of Indeterminate Origin avec un Funk qui sent bon la transgression, les machines et les rythmiques qui mettent en transe. Powernap sont également pas mal dans le genre je m'éclate à fond dans le garage. Un groupe qui donne envie d'en entendre plus. Quant à The Lucky Dips, que voulez vous que ce groupe fasse avec un titre comme Space Jams 2. Ils en fument aussi de la bonne à Hobart. Et Andie Laureson ne doit jamais traîner loin. Les sept minutes de Top Of The World clôturant cette bonne heure de musique font voyager haut dans les têtes, du genre dont on ne revient hélas jamais.
Une compilation qui n'offre pas de moments inoubliables mais qui réussit cependant l'exploit de ne jamais donner envie de zapper un titre spécialement. Tout se tient et s'articule sans forcer. De quoi renforcer le mythe de cette scène qui à l'air assez vivace d'où qu'on se trouve, c'est à dire très très loin, et qui te fait dire qu'il doit toujours avoir moyen de se taper un groupe sympa un samedi soir dans les bars d'Hobart autour de quelques belles pintes. Et ça mon docteur, il n'aime pas non plus.

SKX (02/02/2017)