vuyvr
throatruine
blastbeatmailmurder


Vuyvr
Eiskalt – LP
Throatruiner/Blastbeat 2013

De la viande fraîche avec de vieux morceaux. Mais belle bête. Un ex-batteur de Knut, raison principale d'un intérêt soudain pour Vuyvr, un membre de Impure Wilhelmina, un autre de Rorcal et un dernier de Elizabeth, autre groupe de chez Throatruiner. Ça fait du tatoué au centimètre carré en provenance de la Suisse. Et du bruit. Beaucoup de bruit. Un bruit sombre et violent. Du metal noir se nourrissant du passé ou présent hardcore de ses membres pour figer dans le marbre un masque de supplices grimaçantes. Le batteur est au centre du volcan, sa frappe est étourdissante, d'une vélocité à toute épreuve, assénant frénétiquement des milliards de coups sur sa pauvre caisse claire et pulse littéralement la bête. Deux guitares en lame de fond, épaisses et vrillantes, des couches et des couches de pression ne relâchant jamais l'affaire, un chant qui pourrait s'avérer éreintant sur la longueur mais qui arrive à ne pas trop en faire dans le style grand méchant loup, tout comme l'ensemble de la face A un rien monolithique. L'intensité du propos et la durée assez courte de ces six morceaux font passer le sentiment animal avant le mal de tête.
Face B, que trois compos mais c'est là que Vuyvr, monstre mythologique, prend son envol. Plus c'est long, plus Vuyvr vous met la tête sous l'eau glacée, plus l'intensité se drape d'une redoutable efficacité confinant à la frénésie meurtrière. Ce sont les Italiens de Gerda qui viennent alors à l'esprit, cette noirceur implacable et extrême qui monte inexorablement pour réduire votre cervelle en bouillie, la folie dégoulinante. Dead Trees Are Wandering At Night et surtout Weapons Made for Grace sont ainsi deux puits sans fond sublimes alors que The Wyvern et ces neuf minutes finales, avec son intro de basse annonçant le déluge, se fait plus lent, quasi grandiose et épique et tout aussi convaincant. Vuyvr se positionne entre hardcore, (black) metal, punk, bafoue les genres, aiguise les nerfs et contentera les nuits de tous ceux qui aiment avoir la tête au fond du sac.

SKX (18/11/2013)