seawhores
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Seawhores
Vier Bestrafungen – 4xLPs
Rock is Hell 2013


C'est Noël avant l'heure ! A l'origine, ce n'était qu'une sortie cassette. Un coffret de quatre cassettes sold-out en deux jours. Le label autrichien Rock is Hell a décidé de la jouer grand seigneur et ressort le tout en vinyle. Alors certes, il faut aimer le vert mais ce coffret couleur espoir, c'est la grande classe, l'indicible plaisir de pouvoir frimer éternellement d'être l'heureux possesseur d'un des 111 exemplaires réalisés et la confirmation que je suis un fétichiste. Une boite généreusement garnie avec quatre 33 tours verts. Six faces de musique et deux autre, la B et la H, sans musique mais avec des dessins de Brian David Downs à qui on doit également toutes les illustrations. C'est sobre, intriguant et les finitions sont d'une rigueur toute germanique. Seawhores est dont le chanceux bénéficiaire de cet acte de dévouement. Il pouvait difficilement en être autrement car à musique iconoclaste, emballage de feu. 26 titres en tout dont l'enregistrement d'une bonne partie remonte à 10/15 ans, donc bien plus vieux que leur précédent disque, œuvre du duo de base Adam Marx et Cody Weigel et destiné essentiellement à des sorties confidentielles en cassette.
C'est donc la face expérimentale de Seawhores qui s'étale sur Vier Bestrafungen et ce n'est pas une punition en quatre volumes. Comme d'habitude avec Seawhores, pas mal d'invités. Freddy Votel, Norman Westberg, Ichirou Agata (Melt-Banana) et plein d'autres qui me parlent moins mais c'est pas grave. L'essentiel, c'est leur capacité à foutre le bordel et yen a pas un pour rattraper l'autre. Sur le mode kraut-rock de l'enfer ou en Alien Soundtracks ayant puisé toutes ses réserves de drogues, Seawhores s'amuse à nous faire tout gober. Ma préférence va bien sûr aux passages plus noise-rock comme le début de la face E avec guitare en scie circulaire et batterie éclatant dans tous les sens ou sur la fin de la face A en mode (faux ?) live avec un message subliminal gravé sur les inner groove/sillons intérieurs comme pour chaque face : listen to this backwards kill your parents. Vous noterez que je vous épargne le nom des morceaux parce qu'ils sont tous en Allemand et tous plus ou moins enchaînes, rendant difficile l'identification. La face C (death is fucking you insane) est de la techno mongoloïde (pléonasme ?) alors que la face D (where's Pat Nugent) est d'un minimalisme sidéral embarqué dans une odyssée de l'espace stressante. La face F (This LP won't cure AIDS) vaut son trip à Katmandou alors que la face G fait la part belle à un electro/drone répétitif et méditatif avec l'inner groove le plus pertinent : Adam and Cody are gay. Musique tout aussi surprenante qu'inclassable à l'instar de cet objet unique en son genre qui rend heureux à lui tout seul.

SKX (16/12/2013)