ediblewoman
santeria



Edible Woman
Nation - CD
Santeria 2013

Un nouvel album de Edible Woman. La cause étant entendue d'avance, c'est-à-dire perdue. Depuis le précédent et troisième album Everywhere at Once, les Italiens ne faisaient que s'enfoncer plus profondément dans les méandres de la médiocrité. A la vue de la pochette, un moment de doute est apparu. Un artwork (signé Bernadette Moens) aussi morbide, violent, malsain - vous pouvez aussi trouver ça dégueulasse - ne pouvait être que l'apanage d'un groupe ayant retrouvé le goût du sang, d'une noise pour homme de la pampa avec cris, lamentations, saturations, démence et coup du lapin à tous les étages.
L'illusion n'a même pas duré le temps du premier morceau. Edible Woman reste sur cette approche rock-prog/rock seventies, voir légèrement sixties et psychédélique, au mieux expérimentale et chansons tordues. En fait, on ne sait pas où ils veulent en venir. Ca pourrait avoir l'odeur de l'originalité mais j'entends comme un bruit de creux quand on tape dessus. Pourtant, Nation parait moins pénible (du moins, dans mon souvenir très lointain) que l'album précédent. Le chant ne donne plus des envies d'égorgement, l'ensemble est plus sombre et étrange et certains morceaux comme Nation ou Call of the West / Black Merda rappellent vaguement qu'un jour, Edible Woman a été un groupe noise-rock mordant. Mais c'est pour mieux vous achever sur deux derniers titres, The Action Whirlpool et Will, fadasses, un Black Heart Procession du pauvre et complètement à l'opposée de l'image qu'ils ont voulu donner avec la pochette de ce quatrième album. C'est en majorité un grand vent d'indifférence entre les deux oreilles. La cause est vraiment perdue.

SKX (20/03/2013)