facelvega
artforblind

Facel Vega
The Body - LP
Art For Blind 2011

Facel Vega, un bolide qui descend du sud de son Pays de Galles natal nous asséner un hardcore noisy nerveux et sans la peur du radar. Le frisson de la vitesse et les virages au frein à main. Facel Vega pourrait avoir franchi la grande mare Atlantique, fricoter du coté de Washington DC, la face rock'n'roll d'un Nation of Ulysses plutôt que l'emo qui contrôle, et un certain sens du chaos et de la frénésie d'un Antioch Arrow ou Heroin. Rude, sec, sauvage, envoyer avec une rage juvénile.
Le chanteur semble glavioter à chaque syllabe en même temps qu'il éructe sans chercher à savoir si il est dans le bon ton ou non. Ca vient comme ça doit venir et cette absence de calcul est très appréciable. Ca fonce droit dans le tas, batterie et guitares intrépides, morceaux courts et droit au but d'un rock fougueux, de la friture, saturation naturelle, les deux mains dans le cambouis avant de balancer des pavés dans la première vitre se présentant. A ce petit jeu de l'apprenti révolté qui ne révolutionne rien, qui le sait mais qui compte sur une détermination sans faille pour vous mettre un genou à terre, des pièces plus affûtées comme le morceau qui donne son titre à ce premier album, A Palimpsest, Inertia ou Car Crash, parfaits dans leur rôle de fauteur de troubles. Instrumental est un instrumental mais ils auraient surtout dû l'appeler Intermède avant de repartir sur une nouvelle salve qui hélas, peut aussi se révéler usante, rébarbatif et qui tire trop loin. Quinze morceaux, tous taillés dans le même bois et certains, bien moins que d'autres, c'est long et un brin fastidieux. The Body perd de son impact, les muscles se crispent, le souffle manque et le sale ennui pointe. De la concision qui viendra sûrement avec le temps mais il serait également dommage de ne pas profiter de cette intense spontanéité qui n'est pas sans revers, cette insouciance de punk-rockers qui n'ont peur de rien et offrant un album largement enthousiasmant sur l'ensemble.

SKX (28/02/2012)