drahla










Drahla
Third Article – 12''
Blank AD records 2017

Third Article parce que c'est le troisième disque de Drahla. C'est implacable. Et le tout dans la même année. Le trio de Leeds avait engendré quelques beaux frissons avec leurs deux premiers singles. Un troisième article au rabais puisqu'une seule face est gravée avec quatre titres tournant en 33 tours. De l'autre coté, le néant, même pas une petite gravure pour égayer le noir absolu. Heureusement, la musique n'est pas en solde. C'est plein tarif, un post-punk avec des angles arrondis et la voix avenante de Luciel Brown pour vous mener par le bout du nez. La dimension mélodique est primordiale chez Drahla. Qu'elle soit issue de la basse ronde et en avant ou des riffs précis et finement ciselés de la guitare, l'aspect mélodieux est central, la mélodie s'impose sans forcer avec juste ce qu'il faut de nervosité et d'acidité. Drahla a quelque chose de très désarmant. Une simplicité confondante, une naïveté naturelle, des notes épurées de tout artifice, plus proche d'une indie-pop tendue ou d'un Stereolab des temps modernes mais avec des coups de cisailles jamais très loin pour empêcher que le soleil ne prenne trop ses aises.
Form Of Luxury qui peut être envisager comme le titre principal synthétise parfaitement ce sentiment de clair-obscur, séducteur, alerte, sautillant et aussi piquant, faussement simple, noisy avec un petit bout de colère coincé entre les dents et qui ne sort pas (assez ?) franchement. Silk Spirit suit un cheminement identique et confirme le talent inné de Drahla pour torcher des morceaux facilement accrocheurs avec trois fois rien. On aimerait parfois que le trio explose, saccage le studio et augmente la dose de bordel mais ça fait partie du charme. Sur Circuit justement, Drahla se lâche un peu plus sur un titre qui ne tarde pas en chemin mais qui fait du bien au bout de sa grosse minute trente plus bruyante que la moyenne. Et sur New Living Creation, le guitariste Rob Riggs passe au chant, l'abrasion gagne tout de suite du terrain, le saxophone de Christopher Duffin débarque à nouveau et Drahla se dévoile plus tapageur, mordant, ce qui ne lui fait pas de mal. Je suis curieux de voir comment ce groupe va évoluer mais en attendant, il faut profiter de ces travaux de jeunesse démontrant déjà un sacré savoir-faire en une année très productive.

SKX (22/12/2017)